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	<title>Lost Highway</title>
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	<description>Les aléas de la vie coutumière sont impénétrables</description>
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		<title>L&#8217;anti-sionisme : lorsque l&#8217;ennemi, c&#8217;est soi-même</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 11:51:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel bonheur que de pouvoir rencontrer des juifs des 4 coins de la planète, à l&#8217;origine de divers mouvements anti-sionistes. Des juifs qui ne défendent pas la politique d&#8217;Israël, dans des fonctions de pouvoir, c&#8217;est peu courant. Voilà de quoi débattre, dépasser les clichés, aller au fond des choses. Refuser l&#8217;instrumentalisation de la Shoah telle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quel bonheur que de pouvoir rencontrer des juifs des 4 coins de la planète, à l&#8217;origine de divers mouvements anti-sionistes. Des juifs qui ne défendent pas la politique d&#8217;Israël, dans des fonctions de pouvoir, c&#8217;est peu courant. Voilà de quoi débattre, dépasser les clichés, aller au fond des choses. Refuser l&#8217;instrumentalisation de la Shoah telle que pratiquée par le gouvernement israélien, qui en use et abuse, et se l&#8217;entendre dire par un survivant des camps de la mort. Il y a pire, comme programme, que celui offert en ce jeudi : &#8220;<strong>Génocide, mémoire de génocide et racisme aujourd’hui</strong>&#8220;, avec pour intervenants : Dr. Claire Auzias, docteur en histoire contemporaine; Karl Grünberg, secrétaire général d&#8217;ACOR SOS Racisme; le Dr. Haidar Eid réfugié palestinien, membre du comité directeur de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI); le Dr. Hajo Meyer, qui en 1944, après une année dans la résistance contre les Nazis, fut arrêté et passa dix mois dans le camp d&#8217;Auschwitz; ce dernier représentait notamment le <a href="http://www.ijsn.net/neveragain">Réseau international juif anti-sionisiste</a>. Des intellectuels et des personnes engagées, qui connaissent la réalité du terrain.</p>
<p>Et pourtant. Quelle ne fût pas ma surprise d&#8217;être pris pour un juif, en raison de mon refus de la doxa décrétée du soir &#8211; Israël reproduit à son tour ce que le IIIe Reich fit subir aux juifs &#8211; tirer à vue sur l&#8217;Etat d&#8217;Israël. Israël, c&#8217;est le mal sioniste. Le sionisme serait l&#8217;opposé du judaïsme, ce dernier prônant des valeurs d&#8217;humanisme, d&#8217;universalisme et tant de bonnes choses. Le sionisme, tout au contraire, fait l&#8217;apologie de la haine, du nationalisme, du colonialisme. Toute une foule convaincue de la justesse de cette thèse opine du chef 2 heures durant, acquise à l&#8217;idée que Israël n&#8217;est rien d&#8217;autre que le prolongement historique du régime nazi. Que la politique actuelle ressemble à s&#8217;y méprendre à l&#8217;Allemagne des années 30. La foule est aux anges, atteint le paroxysme de son plaisir, on la brosse dans le sens qu&#8217;elle aime. Sans retenue.</p>
<p>C&#8217;est donc bien naturellement qu&#8217;il fallait remettre la synagogue au milieu du kibboutz. Inconscient du danger, je m&#8217;en suis même pris sans état d&#8217;âme au survivant, un vrai, un pur, qui n&#8217;est jamais sorti primé d&#8217;une émission de télé-réalité mais d&#8217;Auschwitz. Est-ce qu&#8217;avoir été à Auschwitz donne une supériorité morale ? Certes non. Est-ce que le fait d&#8217;être un goy m&#8217;interdit de m&#8217;interroger sur la légitimité de l&#8217;anti-sionisme ? Encore moins. Et pourtant, la foule est refroidie, les intervenants offusqués, mon intervention m&#8217;a valu une sèche réprimande : ce n&#8217;était pas le lieu pour réfléchir, mais celui pour acquiescer.</p>
<p>Car il me semble que si l&#8217;on souhaite s&#8217;en prendre à l&#8217;instrumentalisation nauséabonde de la Shoah, telle que pratiquée par Israël lui-même, cela a pour corolaire impératif le refus de tout lien simpliste entre la Shoah et les exactions illégales de l&#8217;Etat hébreux. La Deuxième Guerre Mondiale avait son propre contexte, et devoir expliquer cela à un juif, intellectuel, et rescapé d&#8217;Auschwitz est, avec le recul, étouffant. </p>
<p>Personne n&#8217;a vraiment compris la raison de mon intervention. La foule était venue pour voir couler le sang du sioniste, qu&#8217;il soit juif ou non. J&#8217;ai un peu gâché le plaisir, retiré un pan du voile qui cachait l&#8217;objet de la source du plaisir. Résultat, j&#8217;ai été pris pour un juif à la solde d&#8217;Israël par un survivant d&#8217;Auschwitz, et également par un ancien résistant français. Je respecte leur douleur passée, je respecte leur engagement présent et la cause qu&#8217;ils défendent. Mais je hais leurs moyens : ils refusent toute interrogation à contre-courant, toute nouveauté dans leur univers manichéen peuplé de bons et de méchants. J&#8217;ai été catégorisé, rangé dans le tiroir de ces derniers : ils m&#8217;ont alors refusé le respect. Au final, leurs moyens, finances mises à part, ne puisent-ils pas aux mêmes sources de peur et de facilité que leurs ennemis ? La haine d&#8217;Israël est profonde dans l&#8217;opinion publique européenne; n&#8217;y a-t-il pas là un questionnement à avoir, peut-on sereinement accepter l&#8217;anti-sémitisme latent en Europe, qui s&#8217;exprime de manière tellement débridée depuis une vingtaine d&#8217;année ? Les démons européens sont toujours présents, et si de l&#8217;histoire européenne on doit tirer un enseignement, c&#8217;est que jouer avec le feu brûle toujours. Afficher son soutient au peuple palestinien, qui y trouverait quelque chose à redire ? Mais est-ce que pour cela doit-on accepter la réécriture de la Shoah, et mener un combat avec les mêmes armes que ses ennemis, usant des mêmes symboles surannés ?</p>
<p>La liberté, ce n&#8217;est pas seulement celle de se mouvoir. C&#8217;est aussi celle d&#8217;être libre de dogme, libre de besoin de catégoriser/simplifier l&#8217;autre, libre de devoir ridiculiser un contradicteur parce que celui-ci n&#8217;est pas de votre avis. L&#8217;intolérance n&#8217;est pas fruit d&#8217;un manque d&#8217;éducation ou de la pauvreté : elle s&#8217;exprime parce que les individus ne sont pas libres. Ils n&#8217;ont pas appris à aimer ce qu&#8217;ils sont, et à accepter les idées librement exposées par autrui. La tolérance ainsi ne surgit pas ex nihilo, elle découle naturellement de la liberté de penser. C&#8217;est le manque de liberté de pensée qui amène l&#8217;autoritarisme, et pas l&#8217;inverse; c&#8217;est le peuple, à tendance libertophobe, qui appelle de ses voeux les liberticides. Comment expliquer à un survivant d&#8217;Auschwitz qu&#8217;il est toujours dans une prison mentale ? Peine perdue, la foule ne fit qu&#8217;une bouchée de mon appel à l&#8217;air. Condamné dès ses premiers mots qui n&#8217;étaient pas une congratulation toute convenue, le traître juif à la solde d&#8217;Israël s&#8217;enfuit, rêvant à des &#8220;débats&#8221; plus apaisés.</p>
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		<title>Sunshine</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 14:12:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dany Boyle auteur inconstant, réalisateur erratique, ça ne fait aucun doute. Que les mêmes mains soient capables de mouler à la fois the Beach et 28 days later, c&#8217;est au mieux surprenant. Mais en se penchant avec plus d&#8217;attention ces réalisations, on retrouve un même membrane commune : un certain mysticisme, des questionnements riches prenant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dany Boyle auteur inconstant, réalisateur erratique, ça ne fait aucun doute. Que les mêmes mains soient capables de mouler à la fois <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'The+Beach', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=the+Beach' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">the Beach</a></span> et <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: '28+days+later', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=28+days+later' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">28 days later</a></span>, c&#8217;est au mieux surprenant. Mais en se penchant avec plus d&#8217;attention ces réalisations, on retrouve un même membrane commune : un certain mysticisme, des questionnements riches prenant hauteur et intelligence, bien que parfois noyés dans un fatras de scènes d&#8217;action illisibles. Au demeurant belles, ces scènes, mais qui desservent le propos. Et Sunshine, malgré tout l&#8217;intérêt que peut revêtir le sujet, à la croisé de film de monstre spatial et de mystique spatiale, n&#8217;échappe pas au piège : on se perd dans les détails. Par manque d&#8217;ambition et de concentration, Boyle se disperse et s&#8217;éparpille : on aurait pu avoir un film majeur, brûlant de philosophie, la matière explosive était là. Si au final le film reste jouissif, on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;être déçu en imaginant ce qu&#8217;on aurait pu vivre si Boyle était Soderbergh ou&#8230; Kubrick.</p>
<p>Mystique et contemplatif comme Solaris, froid et rationnel comme 2001, les sources d&#8217;inspiration auraient pu être plus mal choisies. Et le thème ambitieux : le Soleil se meurt, on envoie donc une gigantesque bombe pour lui fournir un nouveau carburant. C&#8217;est l&#8217;ICARE I qui, mystérieusement, ne finit pas sa mission. L&#8217;ICARE II est envoyé, espérant réussir là où la première mission a échouée. Après quelques péripéties et rencontre inopinée, ils parviendront à leur fin &#8211; après leur trépas à tous.</p>
<p>Les scientifiques de l&#8217;ICARE II donnent toute latitude à l&#8217;imaginaire du spectateur : adoration mystique du Soleil, source de vie &#8211; et de mort. Searle (Cliff Curtis, le Captain Ariel de <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'The+Fountain', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=The+Fountain' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">The Fountain</a></span>), le psy de l&#8217;expédition, voue ainsi un culte solaire en multipliant ses séances de solarium : hypnotisé par l&#8217;astre sur le déclin, il augmente progressivement les doses de photons dans la salle d&#8217;observation. Il en loue la vie, demande à ses collègues si eux aussi voient &#8220;des choses&#8221;; acte ultime de vénération, il fera le sacrifice de son existence à son Dieu. Ces scènes contemplatives sont un réel succès, le spectateur entre en transe.<br />
Tout au contraire, Capa (Cillian Murphy, héros de <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: '28+days+later', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=28+days+later' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">28 days later</a></span>) est le rationnel de l&#8217;équipe. Investit par le poids démesuré de sa mission, le gigantesque fardeau d&#8217;assurer la survie de l&#8217;humanité toute entière, son rôle est celui du soldat scientifique. Il ira jusqu&#8217;au bout, quelques qu&#8217;en soient les conséquences, pour sauver sa race. Car il est le sauveur : un messie, mourant pour sauver l&#8217;humanité &#8211; de ses péchés ? Sans aucun doute le personnage le plus évolutif du film de Boyle, il manque néanmoins d&#8217;épaisseur, le réalisateur n&#8217;ayant ni eu beaucoup de nez en mettant Murphy, au visage inexpressif de jeune premier, ni en écrivant son rôle, très effacé. Le choix de mettre dans la peau de Jésus un scientifique froid est peut-être délibéré, peut-être cherchait-il l&#8217;opposition de l&#8217;illuminé et du raisonnable; il n&#8217;empêche, on en passerait presque à côté de la métaphore.<br />
Enfin, Boyle y ajoute un méchant : Pinbacker, capitaine de l&#8217;ICARE I, sorte d&#8217;antéchrist qui a survécu à l&#8217;arrêt du premier vaisseau destiné à redémarrer le Soleil moribond. La deuxième mission ICARE II, va faire la rencontre de cet homme aux pouvoirs surhumains, capable de survivre aux feux solaires. Comment, c&#8217;est le flou artistique. Mais on voit que Pinbacker est le contraire de Capa, et représente l&#8217;élément irrationnel. Sa folie ajoutée à ses superpouvoirs, à ses harangues anti-progressistes en font un personnage plus cohérent. On comprend le discours de Boyle, plaquant toutes les peurs face au progrès dans Pinbacker : le diable, c&#8217;est celui qui a peur et refuse la connaissance. Et non le serpent qui l&#8217;apporte.</p>
<p>La métaphore christique contient ainsi tous les protagonistes des évangiles : le Christ, l&#8217;apôtre et l&#8217;antéchrist. Elle est plutôt subtile, menée avec adresse, ne serait-ce le manqué du rôle de Jésus. Les images du film sont splendides et le suspense maîtrisé &#8211; la sortie spatiale pour réparer les panneaux endommagés est à ce titre un régal &#8211; jusqu&#8217;à ce que l&#8217;ange déchu, Satan, fasse son entrée. A ce moment de l&#8217;histoire, les courses-poursuites prennent le pas sur la métaphore, et des scènes d&#8217;action illisibles dans lesquelles démêler qui poursuit qui et dans quel vaisseau se trouve-t-il tient de la gageure. Ces scènes, qui se perpétuent jusqu&#8217;aux derniers instants (jusqu&#8217;à la fusion du père et du fils) du film, le desservent totalement. Elles n&#8217;ont aucun intérêt, elles sont un corps étranger qui provoquent la création d&#8217;anticorps. La greffe entre l&#8217;action et le métaphysique ne peut pas prendre dans ces conditions, et c&#8217;est fort dommage. Soderbergh lui, sur un thème très semblable dans Solaris (bien que prenant trop de hauteur pour se cantonner au christianisme seul), et bien qu&#8217;expert des scènes d&#8217;action, avait fait le choix bien plus raisonnable de refuser d&#8217;accorder le moindre espace à celles-ci dans sa réalisation. Choix très sage, au vu du résultat manqué dans Sunshine.</p>
<p>Sunshine n&#8217;est pas un mauvais film en soi &#8211; encore une fois, il connaît de très bons passages -, mais au regard des possibilités d&#8217;un tel scénario on reste déçu de l&#8217;exploitation de Boyle. Car Sunshine se prête à de nombreuses autres lectures que celle uniquement chrétienne. On y voit notamment la confrontation science et foi (thématique plus religieuse que seulement chrétienne); le réalisateur britannique se rit avec cynisme du culte du héros &#8211; et on rejoint la critique du christianisme. Mais tout cela manque de lumière, les scènes d&#8217;action inutiles plongent le spectateur dans un noir incertain. Essayé, pas pu. Dommage, répond le spectateur.</p>
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		<title>Le retrait de &#8220;J’aime Polanski et je hais la Suisse&#8221;</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 07:46:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[La rédaction de la règle du jeu a décidé il y a 3 jours de retirer un texte critiquable de Yann Moix, m&#8217;ayant rappelé tout ce que produisait d&#8217;insoutenable la France des années 30.
