Feb 28 2006
Bilan qualitatif et personnel du Matin bleu

Couverture du Matin bleu La coutume veut que l’on tire un bilan à des intervalles précis : un mois, un trimestre, une année. Et pourtant, c’est après 4 mois depuis le lancement du Matin Bleu que je vais me risquer à émettre quelques appréciations sur ce journal gratuit. Faisant fi de toutes les conventions liées à la tradition. Et peut-être aussi parce que dans 2 semaines sort le concurrent “20 minutes”, avec le même public cible affiché et lui aussi gratuit.

Les objectifs affichés du Matin Bleu peuvent être consultés sur la FAQ que l’éditeur met à disposition.

On découvre en premier lieu que le tirage de 100’000 exemplaires n’a pas évolué, malgré l’étirement des lieux de distribution romands. Et que proclamant que 200’000 lecteurs réguliers consultent le quotidien, chaque numéro est parcouru par deux personnes. A première vue, mais sans avoir une confirmation quantitative, les objectifs semblent remplis.

En effet, le but premier était d’atteindre une cible spécifique : “Par son format et sa maquette originale, ses textes courts et variés, «Le Matin Bleu» entend s’adresser d’abord aux 15-35 ans d’aujourd’hui, zappeurs et férus d’internet, qui ne lisent pas ou peu les quotidiens”; après 4 mois d’exploitation, la réussite semble patente.

Paris Hilton Le verdict s’impose de lui-même lorsque l’on prend le bus ou le train : difficile de ne pas remarquer comment Le Matin Bleu a détrôné à la fois les regards vagues à travers la vitre du véhicule, ainsi que les consultations de sms sur les téléphones portables. Et c’est ce dernier fait qui constitue une petite révolution : les jeunes, au lieu de s’envoyer péniblement de leurs doigts engourdis de sommeil quelques messages sûrement très importants, lisent. Et lisent des informations. Succinctes, brèves, réduites à leur plus simple appareil, intercalées entre quelques questions existentielles sur l’avenir de Paris Hilton – avec appel à voter par sms, pour refermer la boucle. Mais l’information majeure, c’est qu’ils lisent : qui aurait pu imaginer, il y a quelques mois, voir des 15-20 ans lire un article sur la prison étasunienne de Guantanamo ? Ou sur le conflit palestino-israélien ?

Les nouvelles sont d’une longueur à peine supérieure à celle d’une brève du télétexte, et il est peu probable que les jeunes lecteurs puissent en appréhender toute la portée. Mais la possibilité est dorénavant là. Et j’irai même jusqu’à dire que les nouvelles ont le mérite d’être bien plus neutres que dans la version payante du Matin, qui présente bien souvent des commentaires biaisés, maladroits et hors de propos.

Au final, le Matin bleu est une bonne surprise. Il amène à s’intéresser à l’actualité des personnes qui ne s’y intéressaient pas autrefois, pour des questions de coûts ou de paresse caractérisée – aller jusqu’à à un magasin de tabac, la barbe ! Tremplin pour atteindre une qualité d’information d’un niveau plus exigeant plus tard, il risque d’habituer les jeunes à s’informer. Ainsi qu’aux moins jeunes d’avoir quelques informations sur le monde qui les entoure. Qui s’en plaindra ? Les quotidiens “sérieux”, si leurs ventes, contre toute prédiction, s’en retrouvent affectées…

28.2.2006 Deux blogs officiels, liés de diverse manière au Matin bleu existent : le plus général, reprenant les concours, et celui du marketing pour le(s) Matin(s), principalement animé par Jérôme Vittoz, une personne qui s’était exprimée sur ce blog.


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