En réponse aux  lecteurs et amis suisses de La Règle du jeu qui nous ont fait part de leur étonnement quant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La rédaction de la <a href="http://laregledujeu.org/">règle du jeu</a> a décidé il y a 3 jours de retirer un texte critiquable de Yann Moix, m&#8217;ayant rappelé tout ce que produisait d&#8217;insoutenable la France des années 30.</p>
<p><em>En réponse aux  lecteurs et amis suisses de La Règle du jeu qui nous ont fait part de leur étonnement quant au retrait du texte de Yann Moix publié  le 1er février 2010 et intitulé “J’aime Polanski et je hais la Suisse”, la Rédaction précise que ce retrait a été effectué à la demande de l’auteur.  Nous vous invitons à lire la version longue de ce texte, très controversé, dans son livre La Meute, à paraître chez Grasset le 24 février prochain.<br />
La Rédaction.</em></p>
<p>La magie d&#8217;internet, c&#8217;est que plus rien ne se perd : voici l&#8217;intégralité de son texte, pour information.</p>
<blockquote><p>
&#8221;Je hais la Suisse.</p>
<p>Roman Polanski, nous venons de l’apprendre, va passer un an de plus dans sa prison suisse. Je dis bien : « prison ». Une prison, ce n’est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c’est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D’où on ne peut pas s’échapper. Peu importe que la prison soit une cellule ou un chalet, un terrier ou même un immeuble tout entier. On est en prison quand on ne peut pas être ailleurs. Roman Polanski restera emprisonné en Suisse : c’est la Suisse la prison. C’est la Suisse le bourreau. C’est la Suisse la sentence. C’est la Suisse la trahison. C’est la Suisse la haine et la revanche et la vengeance. Parce que la Suisse n’est pas un pays : la Suisse n’est rien. La Suisse n’existe qu’en détruisant. En neutralisant. Ce n’est pas un pays neutre, non : c’est un pays qui neutralise. Très joli pays qui, pendant la guerre, voyant qu’un peu trop de juifs venaient étrangement faire du tourisme en ses montagnes, a demandé à ce que fût apposé sur les passeports le « J » de Juden. La Suisse n’est pas un pays neutre : c’est un non-pays vendu. La Suisse, ce pays des horlogers, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel elle neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, elle guette sa proie : trente-deux ans pour attraper Polanski. La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis.<br />
<span id="more-705"></span><br />
La Suisse n’est pas un pays neutre : c’est un non-pays vendu. La Suisse, ce pays des horlogers, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel elle neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, elle guette sa proie : trente-deux ans pour attraper Polanski. La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis.</p>
<p>Je hais la Suisse. Sa gentillesse méchante, sa dégueulasserie bonbon, son calme rempli de dagues et de couteaux, sa surface polie mais comme une lame. Nous voudrions que ce pays relâche Roman Polanski, s’excuse, arrête tout. Nous voudrions que la population suisse ait honte, définitivement honte, pour ce qu’elle fait endurer à Polanski. Que des grèves se déclarent à Genève, à Lausanne, à Gstaad, ou des manifestations. Que les gens sortent dans la rue. Crient. Hurlent. Contre leur « gouvernement ». Autrefois, Alfred Jarry disait (c’est dans Ubu Roi) : « la scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part. » Nulle part, ce serait plutôt la Suisse. La Suisse voudrait empêcher que le réalisateur de Chinatown (que je viens de revoir cette nuit et qui est un chef-d’œuvre) continue de nous donner des œuvres d’art. Pourquoi, Suisse, ne laisses-tu pas cet homme partir ? Parce que tu as peur de l’Amérique ? Parce que tu trembles ? Parce que tu suis toute cette meute ignoble, parfaitement aveugle, et qui veut que Polanski représente, pour la nuit des temps, le pédophile par excellence ? Qu’il en soit l’incarnation, le parangon, l’icône ? Suisse, sois digne pour une fois dans ta vie. Suisse, donne-toi une dignité en rendant la sienne à un des grands génies du cinéma qui a suffisamment payé pour quelque chose qui ne s’est pas déroulé comme on le sait, le croit, croit le savoir. Suisse, sois une nation, sois un pays, sois quelqu’un. Sois un homme, Suisse.</p>
<p>Quand il y a la guerre, Suisse, tu te carapates. Tu regardes tes chaussures. Tu vas tranquillement te promener en montagne. Tu respires le bon air parmi les gentils (petits) oiseaux. Rien n’est ton problème, Suisse. Tu n’es jamais concernée. Tu n’es jamais impliquée. Tu n’es jamais inquiétée. Tu n’es jamais là quand on a besoin de toi. Tu es toujours là, sur la planète, mais tu ne sers à rien : tu arrêtes les artistes et tu enrichis les enrichis. Tu ne sais rien faire, sauf pitié. Je te hais, Suisse. Je te demande de m’arrêter, moi, aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde.&#8221;</p>
<p>Yann Moix
</p></blockquote>
<p>Il n&#8217;y a pas que l&#8217;amour qui rend fou. L&#8217;amitié aussi.</p>
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		<title>Oskar, dessine-moi la Suisse du futur</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 14:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[extrémisme]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
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		<description><![CDATA[Suisse 2020.
La dernière femme quitte le marché du travail, suite au vote de l&#8217;initiative dite « Nous les Suisses, on veut faire comme les chevreuils ». En effet, chez les chevreuils, la femelle se cantonne à élever les petits et s&#8217;occuper de la nourriture, rejoignant ainsi les aspirations de l&#8217;ancien conseiller fédéral Ueli Maurer pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Suisse 2020.</h2>
<p>La dernière femme quitte le marché du travail, suite au vote de l&#8217;initiative dite « Nous les Suisses, on veut faire comme les chevreuils ». En effet, chez les chevreuils, la femelle se cantonne à élever les petits et s&#8217;occuper de la nourriture, rejoignant ainsi les aspirations de l&#8217;ancien conseiller fédéral Ueli Maurer pour la gent féminine.</p>
<p><a class="thickbox" rel="" href='http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/minaret-mandril1.jpg' title='La Suisse droit dans le mur'><img src='http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/thumbs/thumbs_minaret-mandril1.jpg' alt='minaret-mandril1' class='ngg-singlepic ngg-left' /></a></p>
<p>Suite à la rupture des bilatérales et au meurtre de l&#8217;ambassadeur de l&#8217;UE en Suisse par le président à vie Oskar 1er, l&#8217;UE ferme ses<br />
frontières avec la Suisse. Le PIB est divisé par deux, puisqu&#8217;un franc sur deux est gagné à l&#8217;étranger. Comme ce franc gagné avec le commerce international n&#8217;est plus disponible, l&#8217;économie intérieure s&#8217;effondre. Le chômage atteint 57,5%.</p>
<p>Les grandes entreprises quittent la Suisse. Nestlé devient une entreprise britannique, UBS est racheté par Bank of America. Les Etats-Unis peuvent ainsi accéder aux comptes qui les intéressent. </p>
<p>La Roumanie accepte de participer au financement du milliard de cohésion en faveur de la Confédération helvétique. La Suisse n&#8217;en bénéficiera toutefois pas, étant donné le rejet définitif de sa demande d&#8217;adhésion à l&#8217;Union européenne, en raison des violations des droits de l&#8217;homme que connaît le pays et de sa trop fragile situation économique. La Suisse et la Turquie s&#8217;associent pour dénoncer l&#8217;utilisation des droits de l&#8217;homme comme critère d&#8217;entrée dans l&#8217;UE.</p>
<p>Les institutions internationales quittent Genève. Suite à la désertion des riches clients du Golfe, Genève passe du statut de contributeur à celui de bénéficiaire de la péréquation financière. Les cantons primitifs doivent passer à la caisse. Cependant, leur concurrence fiscale effrénée empêche toute contribution réelle de leur part. Le fédéralisme se trouve menacé. Alors que le Rösti Graben idéologique avait disparu depuis longtemps, les problèmes économiques menace de faire exploser la Suisse. </p>
<p>L&#8217;UDC uranaise lance une initiative pour se séparer de la Suisse romande et du Tessin et obtient les 100&#8242;000 signatures en 6 semaines. Comme le Conseil fédéral est élu par le peuple à la majorité simple depuis l&#8217;acceptation d&#8217;une initiative de l&#8217;UDC, aucun conseiller fédéral – tous sont alémaniques et membres ou sympathisants de l&#8217;UDC – ne s&#8217;oppose, dans un retour triomphal de la concordance, à cette votation. L&#8217;initiative est acceptée par 80% des Alémaniques, alors que les Latins la refusent à 78%. La Suisse se disloque et, finalement, disparaît en tant qu&#8217;Etat fédéral. Ce que Kadhafi n&#8217;a jamais pu ni voulu faire est réalisé par l&#8217;UDC en 15 ans. </p>
<p>L’initiative est acceptée par 80% des Alémaniques, alors que les Latins la refusent à 78%. La Suisse se disloque et, finalement, disparaît en tant qu’Etat fédéral. Ce que Kadhafi n’a jamais pu ni voulu faire est réalisé par l’UDC en 15 ans. Les ténors de l’UDC Suisse déplorent ce vote, mais rappellent que le peuple est souverain. Ils décident donc d’expulser les rares Romands demeurant dans des postes à responsabilité au sein de l’administration et de fermer les frontières de la nouvelle Suisse, alémanique. Les Romands présents y sont considérés comme des réfugiés et traités comme tels. Des charters sont organisés entre Zurich et Genève. En représailles, le Valais se sépare du Haut-Valais.<br />
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Les ténors de l&#8217;UDC Suisse déplorent ce vote, mais rappellent que le peuple est souverain. Ils décident donc d&#8217;expulser les rares Romands demeurant dans des postes à responsabilité au sein de l&#8217;administration et de fermer les frontières de la nouvelle Suisse, alémanique. Les Romands présents y sont considérés comme des réfugiés et traités comme tels. Des charters sont organisés entre Zurich et Genève. Les Romandes expulsent également les Alémaniques. En représailles, le Valais se sépare du Haut-Valais.</p>
<h2>11 mai 2021. </h2>
<p>Après 720 ans, la Suisse meurt dans l&#8217;indifférence générale. Seule la Corée du Nord regrette la disparition de son premier partenaire commercial. </p>
<p>La Suisse ne faisait plus partie ni de l&#8217;ONU, ni du Conseil de l&#8217;Europe et s&#8217;était retirée de tous les traités et accords internationaux. Son niveau de vie avait été divisé par 10.</p>
<p>Ne disposant d&#8217;aucune ressource d&#8217;importance et laissé à la marge, le pays se trouve rapidement pollué suite à l&#8217;acceptation de l&#8217;initiative « L&#8217;écologie, c&#8217;est pour les filles et nous, on n&#8217;est pas des tarlouzes ».</p>
<p>L&#8217;ancienne Suisse romande est abandonnée par ses habitants qui, pour trouver du travail, se sont réfugiés en France ; donnant ainsi naissance au Mouvement Citoyen Annemassien qui gagne des voix en dénonçant l&#8217;invasion suisse. L&#8217;ONU décide de transformer ce « no man&#8217;s land » en une réserve naturelle et une zone d&#8217;expérimentation de repeuplement du Grand tétras.</p>
<h2>Epilogue en 2050.</h2>
<p>Suite à l&#8217;acceptation de l&#8217;initiative « La Suisse aux Suisses », qui a mené à l&#8217;expulsion de tous les étrangers, et les Suisses « de souche » ne comptant en moyenne que 1,5 enfant par femme, l&#8217;âge moyen de la population se monte à 68 ans. On dénombre un actif pour 9 retraités.</p>
<p>Les tensions sociales font que la population, privée de ses boucs émissaires traditionnelles, s&#8217;est constitué en deux gangs rivaux,<br />
divisés entre les moins et les plus de 50 ans, et qui se battent pour les maigres ressources restantes. La dernière femme en âge de procréer est tuée au mois d&#8217;octobre. Il reste une trentaine d&#8217;années avant la mort du dernier Helvète. Le Japon se porte acquéreur du Cervin. </p>
<p>La Suisse c’est Mad Max III(ème âge).</p>
<p>Good by Switzerland, on t’aimait bien.</p>
<div align="right">
Par Laskar NeinSager, publié sur <a href="http://www.rue89.com/2009/12/10/goodbye-switzerland-on-taimait-bien-129466">Rue89</a>.</div>
<div align="right">
(l&#8217;image est d&#8217;un artiste multimédia des plus intéressant, un Neuchâtelois nommé <a href="http://m4ndril.com/blog/?p=811">Mandril</a>)
</div>
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		<title>L&#8217;échec d&#8217;un pays : la Suisse interdit de construire des minarets</title>
		<link>http://www.ikiru.ch/blog/2009/lechec-dun-pays-la-suisse-interdit-de-construire-des-minarets</link>
		<comments>http://www.ikiru.ch/blog/2009/lechec-dun-pays-la-suisse-interdit-de-construire-des-minarets#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 11:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous y voilà. 60 % des Suisses ont lancé un vibrant cri de peur, d&#8217;incompréhension, de haine : il sera dorénavant interdit de construire un minaret en Suisse. Pourtant, presque tous les partis étaient unis derrière le rejet de l&#8217;initiative populaire : seul l&#8217;extrême droite soutenait la proposition de réglementer leur construction. Et pourtant. Avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous y voilà. 60 % des Suisses ont lancé un vibrant cri de peur, d&#8217;incompréhension, de haine : il sera dorénavant interdit de construire un minaret en Suisse. Pourtant, presque tous les partis étaient unis derrière le rejet de l&#8217;initiative populaire : seul l&#8217;extrême droite soutenait la proposition de réglementer leur construction. Et pourtant. Avec un taux de participation peu courant (pas loin de 60% à Genève, une moyenne de 52% en Suisse), le vote est sans appel. Il prouve, une fois encore, que la puissance de l&#8217;extrême droite est intacte : ces dernières années, les objets acceptés par le peuple alors qu&#8217;ils n&#8217;étaient que soutenus par cette formation politique ne se comptent plus.</p>
<p>Alors que faire ? Les élites politiques, clairement, n&#8217;arrivent plus à expliquer la complexité du monde à leurs populations. On le voit, lorsqu&#8217;on consulte les Européens sur l&#8217;avenir de l&#8217;Europe, les débats ne prennent aucune hauteur. Comment oublier que le droit à la vie inscrit dans feu le Traité établissant une Communauté Européenne déborde en France sur la peur de voir remettre en question le droit à l&#8217;IVG ?</p>
<p>Il semble invraisemblable que la seule question des minarets ait poussé les citoyens helvétiques à glisser un non massif dans l&#8217;urne. C&#8217;est assurément un &#8220;non&#8221; aux questions pêle-mêle véhiculées par l&#8217;islam, que ce soit la bourqa, la séparation filles-garçons à la piscine, et tutti quanti qui se sont vues attaquées ce dimanche 29 novembre. Pas de clivage ville-campagne, pas plus de röstigraben (partie francophone du pays opposée à la partie germanophone), c&#8217;est à l&#8217;unisson que le peuple suisse s&#8217;attaque de front aux musulmans. L&#8217;ampleur du vote a dépassé nombre de ses défenseurs, s&#8217;empressant de rappeler que cette initiative populaire n&#8217;était pas &#8220;contre&#8221; l&#8217;islam, mais uniquement contre les minarets. Il est assez cocasse de voir les mêmes qui hier, rappelaient combien l&#8217;islamisation rampante de nos société étaient dangereuse, se muer en VRP de la tolérance inter-confessionnelle aujourd&#8217;hui. Les risques inhérents à cette votation sont réels, et personne ne voudra les assumer.</p>
<p>Car les risques, quels sont-ils ? L&#8217;image du pays est évidemment désastreuse. La crédibilité auprès du monde musulman risque d&#8217;être réduite à peau de chagrin. Au Maghreb et au Mashrek, la tentation de prêter une oreille attentive aux élucubrations de Mouammar Kadhafi, ennemi de toute une nation, sera plus forte que jamais : jusque-là, il prêchait que l&#8217;islamophobie gangrenait la Suisse, seul dans son désert, mais la votation semblera lui donner raison. Par ailleurs, la crainte de voir une fuite des épargnes déposées dans les coffres helvétiques est plus justifiée que jamais; annus horribilis pour le secteur bancaire qui, touché par la crise et par l&#8217;effritement accéléré du secret bancaire, ne doit plus savoir que faire. Ainsi, les problèmes engendrés par cette votation sont multiples : difficultés exacerbée pour la politique extérieure (et pas seulement vis-à-vis des dirigeants étrangers, car après l&#8217;affaire des caricatures de Mahomet, quelle sera la réaction des populations musulmanes ?), stigmatisation des musulmans en Suisse et remous économiques. Les milieux politiques et économiques vont devoir faire preuve d&#8217;inventivité pour contrebalancer les effets potentiellement dévastateurs de cette votation.</p>
<p>Les 40% de la population qui ont refusé les amalgames simplistes et la guerre des civilisations vont se mobiliser, c&#8217;est certain. Bien que je doute du moindre impact que pourrait avoir certaines formes de mobilisation (je ne compte plus le nombre de fois que j&#8217;ai reçu des invitations à rejoindre des groupes &#8220;facebook&#8221;), il est primordial de rappeler que sur une partie de la population s&#8217;exerce de plein fouet la tyrannie de la majorité. Que des Suisses ont mal à leur nationalité en ce jour, et qu&#8217;accepter le résultat de cette votation fera appel à toute la foi qu&#8217;on peut nourrir dans la démocratie.<br />
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J&#8217;appelle aux démocrates convaincus faisant partie de ces 40% à jouer le jeu de la démocratie. Ce qui signifie ne pas se contenter de créer des groupes virtuels, qui ne sont utiles que pour prêcher dans sa propre paroisse de convaincus, mais parler et se dépenser sans compter pour expliquer pourquoi la voie du refus de l&#8217;autre met en péril notre démocratie. J&#8217;appelle les démocrates à faire montre de maturité : un jour ou l&#8217;autre, cette décision populaire sera invalidé par la Cour européenne des droits de l&#8217;Homme. Elle est inapplicable, discriminatoire, contraire au droit européen. Il faut donc d&#8217;ores et déjà préparer l&#8217;opinion à accepter &#8220;la dictature des juges&#8221;, expliquant sans relâche pourquoi interdire les minarets n&#8217;est pas une réponse à leur peurs provoquées par un monde en mutation. C&#8217;est un travail harassant de terrain, de débat, qu&#8217;il faut enclencher dès aujourd&#8217;hui : écouter les angoisses exprimées par la majorité suisse est bel et bien le fardeau qu&#8217;il faut se décider à porter. Même si aller à la rencontre de l&#8217;autre revient à accepter d&#8217;entendre les mêmes rengaines nourries de haine et d&#8217;incompréhension, c&#8217;est bien parce que ces 60% ont l&#8217;impression de ne pas être écoutés que ce vote a pris cette tournure. N&#8217;hésitons pas à enchaîner débat sur débat, expliquer et enseigner, rappeler qu&#8217;une société laïque ne peut se permettre de réglementer la manière de vivre sa foi, lorsque cette manière n&#8217;a aucune implication sur les autres. N&#8217;hésitons pas non plus à rappeler que les dictatures honnies des pays musulmans sont le fait des élites, et nous sont insupportables parce qu&#8217;ils imposent des pratiques sans aucun égard à leurs populations, soit; mais rappelons dans la foulée le fascisme est née dans les démocraties, et qu&#8217;il souhaitait homogénéiser ses populations. Régenter celles-ci, et leur imposer une façon unique d&#8217;être, de penser.</p>
<p>La démocratie n&#8217;est morte que lorsqu&#8217;il n&#8217;existe plus personne pour la défendre. Il est nécessaire de rebondir avec le plus de force possible, descendre dans l&#8217;arène politique pour rappeler que la démocratie n&#8217;est pas négociable. Qu&#8217;il est contreproductif de se transformer en Arabie saoudite pour clamer que nous n&#8217;en partageons pas les valeurs. L&#8217;heure des décisions, c&#8217;est aujourd&#8217;hui : les 40% seront-ils assez courageux pour se faire entendre ?</p>
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		<title>L&#8217;export du matériel de guerre en Suisse; un débat de clocher</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 09:15:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 29 novembre prochain, la petite (autrefois calme) Confédération helvétique s&#8217;attaque à de grandes questions, en consultant sa population sur deux initiatives : faut-il cesser l&#8217;exportation de matériel de guerre, faut-il interdire la construction de minarets en Suisse. Les partisans de cette dernière initiative n&#8217;ont pas hésité à faire un lien entre les deux objets, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/minaret-missiles.jpg" title="L'affiche pour l'initiative anti-minaret, réalisée par l'extrême droite suisse (UDC)" class="thickbox" rel="singlepic568" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/568__160x120_minaret-missiles.jpg" alt="minaret-missiles" title="minaret-missiles" />
</a>
Le 29 novembre prochain, la petite (autrefois calme) Confédération helvétique s&#8217;attaque à de grandes questions, en consultant sa population sur deux initiatives : faut-il cesser l&#8217;exportation de matériel de guerre, faut-il interdire la construction de minarets en Suisse. Les partisans de cette dernière initiative n&#8217;ont pas hésité à faire un lien entre les deux objets, transformant les minarets en missiles. La Suisse a donc à se prononcer sur l&#8217;exportation de missiles (le matériel de guerre) mais aussi sur son importation (les minarets musulmans) : que de questions explosives, en cette année déjà si bien remplie&#8230;</p>
<p>Peut-être serait-il utile d&#8217;aborder la question des minarets; profondément laïc, l&#8217;objet du débat ne me semble pas relever du citoyen, mais de l&#8217;individu. Profondément agnostique, les clochers d&#8217;Eglise me dérangent beaucoup plus avec leur manie incessante de sonner les mariages et autres cultes du week-end que ne pourrait le faire un minaret muet &#8211; puisque les appels à la prière ne sont pas revendiqués par les imams en Helvétie. Ce qui fait que la dispute sur le sujet reste assez au raz-des-pâquerettes (&#8220;Les Saoudiens sont intolérants avec les chrétiens&#8221;, un peu comme si, le comportement de la Corée du Nord pouvait justifier l&#8217;emploi de la torture en Suisse), et les arguments échangés très pauvres. Tout au plus dénotent-ils de l&#8217;islamophobie qui gangrène l&#8217;Occident, du manque de connaissance de l&#8217;autre dans un monde qui se croit globalisé. Faire des affaires avec l&#8217;Iran ne nous fera pas comprendre la culture de ce pays millénaire, mais je m&#8217;égare. Sans remettre en question le bien-fondé d&#8217;une discussion autour de l&#8217;organisation religieuse du pays, force est de constater que cette discussion se borne à servir d&#8217;exutoire à tout ce que compte la Suisse d&#8217;islamophobes.</p>
<h2>L&#8217;exportation du matériel de guerre soumis à l&#8217;analyse</h2>
<p>Le débat autour de l&#8217;export du matériel de guerre semble quant à lui promis à un vaillant échange égoïste : va-t-on perdre ou pas des places de travail dans la neutre Suisse ? Le précédent objet agglutine autour de lui le coeur de la Suisse, à savoir la fermeture, la xénophobie et un certain conservatisme malséant; mais pour ce second, on serait en droit d&#8217;attendre des questions de fond s&#8217;élever au-dessus de la mêlée : comment cet export s&#8217;inscrit dans la politique extérieure d&#8217;un pays neutre, quelles sont les alliances qui sont conservées grâce à cet outil, etc.<br />
Or, qu&#8217;en est-il dans les faits ? On s&#8217;égosille à discourir sur les places de travail mises au rebut en cas d&#8217;acceptation de cette initiative populaire. Les places de travail ? Aussi étonnant que cela puisse sembler, les opposants à cette initiative qui cherche à bannir tout export de matériel de guerre s&#8217;arc-boutent sur le coût économique de l&#8217;abandon de cette pratique. C&#8217;est intenable, et je vais tenter rapidement d&#8217;en démontrer le pourquoi.<br />
<span id="more-700"></span><br />
Les pratiques économiques et politiques d&#8217;un pays sont savamment régies par ce qui est utile à une société, mais aussi par ce qui est moral pour une société. Caricaturalement, on pourrait définir que la droite politique aurait tendance à privilégier ce qui utile, et la gauche ce qui est moral. Mais la frontière entre les deux est suffisamment ténue pour ne suffire qu&#8217;aux généralités; ce qui tombe bien, car nous nous cantonnerons au général.</p>
<h3>L&#8217;utilité mise à l&#8217;épreuve</h3>
<p>Sous l&#8217;ange de l&#8217;utilitarisme d&#8217;une activité, il convient de se demander dans l&#8217;affaire étudiée si l&#8217;export est utile au pays. Est-ce que les bénéfices en dépassent les coûts. A savoir, est-ce que la perte sèche en matière d&#8217;emplois est acceptable, si perdre de 5000 places de travail (selon les initiants) à 10&#8242;000 places (selon les opposants) peut se justifier. Il conviendrait également de s&#8217;interroger des répercussions sur la politique étrangère suisse, dépendante aussi des exports de ce type, même si le sujet n&#8217;est &#8211; étonnamment &#8211; pas abordé.</p>
<p>Le nombre d&#8217;actifs en Suisse s&#8217;élève à 4,5 millions, pour une population de 7 millions. Nous parlons donc, dans l&#8217;hypothèse la plus pessimiste, de 0,002 pourcent de la population occupée qui serait touchée par cette initiative. (Je refuse ici de prendre comme indicateur le PIB, notion peu pertinente en général et encore moins adaptée à ce cas particulier). Il semble à première vu que l&#8217;impact sur l&#8217;économie suisse soit très dilué. Dans un pays où la structure de l&#8217;exportation se compose principalement pharmaceutique, les machines industrielles, le textile et l&#8217;horlogerie, la question de cette perte d&#8217;emploi est relativement annexe face aux autres pans de la structure d&#8217;exportation. Ajoutons qu&#8217;une telle perte est temporaire; investir dans les énergies renouvelables, tel que proposé par les initiants, peut se profiler comme une solution à moyen terme. En termes purement utilitaristes, vu le faible impact sur l&#8217;économie, et vu l&#8217;attrait toujours plus marqué pour le développement des énergies renouvelables, il peut sembler intéressant pour la pays de s&#8217;orienter toujours plus vers une économie d&#8217;avenir. Gageons que l&#8217;industrie de l&#8217;armement ne connaîtra jamais de crise; mais le &#8220;swiss made&#8221; accolé aux armes, plutôt qu&#8217;à des produits à haute valeur ajoutée, ne peut que ternir l&#8217;image de l&#8217;exportation suisse dans son ensemble. A peu de frais donc, au vu de la faible population touchée par une cessation des exportations de matériel de guerre, une réorientation de l&#8217;activité exportatrice pourrait s&#8217;avérer économiquement rentable.</p>
<p>L&#8217;export du matériel de guerre fait entièrement partie de la politique étrangère suisse. Au même titre que d&#8217;autres pays neutres, comme par exemple la Suède, la Suisse choisi d&#8217;influencer l&#8217;étranger en exportant ou non ses armes. Officiellement, elle a l&#8217;interdiction de vendre des armes à des pays en guerre, en raison de sa neutralité &#8211; bien que dans les faits, des armes soient vendues aux coalisés occidentaux faisant la guerre en Afghanistan, par exemple. Mais soyons honnêtes : la vente d&#8217;armes n&#8217;a pas d&#8217;autre objectif que de permettre à une armée d&#8217;en faire usage. D&#8217;aucuns arguent l&#8217;aspect dissuasif d&#8217;une arme, mais il est curieux de voir qu&#8217;un Européen puisse à la fois critiquer vertement la liberté de posséder une arme pour chaque Etasunien en raison des risques provoqués par cette simple détention, et que dans la foulée, il puisse justifier cette même possession par des Etats. De nombreux Etats ne sont pas plus responsables, pas plus à l&#8217;abri d&#8217;erreurs que des citoyens. L&#8217;histoire est, sur ce point, peu discutable. Pour un pays neutre, dépositaire des Conventions de Genève, le cynisme &#8211; ou pragmatisme, pour certain &#8211; qui lui permet de vendre des armes et de refuser toute alliance militaire tout en enjoignant des pays faisant usage des armes de cesser de le faire atteint peut-être ses limites. Si la Suisse changeait de politique étrangère, s&#8217;orientant vers une stratégie d&#8217;alliances militaires &#8211; en d&#8217;autres termes, abandonnait sa politique de neutralité &#8211; le discours serait ici bien différent. Mais en l&#8217;état actuel des choses, la politique étrangère suisse, très opaque ces dernières années, gagnerait en clarté et prévisibilité. De quoi aider nos diplomates lors des négociations internationales.</p>
<h3>Sauvegarder la morale</h3>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/letemps-economieetvotations.jpg" title="Que ce soit au sujet des votations sur les minarets ou celles autour de l'export du matériel de guerre, l'économie semble le seul souci aujourd'hui en Suisse, sur toutes les questions. Article du journal Le Temps, 3/11/2009" class="thickbox" rel="singlepic569" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/569__160x120_letemps-economieetvotations.jpg" alt="letemps-economieetvotations" title="letemps-economieetvotations" />
</a>
Changeons notre fusil d&#8217;épaule, pour aborder l&#8217;angle de la moralité, qui rejoint de manière transversale l&#8217;angle utilitariste &#8211; quoi de plus naturel. Aucune société moderne n&#8217;accepterait de se lancer dans une activité économique que sa morale collective réprouverait. Sous prétexte que la vente d&#8217;opium serait lucrative, personne n&#8217;oserait en proposer le commerce, à l&#8217;interne ou à l&#8217;externe. Il s&#8217;agit donc de se poser la question de la moralité avant toute réflexion économico-politique : est-il moral d&#8217;exporter du matériel de guerre ? Car même si toute morale est construite, il n&#8217;existe pas de civilisation si l&#8217;économie ne se soumet pas à la morale.</p>
<p>Que les milieux économiques suisses mettent en avant la perte d&#8217;emploi est à ce titre révélateur; il est difficile, pour un pays farouchement attaché à sa neutralité, de défendre l&#8217;exportation d&#8217;armes autrement que par l&#8217;aspect pragmatique. Car la morale suisse réprouve l&#8217;utilisation finale des armes : le meurtre, qu&#8217;il soit commis à l&#8217;encontre d&#8217;une population suisse ou militaire, est farouchement condamné. La Suisse a pour tradition de venir en aide aux victimes des conflits, d&#8217;où l&#8217;invention au XIXe siècle du Comité international de la Croix-Rouge. La Suisse a pour tradition de se présenter comme médiateur dans les conflits armés, pour trouver une solution commune et y mettre fin. La Suisse ne pense pas que l&#8217;utilisation d&#8217;armes permette de résoudre un différend; c&#8217;est dans sa culture interne, qu&#8217;elle projette dans ses relations avec autrui. Elle n&#8217;a pas vocation à intervenir militairement, toutes ses prises de positions le dénotent.</p>
<p>Dès lors, comment accepter que pour des raisons économiques &#8211; qui, comme nous l&#8217;avons précédemment examiné, ne sauraient représenter un argument &#8211; on outrepasse le caractère immoral de la vente d&#8217;armes à l&#8217;étranger ? Il est contraire à la morale du pays d&#8217;utiliser la force militaire pour parvenir à ses fins. Aussi bien à l&#8217;intérieur, qu&#8217;à l&#8217;extérieur. Aussi, il incombe à l&#8217;économie de se plier à la morale. Sinon, qu&#8217;est-ce qui empêcherait, encore une fois, de se lancer dans toutes sortes d&#8217;activités immorales car lucratives ? La traite d&#8217;êtres humains, pourquoi s&#8217;en priver ? Où serait la limite, si l&#8217;économie est toute puissante ?</p>
<h2>Il serait incohérent avec les valeurs suisses de voter non à l&#8217;initiative</h2>
<p>Que ce soit sous l&#8217;angle des arguments économiques ou moraux, tout plaide pour une acceptation de cette initiative. Il faut avoir le courage de la cohérence, il faut avoir le courage de donner des signaux positifs à l&#8217;économie nationale et aux partenaires internationaux. Rendre un peu de visibilité et d&#8217;unicité à la politique. Refuser un discours saumâtre qui placerait des résultats économiques au-dessus des impératifs moraux.</p>
<p>Notons enfin que ce sont les mêmes valeurs d&#8217;indépendance et de conservatisme qui réuniront ceux qui souhaitent maintenir l&#8217;export de guerre, et ceux qui souhaitent interdire la construction des minarets. Un comble, lorsqu&#8217;on sait que le deuxième destinataire des exportations suisses est&#8230; l&#8217;Arabie saoudite. En somme, on est prêt à se revendiquer des valeurs suisses dans le cas des minarets (la Suisse chrétienne) mais plus dans le cas de l&#8217;export du matériel de guerre. Preuve s&#8217;il en est que l&#8217;égoïsme et l&#8217;esprit de clocher (à tous points de vue) seuls animent ces débats&#8230;</p>
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		<title>Polanski et pédophilie; la Suisse, garante de la justice ?</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 09:48:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous ce titre provocateur, deux interrogations : quand est-ce que l&#8217;Helvétie verra le bout du tunnel dans son application de la justice ? Après la quasi-fin d&#8217;un du secret bancaire, une loi devenue inacceptable dans un monde au bord de la rupture économique, après &#8211; plutôt pendant &#8211; la confrontation avec la Libye dans une affaire d&#8217;arrestation d&#8217;un fils du Guide régnant, la voilà embarquée dans une histoire d&#8217;extradition qui promet de faire la une de la Pologne et la France. Second questionnement : qu&#8217;est-ce que c&#8217;est cette levée de boucliers du monde artistique, déplorant l&#8217;arrestation du cinéaste ? </p>
<p>N&#8217;y a-t-il pas contradiction entre les deux premières affaires &#8211; secret bancaire et Kadhafi &#8211; et cette dernière &#8211; Polanski ? N&#8217;y a-t-il pas deux poids, deux mesures ? Le secret bancaire était certes devenu intenable, la Suisse s&#8217;étant isolée depuis deux décennies, et ayant progressivement perdu et ses alliés et son statut de &#8220;puissance neutre&#8221;. Les montagnes amassées sous la légalisation de l&#8217;évasion fiscale n&#8217;était plus soutenue. N&#8217;ayant plus rien à apporter à ses alliés d&#8217;autrefois, et alors que le contexte était à la crise économique et à la chasse aux mauvais citoyens, le montagneux pays ne pouvait espérer garder un tel avantage économique. Et la Suisse sommée de suivre l&#8217;intérêt général (celui de l&#8217;Occident) sur l&#8217;intérêt individuel (celui de la Suisse). Dans l&#8217;affaire Hannibal Kadhafi (fils de), il s&#8217;agissait au contraire de faire primer la morale supérieure de l&#8217;Etat face à une justice spéciale d&#8217;élites. Dans les deux cas, la Suisse s&#8217;est pliée à l&#8217;intérêt général; très fortement incitée, dans le premier cas, elle a démontrer son isolement total dans les deux cas.</p>
<p>Passons à l&#8217;affaire Polanski, celle qui nous retient ici. Le pays des Helvètes décide bravement, encore une fois, d&#8217;appliquer la même justice à tous. Arrestation donc, du réalisateur sur demande des Etats-Unis, qui ont émis un mandat d&#8217;arrêt international il y a 30 ans, pour une affaire de pédophilie présumée. Comment est-ce que l&#8217;artiste s&#8217;en est sortie jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui ? Grâce à la complicité bienveillant de différents Etats, au sommet duquel la France a offert sa nationalité au cinéaste recherché. Il est vrai que l&#8217;Hexagone a une politique d&#8217;asile assez incompréhensible pour tous ceux qui ne seraient pas Français : la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Doctrine_Mitterrand" title="doctrine mitterrand sur wikipédia">&#8220;doctrine mitterrand&#8221;</a>, qui s&#8217;était muée de doctrine gauchiste en véritable tradition d&#8217;Etat (puisque soutenue même par la droite plus tard), consistait à offrir l&#8217;asile politique à des terroristes sanguinaires. La vision de ce qu&#8217;est la justice &#8220;pour tous&#8221;, en France, m&#8217;a toujours laissé pantois. Dernier avatar sur le grill de cette tradition, Roman Polanski : les critiques fusent, jusqu&#8217;au Ministre de la Culture (un certain&#8230; Mitterrand) qui se dit &#8220;stupéfait&#8221; par la décision helvétique d&#8217;arrêter Polanski. Un homme poursuivit pour pédophilie aux USA. Qui a fuit avant d&#8217;être sa condamnation, profitant de sa mise sous caution. Cet homme, n&#8217;aurait-il pas fait la carrière formidable qu&#8217;on lui connaît (j&#8217;ai une préférence affirmée pour sa <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Neuvième+porte', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=neuvième+porte' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">neuvième porte</a></span>, aurait-il eu droit à la moindre &#8220;stupéfaction&#8221; ? Certes non. Tout comme si les terroristes des Brigades rouges, au lieu d&#8217;être issus d&#8217;une idéologie de gauche, avaient penché à droite, aucune bienveillance partisane ne les aurait protégé. On aurait espéré la même mansuétude et la même prévenance à l&#8217;égard des prisonniers de Guantanamo. Mais il est vrai qu&#8217;eux, au contraire de Polanski, n&#8217;ont pas fait de carrière artistique. Est-ce que seuls les assassins et les pédophiles (présumés) auraient droit à la clémence française ? C&#8217;est à n&#8217;y rien comprendre.<br />
<span id="more-699"></span><br />
Ainsi la Suisse, petit Etat sans alliés aujourd&#8217;hui, se lance dans une nouvelle défense de l&#8217;Etat de droit, avec une justice identique pour tous. Au bénéfice d&#8217;un accord d&#8217;extradition avec les USA, le pays veut peut-être raccommoder ses relations avec un Oncle Sam particulièrement échauffé; si toute pression de ce dernier a été vigoureusement niée, il est certain qu&#8217;une coopération judiciaire fera parler Outre-Atlantique un peu différemment de la Confédération helvétique. Elle trouve donc une double intérêt dans l&#8217;arrestation du cinéaste : rappeler à tous les pays que la justice est au coeur de son fonctionnement, et raffermir ses relations avec les Etats-Unis.</p>
<p>C&#8217;est ici qu&#8217;éclate toute l&#8217;hypocrisie de la position française sur le secret bancaire helvétique : alors que l&#8217;un des arguments asséné à la Suisse était son manque du respect de solidarité internationale et son particularisme financier, alors qu&#8217;elle décide dans le cas Polanski de respecter les engagements judiciaires internationaux, la France s&#8217;offusque. Au nom de quoi, on ne comprend pas très bien. L&#8217;homme est poursuivi aux Etats-Unis, un Etat de droit, il est normal que la justice étasunienne puisse juger le fuyard. La morale et la justice sont sauves, et le statut d&#8217;artiste, soit-il de l&#8217;envergure de Polanski, ne protège pas au sein de la Confédération helvétique. Et tant pis si l&#8217;hypocrisie française est mise à mal.</p>
<p>Décidément, quelques soient les positions légales prises dans ce pays, l&#8217;isolement de la Suisse est de plus en plus dur à porter. La traversée du désert ne fait que commencer, tel est le prix à payer de la politique traditionnelle helvétique d&#8217;isolationnisme, portée à son paroxysme par le premier parti du pays.</p>
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		<title>Le 7ème million</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 16:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>6&#8242;000&#8242;000, c&#8217;est l&#8217;un des chiffres les plus terribles de l&#8217;histoire conjointe européenne et juive. C&#8217;est moins que le nombre d&#8217;Allemands morts (7&#8242;000&#8242;000), d&#8217;Asiatiques (on estime le nombre de victimes des Japonais à une fourchette comprise entre 10 et 30&#8242;000&#8242;000) et surtout que de Soviétiques (20&#8242;000&#8242;000). Au-delà de tous ces chiffres hautement discutables et discutés et de leurs polémiques révisionnistes liées, le symbole de la IIème Guerre mondiale réside dans le premier chiffre : six millions, c&#8217;est le nombre de juifs assassinés de manière mécanique, scientifique et industrielle. Le vocabulaire étant désarmé à qualifier une telle barbarie, le juriste Lemkin devra inventer le néologisme de &#8220;génocide&#8221; pour pouvoir la décrire.</p>
<p>60 ans plus tard, de récentes études dévoilent à quelle point cette folie européenne était une folie aussi extra-européenne. Ainsi, à ces 6 millions, il conviendrait d&#8217;ajouter <a title="New Looks at the Fields of Death for Jews" href="http://www.nytimes.com/2009/04/20/world/middleeast/20holocaust.html">1,5 millions de victimes sur le territoire de l&#8217;ex-URSS</a>. On connaissait l&#8217;antisémitisme russe, d&#8217;autrefois ou d&#8217;aujourd&#8217;hui, mais l&#8217;aspect massif des exécutions a de quoi prendre de court : 20% des juifs morts lors de la plus terrible et coûteuse des guerres auraient rencontré leur funeste destin hors du territoire européen. Assassinats dans les tranchées sans état d&#8217;âme, un grand nombre de locaux participeront aux massacres perpétrés par les Allemands sur territoire soviétique. Le 18 septembre 1941, une communauté juive d&#8217;au moins 1&#8242;000 individus sera exterminée.</p>
<p>Le site <a href="http://www1.yadvashem.org/untoldstories/homepage.html" title="The Untold Stories. The Murder Sites of the Jews in the Occupied Territories of the Former USSR">yadvashem</a> présente diverses macabres histoires, cherchant à faire la lumière sur ce qui fût une folie collective, et pas seulement européenne. Édifiant.</p>
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		<title>Libye : Les coulisses du régime Khadafi</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 06:33:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On lui donnerait le bon dieu sans confession : simple et accessible, le visage fendu d&#8217;un sourire en demi-lune, Idris Aboufaied est pourtant passé par bien des cauchemars. A la place du bon dieu, la Libye lui a donné 25 ans de prison ferme. Avant d&#8217;être, sous les pressions internationales, libéré pour raison médicale. Idris est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On lui donnerait le bon dieu sans confession : simple et accessible, le visage fendu d&#8217;un sourire en demi-lune, Idris Aboufaied est pourtant passé par bien des cauchemars. A la place du bon dieu, la Libye lui a donné 25 ans de prison ferme. Avant d&#8217;être, sous les pressions internationales, libéré pour raison médicale. Idris est malade, mais il ne se départit pas de son rire. Et ne regrette pas ses choix de vie.</p>
<p>Alors qu&#8217;il est jeune médecin, le Libyen est incorporé dans l&#8217;armée nationale et part au Tchad. Capturé, il pourrit plus de deux ans dans les geôles de Hissène Habré, alors président de la République tchadienne. A la fin des années 80, libéré, il rejoint aux côtés de 1200 autres prisonniers le National Front for Salvation of Libya (NFSL), groupe créé en 1981 et cherchant à renverser le colonel Khadafi. « Depuis 1973, Khadafi met en prison ou liquide tous les leaders de l&#8217;opposition », explique Idris. La résistance est un acte dangereux. Mais bouffi d&#8217;espoir, il voit la configuration politique dans l&#8217;Europe de l&#8217;Est changer complètement : les dictatures communistes s&#8217;effondrent, et « le soutien occidental aux opposants démocrates s&#8217;avère déterminant », retrace-t-il; le médecin caresse l&#8217;espoir de voir la même chose se produire dans son pays. Dans un premier temps, Idris est auréolé de son statut d&#8217;ancien prisonnier de guerre; le régime libyen n&#8217;ose prendre de mesure drastique à son encontre. Jusqu&#8217;à ce que, la pression devenant insupportable et craignant pour sa vie, il ne dépose une demande d&#8217;asile par l&#8217;entremise du CICR, et que la Suisse ne l&#8217;accueille.</p>
<p>Son arrivée en Suisse ne met pas fin aux pressions. Les menaces, les intimidations se poursuivent. Berne décide alors de le cacher dans le canton des Grisons, car Tripoli multiplie les coups de fils à la capitale helvétique pour s&#8217;enquérir de la situation d&#8217;Aboufaied. La Suisse, qui est tout au long de ses divers séjours soucieuse d&#8217;assurer la sécurité du Libyen, le déplace dans le pays et lui fournit une protection policière. Idris constate pourtant combien la Libye reste aux aguets : à plusieurs reprises, son chemin croise celui d&#8217;individus à la mine patibulaire mimant de leurs mains un couteau porté à leur gorge, simulacre pour rappeler qu&#8217;on ourdit toujours de lui trancher le gosier.</p>
<p>Pendant près de seize ans, Idris suit de loin les événements de son pays. Il mène sa vie en Suisse, effectue une spécialisation en chirurgie en Grande-Bretagne, travaille comme assistant chirurgical à l&#8217;hôpital de Sion. Le Libyen est confiant, il croit au changement démocratique et continue à militer pour celui-ci. Il est tellement optimiste que, lorsque le régime libyen annonce en 2006 une amnistie à toute personne ayant fuit le pays et n&#8217;ayant pas de sang sur les mains, il y retourne. Tous les deux ans en effet, la Libye formule de telles promesses ; Aboufaied décide alors de partir, car « je croyais le régime sincère, je refusais de rester silencieux loin de chez moi », confie-t-il. Il n&#8217;imaginait pas que Tripoli ne cherchait qu&#8217;à s&#8217;acheter une respectabilité internationale, le reste n&#8217;étant que poudre aux yeux. Quelques mois après son retour d&#8217;exil, il est emprisonné pour avoir projeté d&#8217;organiser une manifestation pacifique. L&#8217;arrestation a lieu le jour précédant le rassemblement; il sera condamné à 25 ans de prison en juin 2008, pour « complot terroriste ». Avant d&#8217;être « relâché probablement grâce aux pression de Condolezza Rice et Micheline Calmy-Rey », suppose-t-il.<br />
<span id="more-695"></span><br />
Ce qui est certain par contre, c&#8217;est que les conditions de détention sont ubuesques. Sa famille n&#8217;est pas autorisée à lui rendre visite. La seule et unique rencontre avec son avocat se fait trois minutes avant la tenue du procès. L&#8217;isolement est monnaie courante. Pendant une période de convalescence, quatre gardes armées lui sont assignés, quand bien même il est déjà solidement enchaîné au lit. Et même si Idris n&#8217;est jamais soumis à la torture, il peut entendre les plaintes de compagnons d&#8217;infortune qui, eux, n&#8217;ont pas cette chance. Il participe alors en signe de protestation à une grève de la faim, longue de trois mois; c&#8217;est peine perdue, personne ne prête attention aux détenus.</p>
<p>Même sa maladie, lorsqu&#8217;on lui diagnostique un cancer de la plèvre, est matière à chantage. Le gouvernement d&#8217;abord, puis la Fondation Kadhafi pour le développement (FKD) par la suite, vont lui proposer, en échange de l&#8217;arrêt définitif de toute revendication politique, une opération dans les 4 jours; à défaut de sa coopération, « qui sait quand vous serez opéré », s&#8217;entend-il dire. Pression révoltante, alors que le discours de la FKD est axé autour de la promotion de la démocratie, de la liberté de la presse et d&#8217;un pouvoir juridique indépendant. Au péril de sa vie, Idris décline l&#8217;offre, préférant rester fidèle à ses principes et valeurs. Plus tard, de retour en Suisse, il aura la possibilité de se faire soigner; mais à cet instant, dans cette cellule, il pense avoir signé son arrêt de mort en refusant de parapher la mort de son activité politique.</p>
<p>Le parcours d&#8217;Idris explique pourquoi il ne croit plus les promesses de changement du pays par le haut. Il rappelle aussi combien il existe une Lybie devant le rideau, et une seconde, tapie en coulisses : lorsque la FKD souligne l&#8217;importance de l&#8217;éducation de la jeunesse à la presse internationale, dans le même temps le colonel Khadafi regrette de dépenser 20 millions de dollars pour l&#8217;éducation des enfants du pays, trop à son sens. « Ils sont vus par Khadafi comme des boulets », lâche l&#8217;ancien détenu. Quant à la récente proposition du chef de l&#8217;Etat de distribuer la rente pétrolière directement au citoyen, en raison d&#8217;une administration corrompue ? « Comment maintenir dans ces conditions des hôpitaux, des universités ? Et qui sera chargé de répartir l&#8217;argent ? Les mêmes qui sont déjà au pouvoir aujourd&#8217;hui ». Sous-entendu : chassez la corruption, elle revient au galop. La démocratie en Libye ? Elle est possible, mais « seulement si les diplomates et les médias occidentaux soutiennent l&#8217;action de l&#8217;opposition. C&#8217;est tout ce que nous demandons », sollicite-t-il dans un demi-sourire.</p>
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		<title>L&#8217;information en Birmanie, un pari de Claude Schauli</title>
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		<pubDate>Thu, 28 May 2009 21:45:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« En refusant l&#8217;assistance internationale en 2008 et pour imposer sa politique en Birmanie, la junte au pouvoir a peut-être tué 100&#8242;000 personnes ». Un constat froid que nous livre Claude Schauli, producteur et réalisateur, auteur de plus de 200 reportages, qui s’intéresse à la Birmanie depuis 34 ans, et lutte pour révéler les exactions du régime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« En refusant l&#8217;assistance internationale en 2008 et pour imposer sa politique en Birmanie, la junte au pouvoir a peut-être tué 100&#8242;000 personnes ». Un constat froid que nous livre Claude Schauli, producteur et réalisateur, auteur de plus de 200 reportages, qui s’intéresse à la Birmanie depuis 34 ans, et lutte pour révéler les exactions du régime militaire. Fort de sa longue pratique, il réalise « Birmanie, de la révolte au chaos »; un documentaire dont la sortie n&#8217;allait pas de soi, bien que la situation du petit pays soit catastrophique.</p>
<p>En effet, en dehors d&#8217;évènements exceptionnels, comme le furent les protestations des moines en 2007 – la révolte du safran – ou le dévastateur cyclone Nargis de 2008, il est difficile d&#8217;informer sur la Birmanie. Au niveau international tout d&#8217;abord, parce que s’agissant d’une petite nation, les médias se font prier pour diffuser des reportages. Au niveau intérieur ensuite, car si l’utilisation d’internet et des téléphones portables a connu un grand succès en 2007, la junte militaire au pouvoir verrouille l’information beaucoup mieux aujourd&#8217;hui; difficile pour le Birman moyen de suivre l&#8217;actualité de son pays.</p>
<p>Nargis change quelque peu la donne, du moins en ce qui concerne l&#8217;intérêt international porté à la Birmanie. Mais pas question pour un journaliste blanc de tourner dans la jungle, il serait immédiatement repéré : « on peut entrer illégalement en Birmanie, au moyen d&#8217;un faux passeport; mais si on se fait attraper, le régime vous liquide », regrette Schauli. Condamné à tourner depuis l&#8217;étranger, il s&#8217;établit pour la réalisation de son reportage à Mae Sot, une ville frontière thaïe où atterrissent de nombreux réfugiés fuyant l&#8217;oppression. « Je voulais raconter la terrible histoire du peuple birman, vue à travers ses émigrés », commente le réalisateur. Et d&#8217;évoquer cette institutrice de 22 ans, qui n&#8217;a jamais connu autre chose que le camp de réfugiés : elle y est née, elle y a grandit, elle y fait sa vie. </p>
<p>Grâce à un fidèle interprète, qui se trouve être un ancien leader des émeutes de 1988 – celles qui amenèrent les élections de 1990 qui virent notablement l&#8217;élection de Aung San Suu Kyi – et parce que les années lui ont permis de nouer des relations de confiance, il visite les leaders birmans pour les besoins du reportage. Mais beaucoup sont en prison, ont été tués, ou sont trop jeunes; l&#8217;opposition est exsangue. Il faut dire que les militaires ont fait le ménage depuis 2007, lorsqu&#8217;« ils [ont] été pris de court par les protestations ». </p>
<p>Informer est malaisé, la relève politique est hasardeuse, et étonnamment le réalisateur avoue faire reposer beaucoup d&#8217;espoirs sur la Chine, pays peu cité en matière de respect des droits humains. Mais « en 1988, la Chine était le premier pays à soutenir les étudiants, à soutenir des gens comme Aung San Suu Kyi » descendus la rue. « Aucune junte n&#8217;est immuable; le monde change, et peut-être que la Chine va se réveiller ». On ne peut qu&#8217;espérer aux côtés de Claude Schauli, et souhaiter que les futures élections de 2010 donneront un peu d&#8217;air à un peuple birman pris en otage par ses dirigeants.</p>
<p><em>(la diffusion du documentaire était prévue à l&#8217;origine pour le 9 août prochain, mais il a été avancé au&#8230; 22 mai passé !)</em></p>
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		<title>L&#8217;Iran, un leader en devenir sur la scène internationale</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 11:43:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits de l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmadinejad]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[israël]]></category>

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		<description><![CDATA[Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad occupe sans cesse une place d&#8217;importance dans les médias depuis son arrivée au pouvoir en 2005. Il est vrai que l&#8217;Iran est une préoccupation majeur de ce début de siècle, avec le développement de ses capacités nucléaires. D&#8217;autre part, son irrespect des principes fondamentaux liés aux droits humains est révoltant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad occupe sans cesse une place d&#8217;importance dans les médias depuis son arrivée au pouvoir en 2005. Il est vrai que l&#8217;Iran est une préoccupation majeur de ce début de siècle, avec le développement de ses capacités nucléaires. D&#8217;autre part, son irrespect des principes fondamentaux liés aux droits humains est révoltant. Plus encore, ses crises économiques et alimentaires à répétition voue une partie de sa population à la pauvreté et la malnutrition. Il n&#8217;empêche : si l&#8217;on parle autant de l&#8217;Iran, et surtout en ce moment de rencontre internationale autour du racisme (&#8220;Durban II&#8221;, à Genève), c&#8217;est que le président est en campagne électorale, mais aussi qu&#8217;une réorganisation des relations internationales est en marche.</p>
<p>Le 12 juin 2009 ont lieu des élections présidentielles; il est important pour Ahmadinejad, qui s&#8217;est toujours posé en champion du monde arabo-musulman contre l&#8217;Occident, de confirmer sa lutte. Poudre aux yeux dans un pays qui a autre chose à faire que de s&#8217;occuper d&#8217;acquérir des capacités nucléaires ou de faire face aux &#8220;impérialismes&#8221; occidentaux : le développement économique devrait être la priorité numéro un, on devrait l&#8217;entendre plus souvent s&#8217;exprimer sur ce sujet. Mais il est plus facile de mobiliser un électorat sur un thème de fierté nationale, plutôt que de parler de sacrifices, de handicaps ou de responsabilité. On l&#8217;a vu et on le verra aussi dans d&#8217;autres Etats. Le résultat est l&#8217;éviction des adversaires trop dangereux (Khatami, le réformateur qui a &#8220;retiré&#8221; sa candidature), et un débat politique éloigné des besoins immédiats du pays, bien que la sécurité (voir ci-dessous) soit une préoccupation compréhensible.</p>
<p>Sur le plan international, l&#8217;une des carences d&#8217;importance du monde arabo-musulman réside dans le manque d&#8217;un Etat leader. Si l&#8217;Egypte se profile lors des rencontres internationales, son gouvernement dictatorial n&#8217;a pas l&#8217;aval du Maghreb et Mashrek. L&#8217;Algérie, la Tunisie ou le Maroc (dont le roi Hussein VI est &#8220;commandeur des croyants&#8221;) n&#8217;ont pas l&#8217;envergure nécessaire à assumer un rôle de leader. Au contraire de l&#8217;Iran qui, de plus en plus, sous l&#8217;égide d&#8217;Ahmadinejad, se fait porte-parole des Musulmans. Loin des préoccupations intérieures perses de développement, Ahmadinejad est vu comme le seul leader politique osant défendre le peuple &#8220;humilié&#8221; musulman.</p>
<p>En somme, lorsque Ahmadinejad déclare qu&#8217;Israël est un &#8220;Etat raciste&#8221; (lors de &#8220;Durban II&#8221;, il occupe un terrain désert. Il rappelle que si Israël a peur de son entourage, et que pour se protéger Tel-Aviv s&#8217;est doté de l&#8217;arme nucléaire, il en va de même pour ses voisins. Aucun leader musulman à l&#8217;échelon international ne mentionne avec autant de bagou cette évidence, et pourtant l&#8217;asymétrie militaire entre le Moyen-Orient et Israël ne peut pas être acceptée. Et il se trouve qu&#8217;Ahmadinejad est le seul à dénoncer cette asymétrie. Quoi de plus normal que l&#8217;écoute bienveillante apportée au président iranien ? </p>
<p>Ahmadinejad devrait assurément se préoccuper de situation économique de son pays. Mais parce qu&#8217;il est en campagne intérieure et internationale, et que sur la scène internationale il occupe une niche vide, le récent discours de &#8220;Durban II&#8221; allait de soit. Les mots utilisés par le président iranien sont inacceptables, mais force est de constater qu&#8217;il a une vision de sa fonction beaucoup pérenne que les explications données par les médias occidentaux ne le laisseraient envisager.</p>
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		<title>La pensée révolutionnaire d&#8217;Evhémère au IIIe s. avant notre ère</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Dec 2008 12:28:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bien avant les tentatives de rationalisation occidentales qui aboutiront à l&#8217;athéisme et l&#8217;agnosticisme, la Grèce antique procède à sa propre destruction de mythes et légende au IIIe siècle avant J.-C. Avec un souci d&#8217;observation qu&#8217;il ne faudrait toutefois pas, dans un élan d&#8217;anachronisme, mélanger avec la pensée scientifique moderne européenne, Evhémère, mythographe grec, cristallise aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien avant les tentatives de rationalisation occidentales qui aboutiront à l&#8217;athéisme et l&#8217;agnosticisme, la Grèce antique procède à sa propre destruction de mythes et légende au IIIe siècle avant J.-C. Avec un souci d&#8217;observation qu&#8217;il ne faudrait toutefois pas, dans un élan d&#8217;anachronisme, mélanger avec la pensée scientifique moderne européenne, Evhémère, mythographe grec, cristallise aux alentours de -300, dans son oeuvre l&#8217;Ecriture sacrée, une pensée embryonnaire qui survivra à la chute de l&#8217;empire romain et traversera tout le Moyen Age : l&#8217;idée que les dieux ne sont que des hommes.</p>
<p>Ses écrits ne nous sont parvenus que de seconde, ou plutôt tierce main; traduit du grec vers le latin par le poète Ennius, la survivance de ses thèses ne nous sont dues qu&#8217;à Lactance, qui cite abondamment la traduction d&#8217;Ennius. Ce qui suffit toutefois pour retranscrire sa théorie : les dieux sont des hommes au destin élevé, des rois qui ont permis à leur peuplade de se former et se maintenir en société. De se civiliser. Et parce qu&#8217;ils ont amené les bienfaits de la civilisation ils seront, à leur mort, déifiés. Sorte de gratification pour biens rendus, la déification n&#8217;empêche pas Evhémère d&#8217;affirmer pouvoir citer les lieux où sont enterrés les &#8220;dieux&#8221;. Zeus (Jupiter pour les Romains), qui aurait mené la guerre contre les Titans, aboli le cannibalisme, aurait été brûlé et enterré à sa mort à Cnossos, en Crète. Ou encore, Aphrodite aurait été une simple courtisane. On le voit bien, son postulat est révolutionnaire; bien qu&#8217;Evhémère cite des prédécesseurs, tel que Hécatée d&#8217;Abdera qui lui s&#8217;intéressa dans une certaine mesure aux mythes des dieux égyptiens, aucun n&#8217;était allé aussi loin dans la démythification du panthéon grec. Il faut noter ici que le contexte dans lequel évolue le mythographe est particulier : il voit de ses yeux le processus de divinisation d&#8217;Alexandre le Grand, le plus grand conquérant que la Grèce antique n&#8217;ait jamais connu. Lui, qui sait bien qu&#8217;Alexandre de Macédoine n&#8217;était qu&#8217;un homme, assiste de son vivant, à la transformation de l&#8217;homme en dieu; il est certain que cette déification a eu une influence sur sa façon d&#8217;envisager l&#8217;Olympe des dieux.</p>
<p><span id="more-690"></span>Sa pensée, aussi bien au niveau politique et philosophique, est subversive. A une époque où l&#8217;on explique encore les tremblements de terre comme &#8220;un signe divin de futurs changements&#8221; (Thucydide), si le Grec n&#8217;est pas fataliste, il n&#8217;en reste pas moins persuadé que de mauvaises actions entreprises provoqueront le courroux des Olympiens. Il est des règles auxquelles un homme doit se conformer. La piété est une valeur forte de cohésion sociale, et Evhémère ne propose ni plus ni moins que de mettre sur la table la plupart des valeurs de la Polis (la Cité) grecque. Si les dieux sont une invention humaine, pourquoi suivre leurs préceptes, qui sont eux-mêmes par conséquent humains ? La légitimité des lois s&#8217;en trouverait bouleversée. La légitimité des dirigeants qui, dans une moindre mesure chez les Grecs, selon le type de gouvernement en place, serait remise en question.</p>
<p>La portée de l&#8217;évhémérisme est difficile à jauger. Plutarque et Cicéron, plusieurs siècles plus tard, le lisent mais le désavouent. Ce dernier l&#8217;affuble même du sobriquet &#8220;d&#8217;ennemi de la piété&#8221;. La Rome antique, qui est en pleine ascension après la mort d&#8217;Alexandre, incorpore bien des héros et des dieux grecs, puisant sa philosophie et une partie de sa mythologie chez ce voisin autrefois si puissant. De manière générale, les écrivains grecs et romains, proches très souvent du pouvoir (ou l&#8217;exerçant, à l&#8217;image de Cicéron), rejettent une telle lecture de la mythologie gréco-romaine.</p>
<p>Malgré tout, la tradition de l&#8217;évhémérisme survit, et se retrouve sous la plume de certains auteurs. Tertullian (145-220 ap. J.-C.) se réfère aux hommes cités dans les écrits des annalistes et historiens, mentionne que bien des &#8220;dieux&#8221; étaient, lors de la consignation de leurs exploits, de simples hommes. Ce n&#8217;est qu&#8217;à leur mort qu&#8217;ils sont devenus dieux. Il note alors que par cet divinisation post mortem, ils sont devenus dieux de choses qui leur préexistaient. Sous-entendu possible : quels dieux régnaient avant eux sur ces choses ? D&#8217;autre part, en admettant que la déification soit une sorte de gratification pour services rendus (après tout, c&#8217;est ce qui est arrivé à César et à Auguste, Tertullian leur est postérieur), pourquoi des mortels qui avaient des compétences hors du commun (Aristote, Themistocles, Aristide, etc) n&#8217;ont-ils pas eu droit au même sort ? Le dieu suprême se serait associé trop rapidement à des dieux de moindre qualité, il eut été plus sage d&#8217;attendre avant de faire son choix. C&#8217;est tout le processus de déification qui est remis en question sous sa plume.</p>
<p>Lactance (260-330), dans la droite ligne d&#8217;Evhémère et auteur grâce à qui nous connaissons les écrits de ce dernier, énumère les fondateurs des différentes civilisations (Carthages, Samos, Delphes, Latins, etc) et leur associe leurs divinités fondatrices, qui sont des dieux majeurs (Vulcain, Apollon, Venus, Minerve).</p>
<p>La christianisation de l&#8217;empire romain, et les besoins de légitimer la nouvelle religion face aux anciennes, fera prendre un tour inattendu à l&#8217;évhémérisme. Ainsi, à l&#8217;époque médiévale, il sera usité par les auteurs chrétiens, puisque particulièrement adapté au combat du paganisme. Instrumentalisé, il fera office d&#8217;argument prosélyte face à ceux qui hésitent encore à se convertir, raillant les adeptes d&#8217;hommes artificiellement élevés au rang de dieux. Isidore de Séville (575-638) résume les thèses de l&#8217;évhémérisme, et inspirera de nombreux auteurs, surtout à la Renaissance. Roger Bacon, dans son <em>Opus Maius</em>, explique ainsi les origines humaines de Io, Minerve, Prométhée, etc. Mais de manière générale, le monothéisme se servira goulûment au banquet de l&#8217;évhémérisme, parfois sans comprendre combien cette théorie peut s&#8217;avérer dévastatrice même pour les suiveurs de Jésus de Nazareth.</p>
<p>Il peut sembler étrange en effet que le christianisme reprenne à son compte la théorie de l&#8217;évhémérisme, puisqu&#8217;on pourrait l&#8217;appliquer aussi bien à Jésus de Nazareth, Roi des rois, ayant civilisé ses apôtres, déifié à sa mort. Celse, philosophe épicurien grec du IIe siècle de notre ère attaquant avec virulence le dogme chrétien, relève que selon les préceptes chrétiens, il serait impossible pour Dieu d&#8217;habiter un corps mortel. Non sans ironie, il note qu&#8217;il ne resterait par conséquent que les possibilités de la déification post mortem, ou celle du mensonge, avec Jésus de Nazareth se faisant passer pour un dieu. Evacuant cette seconde réponse, Celse poursuit sur la première : Jésus de Nazareth est donc déifié après sa mort; en quoi cela change-t-il des traditionnels Hercule, Appolon, et autres dieux romains ? A cette contradiction, des auteurs chrétiens répondent que Jésus de Nazareth n&#8217;est pas un homme devenu dieu par sa mort, mais un dieu devenu <em>temporairement</em> homme, lors de sa résurrection. Mais alors, enchaîne Celse, Jésus de Nazareth n&#8217;est qu&#8217;une apparition; et de citer de nombreuses apparitions d&#8217;autres divinités romaines. La vénération de Jésus de Nazareth, selon Celse, et entièrement arbitraire. Il insiste sur le fait que les Chrétiens, qui se moquent des Grecs vénérant Zeus, dont la tombe serait en Crète, vénèrent eux Jésus de Nazareth, sorti de sa propre tombe. Si l&#8217;on connaît le site funéraire des dieux romains, on connaît tout aussi bien l&#8217;emplacement de la tombe du dieu chrétien. Si il faut accorder foi à l&#8217;évhémérisme, Jésus de Nazareth est un roi des hommes, mort en homme et déifié à sa mort; il est donc sur pied d&#8217;égalité avec les dieux (évhémérisés) romains. Ce qui fait conclure Celse par la dérision : il raille  les maigres exploits de Jésus de Nazareth, comparés aux accomplissements des dieux grecs. Le christianisme, chez Celse, n&#8217;est qu&#8217;une vulgaire superstition; si il avait vécu un siècle de plus, Celse aurait pu assister à la promotion de cette superstition en religion d&#8217;Etat, sous la férule de Constantin Ier qui se convertit au christianisme et plaçant le Dieu chrétien au-dessus de lui-même. Le polythéisme en Occident commence à mourir mais l&#8217;évhémérisme, lui, poursuivra sa destinée, se retrouvant sous la plume de Voltaire dans ses <a href="http://books.google.ch/books?hl=fr&amp;id=YREPAAAAQAAJ&amp;dq=%C3%A9vh%C3%A9m%C3%A8re&amp;printsec=frontcover&amp;source=web&amp;ots=rZj0XAsY4r&amp;sig=sdW84zcJ4ibOD6iFYWGL58GG83k&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;resnum=10&amp;ct=result#PPA1,M1">Dialogues d&#8217;Evhémère</a>.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Sources :</em></p>
<ul>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Brown, Truesdell S., « Euhemerus 	and the Historians », <span style="font-style: normal;">in</span> <em>The Harvard Theological Review</em>, Vol. 39, No. 4, October 1946, 	pp. 259-274</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Cooke John Daniel, « Euhemerism: 	A Mediaeval Interpretation of Classical Paganism », <span style="font-style: normal;">in</span> <em>Speculum</em>, Vol. 2, No. 4, October 1927, pp. 396-410</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Gamble Harry Y., « Euhemerism 	and Christology in Origen: &#8220;Contra Celsum&#8221; III 22-43 »,<em> </em><span style="font-style: normal;">in</span> <em>Vigiliae 	Christianae</em>, Vol. 33, No. 1, March 1979, pp. 12-29</p>
</li>
<li>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Spyridakis S., « Zeus Is 	Dead: Euhemerus and Crete », <span style="font-style: normal;">in</span><em> The Classical Journal</em>, Vol. 63, No. 8, May 1968, pp. 337-340</p>
</li>
</ul>
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		<title>Imprescriptiblité des actes pédo-pornographiques : le triomphe de la démocratie kitsch</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2008 12:17:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La démocratie suisse, l&#8217;une des plus avancée au monde en ce qui concerne les prérogatives accordées au peuple, a encore donné la parole au pouvoir de la victimisation : hier, 30 novembre, l&#8217;initiative populaire concernant l&#8217;imprescriptibilité des actes pédo-pornographiques a été acceptée. De justesse, mais il faut noter que l&#8217;association de la Marche blanche a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La démocratie suisse, l&#8217;une des plus avancée au monde en ce qui concerne les prérogatives accordées au peuple, a encore donné la parole au pouvoir de la victimisation : hier, 30 novembre, l&#8217;initiative populaire concernant l&#8217;imprescriptibilité des actes pédo-pornographiques a été acceptée. De justesse, mais il faut noter que l&#8217;association de la Marche blanche a fait campagne contre la quasi totalité des acteurs politiques du pays, sans beaucoup de moyens, face à des médias plutôt hostiles. Malgré cela, il n&#8217;est que peu de régions qui l&#8217;aient refusé, les Helvètes ayant troqué leur sens critique contre un &#8220;accord catégorique sur l&#8217;horreur que représente la pédophilie&#8221;. Les anciens grecs avertissaient déjà : une démocratie sans garde-fous, c&#8217;est une démocratie victime des modes, des sentiments, où l&#8217;irrationnel est roi. Depuis hier, la Suisse doit se doter d&#8217;un arsenal législatif rendant possible la poursuite d&#8217;un acte à caractère sexuel sans contrainte de temps. A 60 ans, poursuivre son père ou sa mère de 90 ans sera désormais possible.</p>
<p>C&#8217;est le règne de l&#8217;irrationnel, car il était impossible de s&#8217;opposer de manière argumentée aux défenseurs des victimes de tels actes.  Y a-t-il vraiment parmi les Suisses des gens qui souhaitent voir les abuseurs d&#8217;enfants épancher en toute quiétude leurs déviances ? Bien sûr que non. Raison pour laquelle le Conseil fédéral (l&#8217;exécutif suisse) avait pris les devants et proposé une limite d&#8217;âge pour déclencher de telles poursuites : 33 ans. Un âge arbitraire, certes, mais lorsqu&#8217;on imagine les difficultés qui peuvent surgir lors de la collecte des preuves et témoignages dans une affaire qui se serait produite au minimum 15 ans auparavant, la plafond semble raisonnable. Mais en face des différents arguments, il existe le kitsch : une émotion à la force irrésistible, qui emporte tout sur son passage. Une émotion unanime qui, vantant la douleur des victimes, ne fait pas cas de la rationalité ou de l&#8217;intérêt général. Ou bien vous êtes avec nous, ou bien vous êtes contre nous; il faut choisir son camp.<br />
<span id="more-688"></span><br />
Il est utile de se rafraîchir la mémoire sur ce qu&#8217;est le kitsch :</p>
<blockquote><p>Derrière toutes les croyances européennes, qu&#8217;elles soient religieuses ou politiques, il y a le premier chapitre de la Genèse, d&#8217;où il découle que le monde a été créé comme il fallait qu&#8217;il le fût, que l&#8217;être est bon et que c&#8217;est donc une bonne chose de procréer. Appelons cette croyance fondamentale <b>accord catégorique avec l&#8217;être</b>.<br />
Si, récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n&#8217;était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L&#8217;instant de défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l&#8217;une : ou bien la merde est acceptable (alors ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible.<br />
Il s&#8217;ensuit que l&#8217;<b>accord catégorique avec l&#8217;être</b> a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n&#8217;existait pas. Cet idéal esthétique s&#8217;appelle le <b>kitsch</b>.<br />
[...]<br />
Il faut évidemment que les sentiments suscités par le kitsch puissent être partagés par le plus grand nombre. Aussi le kitsch n&#8217;a-t-il que faire de l&#8217;insolite; il fait appel à des images clés profondément ancrées dans la mémoire des hommes : la fille ingrate, le père abandonné, des gosses courant sur une pelouse, la patrie trahie, le souvenir du premier amour.<br />
Le kitsch fait naître coup sur coup deux larmes d&#8217;émotions. La premier larme dit : Comme c&#8217;est beau, des gosses courant sur une pelouse !<br />
La deuxième larme dit : Comme c&#8217;est beau, d&#8217;être ému avec toute l&#8217;humanité à la vue de gosses courant sur une pelouse !<br />
Seule cette deuxième larme fait que le kitsch est le kitsch.<br />
La fraternité de tous les hommes ne pourra être fondée que sur le kitsch.</p>
<p>Milan Kunder, L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être, pp. 356-362
</p></blockquote>
<p>Ainsi, voici que toute opposition ou remise en question de cette nouvelle loi était combattue par un &#8220;vous vous fichez des victimes&#8221;, &#8220;vous faites le jeux des pédophiles&#8221;. Savoir que les experts et les avocats, travaillant de concert avec des victimes, récriaient une telle loi, ne pesait pas lourd dans la balance. Essayer de complexifier le débat, pour rappeler qu&#8217;un pédophile n&#8217;est pas un monstre, que lui aussi fait partie de l&#8217;humanité et qu&#8217;à ce titre, cette variable doit faire partie de la discussion, est ignominieux. De fait, l&#8217;imprescriptibilité des actes sexuels à l&#8217;égard d&#8217;enfants met la pédo-pornographie sur pied d&#8217;égalité avec les crimes de génocide et contre l&#8217;humanité. Tous les fléaux, dès lors, se valent : une famille détruite vaut bien des villages rasés, des camps de concentration, des viols en masse avec tessons de bouteille, ou n&#8217;importe quelle folie inventée par le pervers esprit humain.</p>
<p>La volonté de remettre en question les conditions dans lesquelles un jugement doit être mené est confondu avec la remise en question de la douleur de la victime. Pourtant, il ne viendrait pas à l&#8217;esprit d&#8217;un quelconque esprit sain de nier la réalité de cette douleur; mais une société mûre devrait pouvoir aborder de manière détachée un tel problème, lourd de conséquence sur sa destinée, sa gestion des blessures, l&#8217;effet réparateur sur-interprété de la justice.</p>
<p>Quoi qu&#8217;on en dise, le peuple n&#8217;a pas toujours raison, j&#8217;en veux pour preuve les nombreux accidents de l&#8217;histoire provoqués par des votations sous le coup de l&#8217;émotion. Car si l&#8217;émotion est aussi vecteur d&#8217;intelligence, cette émotion est monopolisée dans ce débat au profit des seules victimes; pas de débat sur les pédophiles eux-mêmes, rien sur les remous sociétaux provoqués par de tels décisions législatifs, où la multiplication possible de &#8220;fausses victimes&#8221;. Un simple &#8220;<a href="/blog/2007/peine-de-mort-et-si-cetait-votre-enfant" title="Peine de mort : Et si c’était votre enfant ?">et si c&#8217;était mon enfant</a>&#8220;, et voilà que tout esprit critique s&#8217;effondre. Tu n&#8217;es pas dans mon camp, te voilà par conséquent du côté des pédophiles.</p>
<p>Plus que le résultat lui-même, qui pourrait se justifier à l&#8217;aune d&#8217;un débat approfondi, c&#8217;est le carcan de lequel s&#8217;est déroulé la campagne qui est insupportable. L&#8217;absence de hauteur, d&#8217;espace pour développer le pour et le contre, auront été proprement étouffants. Dignes d&#8217;une démocratie honnie des Grecs antiques. Digne d&#8217;un monde gouverné par le kitsch.</p>
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		<title>Economie: l&#8217;Etat est de retour. Ah bon, il était parti ?</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Nov 2008 16:48:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[A en croire les économistes qui font volte-face sans tabou depuis le mois septembre 2008, les règles du jeu national, voire internationale vont s&#8217;en retrouver changées. L&#8217;Etat, longtemps absent grâce au consensus néo-libéral regano-thatchérien de la fin des années 70 &#8211; début 80, va réimposer des règles et même une morale à ses citoyens. Terminé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A en croire les économistes qui font volte-face sans tabou depuis le mois septembre 2008, les règles du jeu national, voire internationale vont s&#8217;en retrouver changées. L&#8217;Etat, longtemps absent grâce au consensus néo-libéral regano-thatchérien de la fin des années 70 &#8211; début 80, va réimposer des règles et même une morale à ses citoyens. Terminé le désengagement et le laisser-faire, voici venu à nouveau le temps des politiques keynésiennes (investissement de l&#8217;Etat dans l&#8217;économie) et du grossissement étatique propre aux périodes de crises. L&#8217;Etat va enfler, se boursouffler sous les nouvelles tâches; mais le régime alimentaire de ces dernières années était-il vraiment si frugal ? Ou au contraire, n&#8217;est-ce qu&#8217;une obésité plus prononcée qui se profile à l&#8217;horizon ?<br />
<span id="more-687"></span><br />
Les tâches de l&#8217;Etat n&#8217;ont cessées de se multiplier au fil des ans, avec la régularité d&#8217;un métronome. Il est peu d&#8217;invasions dans la vie privée de ses citoyens que l&#8217;Etat se soit refusé. Au nom de la lutte contre le terrorisme, l&#8217;Occident n&#8217;a cessé de multiplier les immixtions et de densifier son contrôle sur ses habitants. Tests ADN qui deviennent la règle, empreintes génétiques dans les passeports, des pays autrefois réfractaires aux cartes d&#8217;identité se mettent au diapason (la Grande-Bretagne), vidéo-surveillance pour &#8220;le bien commun&#8221;, échange d&#8217;informations entre les différents départements administratifs, surveillance électronique, bref, l&#8217;Etat-nation n&#8217;a jamais, au cours de sa courte histoire, autant développé ses moyens de contrôle à l&#8217;égard de ses habitants. Les bases de données sur les citoyens contiennent une quantité d&#8217;informations gigantesque. Les citoyens étant ainsi plus liés que jamais à leur Etat, qui sait tant de choses sur lui, il n&#8217;a jamais été aussi difficile de se déplacer (hors UE) en temps de paix, le ramifications de l&#8217;Etat s&#8217;étant étendues dans toutes les sphères privées. Fichage de millions de &#8220;trublions subversifs potentiels&#8221; en Suisse dans les années 90, fichage des habitudes de lecture pour les emprunts bibliothécaires aux USA par le biais du <em>Patriot Act</em>, l&#8217;Etat a rivalisé d&#8217;imagination pour surveiller sa population. Avec pour conséquence une explosion de la taille des Etats, étant amenés à répondre à de plus en plus de tâches de sécurité. Chaque type d&#8217;information est, nous assure-t-on, totalement compartimentée; quelque soit notre propre opinion sur ces assurances, ces informations existent, et leur collection coûte.</p>
<p>Cette croissance devrait avoir une contrepartie, car des tâches autrefois dévolues à ces mêmes Etats ont toutefois été privatisées. La téléphonie, l&#8217;énergie (toutefois avec un retour de balancier, dans ce cas précis) et l&#8217;eau figurent parmi les domaines d&#8217;importance autrefois dévolus à l&#8217;acteur étatique, et sont aujourd&#8217;hui régis par des règles libérales. Mais la sécurité, bien que parfois sous-traitée, est restée l&#8217;apanage d&#8217;Etats, soucieux de la protection de son territoire. L&#8217;on constate ainsi, ces 30 dernières années, un gonflement étatique dans certains secteurs, au détriment de (au sens large) l&#8217;économie. Les prérogatives régaliennes (sécurité et défense nationales), souci par excellence des néo-libéraux, n&#8217;a cessé de s&#8217;affirmer avec vigueur, avec un coup d&#8217;accélération au lendemain du 11 septembre 2001. Avec l&#8217;exception notable, en Europe, de la défense (inter)nationale; les dépenses dans ce domaine sont restées plutôt stables, au contraire de la sécurité intérieure, qui a connu une explosion de l&#8217;offre et de la demande.</p>
<p>Et encore, le désengagement de la sphère économique n&#8217;est pas si évident que cela. Car avec la multiplications des échanges, la production de règles s&#8217;est intensifiée; le lieux commun qui voudrait que les Etats se désengagent du secteur économique n&#8217;est vrai qu&#8217;en partie. Des organismes inter et supra nationaux (OMC, UE, Forums intercontinentaux) ont vu le jour depuis la fin de la IIe Guerre Mondiale. Dans le dogme (néo)libéral, l&#8217;intensité des échanges participe à la croissance économique commune (et accessoirement, à la paix dans le monde). Faisant leur ce postulat, les Etats ont mis tout en oeuvre pour faciliter au maximum ces échanges; ce qui a eu pour effet paradoxal, phénomène éminemment visible en Europe, d&#8217;édicter une quantité invraisemblable de règles pour que les échanges se fassent sur un pied d&#8217;égalité pour tous les acteurs. Ainsi, pour &#8220;libérer le marché des contraintes étatiques&#8221;, la CEE, puis l&#8217;UE ont produit toutes sortes de lois calibrant la taille des marchandises, les tests hygiéniques qu&#8217;elles devaient subir, etc, avec pour conséquence l&#8217;engagement d&#8217;une armée de fonctionnaires veillant à leur bonne application. Créer les cadres favorables à une concurrence transparente et équilibrée a ainsi eu pour effet d&#8217;agrandir encore l&#8217;Etat et de créer de nouveaux organismes soutenus par l&#8217;Etat. L&#8217;Etat a ainsi, en période de croissance des échanges post-IIe GM, crût y compris dans le secteur économique; ce qu&#8217;il faisait sortir par la porte rentrait par la fenêtre.</p>
<p>Les Etats, dont on attend ces prochains mois, ces prochaines années, un élargissement de leur champs d&#8217;activité, ne partent donc pas d&#8217;une croissance zéro de leur activité; par contre, ils vont avoir à composer avec une croissance proche de ce chiffre. En conséquence, il risque de se produire une réaffectation des ressources allouées, même si les domaines qui en pâtiront ne sont pas encore discernables. Mais réaffectation, il y aura : avec une croissance amoindrie, voire négative depuis quelques mois pour certains Etats, des choix devront être opérés. On lâche les milliards requis par la situation d&#8217;urgence, mais l&#8217;hypothèque sur l&#8217;avenir devra un jour être réglée; au détriment de qui se fera-t-elle ? Ne nous leurrons pas, notre survie économique a un coût. Il faudra bien passer à la caisse un jour ou l&#8217;autre.</p>
<p>L&#8217;Etat a crû ces dernières années. L&#8217;Etat ne fait d&#8217;ailleurs que croître depuis l&#8217;invention de l&#8217;Etat-nation, et les attentes sans cesse multipliées par les nouvelles problématiques (terrorisme, écologie, discussion entre nations) et les attentes toujours plus élévées de la part des citoyens. La tempête économique qui s&#8217;est levée accélérera encore cette croissance; mais il faut une sacrée dose d&#8217;hypocrisie (ou de cécité, c&#8217;est selon) pour affirmer que &#8220;l&#8217;Etat est de retour dans l&#8217;économie&#8221;. Il ne l&#8217;avait jamais quitté.</p>
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		<title>In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Oct 2008 08:44:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Tony Zarindast]]></category>
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		<description><![CDATA[Peut-on être de mauvais goût et insipide à la fois ? Cela n&#8217;a aucun sens, pas vrai ? Ca tombe bien, car la dernière oeuvre d&#8217;Uwe Boll, défiant toute logique, réussit un tel exploit . Uwe qui ? Mais si, allons, Uwe Boll, c&#8217;est BloodRayne (1,2,3 et bientôt 36, pourquoi pas) Alone in the Dark, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/dungeon-siege_burt-reynolds.jpg" title="Burt Reynolds en roi insipide dans Dungeon Siege" class="thickbox" rel="singlepic564" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/564__200x84_dungeon-siege_burt-reynolds.jpg" alt="uwe boll dungeon siege burt reynolds" title="uwe boll dungeon siege burt reynolds" />
</a>
Peut-on être de mauvais goût et insipide à la fois ? Cela n&#8217;a aucun sens, pas vrai ? Ca tombe bien, car la dernière oeuvre d&#8217;Uwe Boll, défiant toute logique, réussit un tel exploit . Uwe qui ? Mais si, allons, Uwe Boll, c&#8217;est <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'BloodRayne', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=BloodRayne' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">BloodRayne</a></span> (1,2,3 et bientôt 36, pourquoi pas) <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Alone+in+the+Dark', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Alone+in+the+Dark' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Alone in the Dark</a></span>, <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'House+of+the+Dead', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=House+of+the+Dead' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">House of the Dead</a></span>, <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Postal', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Postal' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Postal</a></span> , ou encore <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Far+Cry', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Far+Cry' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Far Cry</a></span> qui sort cette année 2008. Un réalisateur boulimique de travail, qui tourne avec la cadence d&#8217;un metteur en scène nippon. Il s&#8217;est spécialisé dans les adaptations de jeux vidéos, les enchaînant les unes derrière les autres, s&#8217;attirant les foudres de fans en désaccord avec sa &#8220;vision&#8221;, respectant il vrai assez peu &#8211; voire pas du tout &#8211; la base de ses sources. De tout manière, la critique, le teuton n&#8217;en a cure : à ceux qui lui reprochent la mauvaise qualité de ses productions, il les défie de venir le rejoindre sur un ring de boxe. Infantile, le réalisateur allemand serait amusant s&#8217;il ne se prenait pas tant au sérieux. Et si, accumulant les films commerciaux, il n&#8217;avait pas obtenu un chèque de 60 millions de dollars pour adapter le jeux vidéo <em>Dungeon siege</em>. Ce qui lui a permit de réunir une belle brochette d&#8217;acteurs, à l&#8217;image de John Rhys-Davies (inoubliable Gimli du <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Seigneur+des+anneaux', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Seigneur+des+anneaux' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Seigneur des anneaux</a></span>), Ron Perlman (<span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Hellboy', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Hellboy' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Hellboy</a></span>, <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Alien+4', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Alien+4' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Alien 4</a></span>), Kristanna Loken (mauvaise déjà dans <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'BloodRayne', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=BloodRayne' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">BloodRayne</a></span>), Ray Liotta (Les Affranchis, Identity) ou Burt Reynolds. Un tel buget, de tels acteurs, et tout ça pour Boll, c&#8217;est une blague ?<br />
<span id="more-683"></span><br />

<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/dungeon-siege_ray-liotta.jpg" title="Un Ray Liotta qu'on avait connu plus en forme dans les affranchis que dans Dungeon Siege" class="thickbox" rel="singlepic562" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/562__200x84_dungeon-siege_ray-liotta.jpg" alt="uwe boll dungeon siege ray liotta" title="uwe boll dungeon siege ray liotta" />
</a>
Malheureusement, si blague il y a, elle se fait au détriment du spectateur. Car dès les premières minutes, l&#8217;univers &#8220;bolléen&#8221; s&#8217;impose dans tout sa splendeur : les dialogues, le jeux des acteurs, le montage, tout est à vomir. Avec en prime, l&#8217;une des signatures les plus distinctives de Boll : une incapacité patente à maîtriser le moindre montage, l&#8217;art de l&#8217;ellipse lui étant hermétique. Les plans se succèdent&#8230; mais pourquoi ?, se demande le spectateur lambda à la rechercher d&#8217;un soupçon de cohérence. Pourquoi passe-t-on avec tant de légerté d&#8217;une scène (se voulant) intense, à une autre aussi solennelle ? Pourquoi autant de temps passé à nous montrer le côté passif d&#8217;un paysan pas attachant pour deux sous, qui se transforme en guerrier ninja sans prévenir ? Et bon sang, c&#8217;est quoi ces espèces de driades/amazones du fond des bois qui entrent et sortent dans le film, sans s&#8217;embarrasser d&#8217;explication ?</p>
<p>Les personnages, Boll les exploite avec des gants de boxe. Il leur colle des dialogues stupéfiants de bêtise, d&#8217;entrée de jeu et sans vergogne aucune :</p>
<blockquote><p>- Des poètes seraient prêts à mourir pour [l'amour].<br />
- Tu serais prêt à le faire, toi ?<br />
- Je serais prêt à faire&#8230; un poème !</p></blockquote>
<p>L&#8217;<em>effet Boll</em>, qui consiste à faire sonner faux n&#8217;importe laquelle de ses scènes, a l&#8217;avantage de se jouer dès les premiers instants dans ses longs-métrages. Le décor est planté : c&#8217;est du carton-pâte, avec des prétentions de super-production. Ca brille, mais uniquement parce que des gigantesques projecteurs sont braqués sur une minuscule et terne pièce de monnaie. Ca tente la scénographie de <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Lord+of+the+Rings', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Lord+of+the+Rings' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Lord of the Rings</a></span>, les combats de <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Matrix', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Matrix' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Matrix</a></span> et de <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Crouching+Tiger,+Hidden+Dragon', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Crouching+Tiger,+Hidden+Dragon' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Crouching Tiger, Hidden Dragon</a></span> (tigres et dragons), mais au final on se retrouve avec le Muppets Show munis de capes et d&#8217;épées.<!--/imdb--></p>
<p>A ces dialogues superbement niais, Boll développe une psychologie des personnages relevant de Oui-Oui chez grand-maman. Ils passent de l&#8217;amour fou à la haine la plus inextinguible en quelques passes maladroites, sans que le spectateur abasourdi ait la moindre chance de saisir les raisons d&#8217;un tel revirement. Impossible d&#8217;accepter que ce général méfiant (Brian J. White) devienne un loyal serviteur du nouveau roi (Jason Statham) qu&#8217;il toisait quelques secondes auparavant. Inacceptable cette scène de duel entre ce même général et le duc héritier du trône (Matthew Lillard), qui se solde par la victoire du premier, mais qui est prêt à mettre dans la foulée son épée au service du second &#8211; dans une scène au mieux superflue, n&#8217;apportant pas une once d&#8217;intérêt à l&#8217;histoire. Le réalisateur ne sait pas raconter les histoires, et encore moins les filmer : on se prend à bailler d&#8217;ennui. Les histoires secondaires deviennent des hématomes boursouflés chez Boll, prennant des proportions si pathologiques qu&#8217;elles en viennent à masquer le visage caché par les tuméfactions. Impossible de discerner le moindre enjeu.</p>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/dungeon-siege_pont.jpg" title="Les ponts selon Uwe Boll dans Dungeon Siege" class="thickbox" rel="singlepic563" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/563__200x84_dungeon-siege_pont.jpg" alt="uwe boll dungeon siege" title="uwe boll dungeon siege" />
</a>
Mais le manque de talent de Boll ne s&#8217;arrête pas là : le montage est lui aussi groggy. Coupant à la serpe les moments fondamentaux, basiques, ces passages qui donnent tout leur sens aux scènes (des hommes tombent dans une rivière, il faut les montrer entrant le liquide, une flèche part d&#8217;un arc, il faut la montrer se planter, etc), il n&#8217;a de cesse de casser le rythme, de rendre inféconde toute construction, de gâcher les ambiances &#8211; péniblement &#8211; instaurées. Le spectateur, éjecté de la narration, ne comprend rien aux enjeux développés.</p>
<p>Et que dire de ce mélange de genres nauséabond, avec des guerriers ninja sortis d&#8217;on ne sait où qui se mêlent aux combats médiévaux, ou de ces guerriers noirs dans un univers d&#8217;heroic fantasy, sans oublier les risibles combats au boomerang ? Aussi déplacés que des combinaisons spatiales en pleine guerre civile inca. Ce décalage incongru n&#8217;est pas sans rappeler le pire du pire de Luc Besson et certaines de ses scènes les plus manquées du <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: '5ème+élément', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=5ème+élément' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">5ème élément</a></span>, notamment lorsqu&#8217;une diva bleutée se met à chanter sans prévenir sur un fond de musique technoïde. Mais à la différence du réalisateur français, Boll ne sait pas provoquer l&#8217;émotion, vibrer avec subtilité au son de la bobine qui défile. Incapable de se battre à la loyale et de se plier aux règles du cinéma, il mort l&#8217;oreille de son adversaire, sentant bien qu&#8217;il a perdu d&#8217;avance son combat. Un Tyson du cinéma, à ceci près qu&#8217;il n&#8217;a jamais connu, au contraire de son alter ego de la savate, l&#8217;ivresse de la réussite.</p>
<p>Le cinéma est une langue, avec ses règles. Une langue vivante, certes, puisque constamment réinventée par ses talentueux réalisateurs, mais une langue tout de même, avec ses codes et sa grammaire propre. Boll est incapable de parler ce langage, il est incapable d&#8217;éviter les pièges les plus simples de sa conjugaison, de ses invariables. Peut-être cet inaptitude est-elle provoquée par un mépris pour ce mode d&#8217;expression; sinon, pourquoi cumuler les adaptations de jeux vidéos ? N&#8217;a-t-il rien à nous dire ? Aucune émotion à partager, hormis un infantilisme gâteux, un mauvais goût insipide, et gâcher des millions pour réaliser un très mauvais épisode de Xéna la guerrière ? Ed Wood était l&#8217;un plus mauvais cinéastes du XXème siècle, cela ne fait aucun doute. Mais tout dans ses films exhale une odeur d&#8217;amour, de passion pour le 7ème art. <a title="Arizona Werewolf" href="/blog/2005/arizona-werewolf">Tony Zarindast</a>, son homologue iranien, a au moins le bon goût de ne commettre qu&#8217;un ou deux films par décennie. Uwe Boll, lui, sans aucun intérêt pour le cinéma, aligne 3 à 4 réalisations par an. C&#8217;est peut-être ce qui est le plus révoltant : pourquoi obtient-il encore des fonds ? Le personnage est tenace, il faut le lui reconnaître, sa volonté est à toute épreuve. Capable de réunir &#8211; mais non de diriger &#8211; des acteurs émérites, il ne s&#8217;arrête pas avant d&#8217;avoir obtenu le financement astronomique requis par son ambition. Mais à quoi bon autant crier, lorsqu&#8217;on a un protège-dents dans la bouche ? Personne ne comprend la diatribe d&#8217;Uwe Boll, en dehors de quelques vénaux investisseurs appâtés par des adaptations de jeux vidéos à succès, qui drainent par la force de l&#8217;inertie leurs cortèges de fidèles fans &#8211; ces derniers ont la mauvaise habitude de crier au scandale une fois le film ingurgité et la cotisation payée. Sauf que dans le cas présent, le <a href="http://www.imdb.com/title/tt0460780/business">film n&#8217;a pas été rentabilisé</a>. Uwe Boll a ainsi promis d&#8217;ajouter 35 minutes de pellicule supplémentaire sur le Blue-Ray à sortir en décembre (soit une année après sa brève exploitation au cinéma !). La raison réclame un farouche boycott. Et pas seulement de ce film, mais pour tous ceux à venir&#8230; Pitié, n&#8217;en jetez plus, nous sommes K.O. d&#8217;avance.</p>
<div class="edit">M. Boll est pire que tout ce qu&#8217;on puisse imaginer; dans <a href='/blog/wp-content/uploads/uwe-boll.flv'>cette vidéo</a>, regardez-le se congratuler lui-même sur la grandeur de son génie, qui est à des lieues d&#8217;épaves comme Michael Bay. Un artiste incompris, quoi.</p>
<p>Cette vidéo devrait vous convaincre de signer la <a href="http://www.petitiononline.com/RRH53888/petition.html">pétition demandant à Uwe Boll de ne plus tourner</a>.</div>
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		<title>Milan Kundera, ses accusations et son oeuvre</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 13:50:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ceux qui me connaissent savent à quel point Milan Kundera est un romancier que je respecte. Devant le torrent de critiques auquel je dois faire face, il me semblait justifier de clarifier ma position à son égard. C&#8217;est que les attaques se multiplient depuis lundi.
Car je suis partagé entre deux sentiments contradictoires : la défense [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ceux qui me connaissent savent à quel point Milan Kundera est un romancier que je respecte. Devant le torrent de critiques auquel je dois faire face, il me semblait justifier de clarifier ma position à son égard. C&#8217;est que les <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/10/14/milan-kundera-est-accuse-d-avoir-denonce-en-1950-un-agent-a-prague_1106664_3214.html">attaques</a> se multiplient depuis lundi.</p>
<p>Car je suis partagé entre deux sentiments contradictoires : la défense irraisonné et déraisonnable d&#8217;un intellectuel, un mentor que je j&#8217;admire, et le simple j&#8217;m'en-foutisme.</p>
<p>Je voudrais bien le défendre, simplement parce qu&#8217;il m&#8217;a fait beaucoup évoluer, mais en vérité, je ne sais pas de quoi il en retourne. En effet, quelle foi accorder à des archives de la police secrète tchèque ? Pourquoi ne l&#8217;a-t-on pas sali, alors qu&#8217;une telle attaque aurait trouvé parfaitement sa place dans le contexte de la guerre froide, lorsque l&#8217;Ouest brandissait ce type d&#8217;intellectuel en héraut de la démocratie pour dénoncer la barbarie du régime communiste ? A la suspicion, je réponds par la suspicion.<br />
Par ailleurs, je m&#8217;interroge sur le traitement de cette information : en raison de la stature de Kundera, il devrait être coupable jusqu&#8217;à preuve du contraire, n&#8217;importe quelle accusation devrait être acceptée ? Il a le droit, en cas de procès, de se défendre. A demander que des preuves tangibles soient produites, autres que des noms et des dates sur un papier émanant des services de police d&#8217;un pays qui cultivaient le mensonge et la trahison à son plus haut niveau. Si demain, je déclare posséder des documents prouvant l&#8217;implication de, au hasard, Jacques Attali dans une, au hasard toujours, vente d&#8217;armes en Afrique, il me fera un procès en diffamation. Et je serai sommé de prouver sa culpabilité, le fardeau de la preuve m&#8217;incombant. C&#8217;est ainsi que notre système fonctionne, et c&#8217;est tant mieux. Sous prétexte qu&#8217;il s&#8217;agit de Milan Kundera, il serait justifié de lui appliquer un traitement digne d&#8217;un époque qu&#8217;il n&#8217;a cessé de dénoncer à travers ses écrits ? Très peu pour moi.<br />
<span id="more-682"></span><br />
Mais d&#8217;autre part, il faut avouer que je me fous royalement de ses erreurs, si erreur il y a. Kundera est un romancier et un philosophe; à ce titre, au titre d&#8217;artiste, ce qu&#8217;il construit n&#8217;est pas dépendant de sa personne. Son être et son vécu teintent évidemment ses oeuvres; mais quels que soient ses crimes, peuvent-ils remettre en question la qualité de ses livres et la solidité des arguments développés dans ceux-ci ? Assurément pas, sa production littéraire ne lui appartient pas plus que les romans de Céline ou de Günter Grass et la philosophie d&#8217;Heideiger n&#8217;appartiennent à leurs auteurs. Il s&#8217;agit de séparer l&#8217;oeuvre de l&#8217;artiste; personne ne se préoccupe de savoir si les statues trouvées en Grèce, les monuments de Mésopotamie antique ou les pyramides incas ont été le fait d&#8217;individus respectables. Les oeuvres sont, s&#8217;imposent, et nous parlent, en dehors de tout lien avec leurs concepteurs. On se fout de savoir qui les a réalisées, on admire par contre l&#8217;effet qu&#8217;elles produisent en nous. Une oeuvre d&#8217;art n&#8217;est pas responsable des mains qui l&#8217;ont façonnées. Le contexte peut cependant éclairer sur sa conception, sa difficulté à sortir du néant, et ainsi augmenter le plaisir qu&#8217;elle peut procurer. Le journal d&#8217;Anne Frank prend de la grandeur, à l&#8217;aune des conditions propres à sa rédaction; mais le contexte su, le verbe utilisé par une adolescente se trouve-t-il grandit ? Certes pas, cela reste une littérature secondaire, bien que sur le plan historique ce témoignage soit fondamental. En somme, la philosophie de Kundera n&#8217;est pas tributaire d&#8217;une éventuelle incartade; elle est plus haute que les vicissitudes humaines, raison pour laquelle elle nous élève.</p>
<p>Pire encore, dans mon approche, un tel crime (supposé) rend l&#8217;homme plus intéressant encore. Voilà un individu qui a commis l&#8217;impardonnable, parce qu&#8217;il vivait l&#8217;horreur. Il est faible. Il est odieux. Il est lâche. Putain, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il est&#8230; humain ! Un salop, qui avant de tenter l&#8217;évasion, poignarde et blesse pour 17 ans un compagnon de cellule. Puis il se fait la belle et, trop lâche (encore !) pour reconnaître et avouer ses fautes, enfouis dans son inconscient son acte inavouable. Et après quelques pérégrinations en Europe, il échoue en France, tombe amoureux (du pays), et cesse d&#8217;écrire dans une langue capable de faire resurgir les démons du passé. On peut &#8211; doit &#8211; dans ce cas, réprouver ses décisions. Mais quelle leçon merveilleuse, à même de nous rappeler que les hommes, ce sont nous-même qui les installons sur un piédestal. Ce qui n&#8217;est en rien justifié; la condition humaine s&#8217;applique au fort comme au faible, à celui qui passera à la postérité comme à l&#8217;oublié de tous. Croire que l&#8217;homme peut être d&#8217;un blanc immaculé tient de la comptine pour enfants. Grandissons, et acceptons que les super-héros vivent dans un univers qui ne s&#8217;ouvre que dans nos rêves. Les hommes, tous les hommes, dispensent le bien ET le mal. Certains d&#8217;entre nous penchent d&#8217;un côté plus que de l&#8217;autre, soit, mais tous nous appartenons aux deux règnes.</p>
<p>Le côté révoltant de l&#8217;affaire, c&#8217;est que malgré les dénégations de Kundera, le doute s&#8217;est installé. Il pourra nier autant qu&#8217;il le voudra, un insidieux doute s&#8217;est logé quelque part dans notre cerveau, compagnon de mauvais conseil dont on ne saurait se débarrasser. A moins d&#8217;avoir des aveux en bonne et due forme, et dans ce cas, le doute serait alors être éjecté mais pour être aussitôt remplacé par un camarade plus perfide encore, nommé déception&#8230; Doute ou déception, voilà le résultat de cette saillie. Quoi que Kundera fasse, quoi que Kundera ait fait, notre regard en sera à jamais changé. Dans les livres d&#8217;histoire, on évoquera la polémique surgie en 2008, on peindra un personnage au passé trouble, faisant le lien avec Günter Grass ou Benoît XVI,  jamais totalement résolue. Pour le pire comme pour le pire, la salissure sera associée à Kundera.</p>
<p>Qu&#8217;il est difficile de gravir les échelons de la conscience, qu&#8217;il est aisé de chuter dans le mépris par inconscience.</p>
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		<title>Il est anticonstitutionnel d&#8217;interdire de fumer dans les lieux publics à Genève</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 17:10:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis le 1er juillet de cette année, les terrasses étaient plus bondées que d&#8217;habitude dans la petite ville du bout du lac; la météo était plus ensoleillée que de coutume, assurément, mais l&#8217;entrée en vigueur d&#8217;un loi interdisant de fumer dans les lieux publics est venue renforcer cette habitude saisonnière. Or, le Tribunal fédéral a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le 1er juillet de cette année, les terrasses étaient plus bondées que d&#8217;habitude dans la petite ville du bout du lac; la météo était plus ensoleillée que de coutume, assurément, mais l&#8217;entrée en vigueur d&#8217;un loi interdisant de fumer dans les lieux publics est venue renforcer cette habitude saisonnière. Or, <a title="Arr&amp;ecirc;t du tribunal f&amp;eacute;d&amp;eacute;ral sur la fum&amp;eacute;e" href="/blog/wp-content/AutoIndex/?dir=&amp;file=ArretTFfumeeGeneve.pdf">le Tribunal fédéral a rendu aujourd&#8217;hui une décision inattendue</a> : l&#8217;initiative populaire interdisant la fumée dans tous les lieux publics a été invalidée. Il est autorisé, dès aujourd&#8217;hui et avec effet rétroactif, de fumer dans les restaurants, les bars, les discothèques. Coup de tonnerre. MM. Amaudruz, Yagchi, et Pardo, qui ont recouru contre la loi jusque-là en vigueur, se moquent de la volonté de presque 80 % des citoyens genevois. Enfin, c&#8217;est ainsi que l&#8217;on retiendra l&#8217;histoire. Ou peut-être pas.</p>
<p>Il est difficilement compréhensible que l&#8217;organe chargé de veiller à la constitutionnalité des lois, déclare qu&#8217;interdire de fumer soit anticonstitutionnel. Le goudron et la nicotine, un droit garanti par le papier le plus sacré de notre édifice ? Que nenni, il ne s&#8217;agit en rien de cela, ne brûlons pas encore nos manuscrits sacrés, emportés par notre guerre contre les fumeurs. Si acte illégal il y a eu, il ne réside pas dans le fait se lancer dans une chasse à l&#8217;intoxiqués, mais dans le mode d&#8217;adoption de la loi : c&#8217;est le Conseil d&#8217;Etat (l&#8217;exécutif) qui a légiféré, au lieu du Grand Conseil (le législatif). Cette seule règle constitutionnelle, pierre angulaire de la séparation des pouvoirs, a été bafouée. L&#8217;exécutif, sous la houlette d&#8217;un politicien zélé, s&#8217;est laissé emporté par l&#8217;enthousiasme et arrogé des droits qu&#8217;il n&#8217;a pas. Celui d&#8217;édicter des règles.</p>
<p><span id="more-677"></span></p>
<p>Alors bien sûr, le gouvernement genevois a eu beau jeu d&#8217;argumenter autour de l&#8217;urgence sanitaire, qui justifiait un tel processus d&#8217;exception. Le citoyen renchérira même, ces prochains jours, et s&#8217;époumonera à rappeler que 4 votants sur 5 se sont prononcés en faveur d&#8217;une telle interdiction. Particulièrement lorsqu&#8217;il est serveur et condamné à inhaler (pendant quelques temps du moins) les rejets délétères de ses clients.</p>
<p>En l&#8217;espèce, l&#8217;intérêt général se confond pleinement avec la volonté générale; quoi de plus frustrant que de voir les visées de quelques individualistes et égoïstes s&#8217;accomplir, même avec raison. Pire, l&#8217;un des auteurs du recours, M. <a href="http://substratum.blog.tdg.ch/archive/2008/09/30/le-conseil-d-etat-a-viole-le-principe-de-la-separation-des-p.html">Soli Pardo</a>, est issu de la mouvance de l&#8217;extrême droite suisse (UDC). Mais il convient de ne pas se tromper de cible : la séparation des pouvoirs est l&#8217;un des rares piliers duquel on ne peut se passer en démocratie. Qu&#8217;un homme de l&#8217;UDC, le parti politique<sup>[1]</sup> qui a le plus mis à mal la démocratie suisse durant ces dernières années en Helvétie, se transforme en gardien des institutions, est un signal qui devrait nous interroger. Arc-bouté sur le secret bancaire et adepte de la vidéo-surveillance, xénophobe, le parti d&#8217;extrême droite n&#8217;a pas pour habitude d&#8217;endosser un tel rôle.</p>
<p>La raison d&#8217;être de la constitution est de protéger le faible contre le fort; ce qui pourrait se traduire, dans cette fumeuse affaire, par protéger la population contre les désagréables émanations nicotinées. Mais la protection contre l&#8217;arbitraire n&#8217;est-elle pas plus importante encore ? Peut-être qu&#8217;aujourd&#8217;hui la décision de l&#8217;exécutif concorde avec la volonté populaire, et se justifie sur bien des plans. Mais que faire si demain, une décision est appuyée par un suffrage moins large, et après-demain, plus rétrécit encore ? Où fixe-t-on la limite dans la violation ? Cette décision est entièrement justifiée; néanmoins, on aurait peut-être voulu la voir prise sur un autre sujet&#8230;</p>
----<br /><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_677" class="footnote">A l&#8217;échelon suisse, car le groupe genevois est, il est vrai, beaucoup moins extrême que les sections cantonales germanophones</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Tariq Ramadan: est-il justifié d&#8217;en avoir peur ?</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Sep 2008 14:46:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 4ème festival francophone de philosophie se déroule à Genève, du 25 au 28 septembre 2008. Un programme hétéroclite, qui se devait de répondre à l&#8217;ambition de la thématique annoncée : la peur. Des intervenants économistes, sociologues, médecins ou&#8230; philosophes se sont mis en tête de répondre à nos angoisses. Et en cette soirée du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le <a title="4ème festival francophone de philo" href="http://www.festivalphilosophie.info/">4ème festival francophone de philosophie</a> se déroule à Genève, du 25 au 28 septembre 2008. <a href="http://www.festivalphilosophie.info/programme-du-festival/progamme-complet.html">Un programme</a> hétéroclite, qui se devait de répondre à l&#8217;ambition de la thématique annoncée : la peur. Des intervenants économistes, sociologues, médecins ou&#8230; philosophes se sont mis en tête de répondre à nos angoisses. Et en cette soirée du 26 septembre, l&#8217;orateur qui avait pour tâche de se pencher sur la peur de l&#8217;islam n&#8217;était autre que la quasi rock-star, l&#8217;enfant chéri des médias, l&#8217;homme qui cristallise une partie des fantasmes francophones : Tariq Ramadan. Court de rattrapage pour ceux qui étaient sur Mars ces dernières années, <a href="/blog/wp-content/files/Tariq Ramadan et Sarkozy sur France2.flv">le fameux débat Sarkozy-Ramadan sur France2</a>. C&#8217;était avant l&#8217;élection de Sarkozy.</p>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/tariq ramadan.jpg" title="Tariq Ramadan, homme au double discours ?" class="thickbox" rel="singlepic555" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/555__150x150_tariq ramadan.jpg" alt="Tariq Ramadan" title="Tariq Ramadan" />
</a>
Sous l&#8217;intitulé &#8220;la peur de l&#8217;islam, et l&#8217;islam face à nos peur&#8221;, Tariq Ramadan s&#8217;est efforcé de brosser un catalogue des différentes peurs face à l&#8217;islam, d&#8217;en démontrer leur côté parfois paradoxal, ou encore de rappeler combien le retrait des musulmans dans les sociétés occidentales est condamnable; le condamné étant&#8230; le musulman lui-même.</p>
<p>Et de rappeler que les angoisses d&#8217;une crise économique s&#8217;affronteront avec les frayeurs de l&#8217;immigration; puisque d&#8217;un côté, l&#8217;Europe se radicalise, le discours liant immigration et sécurité (et identité nationale en France, aurait-il dû ajouter) s&#8217;est banalisé, alors que dans le même envol ce continent aura besoin de dizaine de millions d&#8217;immigrés pour pallier sa population vieillissante. Le conflit d&#8217;intérêt, entre ceux pour qui l&#8217;immigration est un préjudice et ceux pour qui elle est un bénéfice, pourrait se radicaliser à l&#8217;avenir.</p>
<p>Ou d&#8217;ajouter que les musulmans ne doivent pas rester passif dans leurs sociétés; de deuxième, troisième génération (pour la dernière vague), il est temps de cesser de parler d&#8217;intégration pour les citoyens de confessions musulmanes d&#8217;origine étrangère. L&#8217;intégration, c&#8217;était la problématique de leurs parents, fantômes au milieu de sociétés qui les voulaient invisibles. On les a donc parqués hors du champs politique; le décalage vient, selon Ramadan, du fait que les générations actuelles s&#8217;impliquent, occupent l&#8217;espace public, deviennent visible. D&#8217;où le débat, puisque auparavant, on ne voyait pas ces immigrés, parqués dans des banlieues construites pour l&#8217;occasion ou des quartiers sordides. L&#8217;ancien professeur genevois plaide pour que les hommes et les femmes de confession musulmanes se saisissent de leur avenir, et prennent part autant que possible au processus décisionnels.</p>
<p><span id="more-652"></span></p>
<p>Enfin, de remarquer, presque sans sarcasme, qu&#8217;il est difficile de savoir si la démocratie et l&#8217;islam sont des modèles viables, puisque les pays musulmans &#8211; en particulier le Golfe &#8211; ne sont pas des démocraties, mais des dictatures. Et des dictatures soutenues par l&#8217;Occident, sans qui elle ne se maintiendraient certainement pas si facilement au pouvoir. Le paradoxe est ici perfide, entre ceux qui exigent, au nom de la sécurité et des idéaux, la démocratie au Moyen Orient mais qui dans la foulée, et défiant toute logique, soutiennent ceux-là même qui n&#8217;instaureront jamais la démocratie, puisqu&#8217;elle signifierait la fin de leur carrière de pétro-monarque. L&#8217;allusion de l&#8217;intellectuel était plus subtile, cependant, je suis bien trop didactique.</p>
<p>En somme, de quoi a-t-il été question : d&#8217;ouverture sur l&#8217;étranger, de remise en question des dogmes et de participation active à la communauté, ou encore de l&#8217;hypocrisie occidentale dans son refus de soutenir les forces démocratiques en terre d&#8217;islam. Ce qui m&#8217;a amené, à nouveau en écoutant Tariq Ramadan, à m&#8217;interroger sur les raisons de ses inimitiés. Enfin, de quoi parle-t-on lorsqu&#8217;on le vilipende ? Y a-t-il des faits objectifs, qui dépassent le fantasme de voir un musulman cultivé, maniant l&#8217;art oratoire avec talent, et parlant de tolérance et responsabilité personnelle ? Petit-fils du fondateur des Frères musulmans, il est vrai que l&#8217;ascendance n&#8217;est pas des plus rassurantes; mais je peine à me faire à l&#8217;idée qu&#8217;il y aurait un &#8220;double discours&#8221; Ramadan. Il a écrit des dizaines de livres, donne des interviews à la pelle, se prête au jeu des conférences à peine descendu de son avion; il a une activité bouillonnante, et il me semble, peut-être naïvement, que si il y avait hypocrisie dans ses thèses, un &#8220;double langage&#8221; les procès auraient été légion, et auraient dépassé le stade de &#8220;l&#8217;opinion&#8221;. D&#8217;autant plus qu&#8217;il n&#8217;hésite pas à condamner durement ses concitoyens, ses correligionnaires, à faire des droits de l&#8217;homme la pierre de touche de sa pensée.</p>
<p>Il ne suffit pas de se déclarer intellectuel, réformiste, humaniste pour l&#8217;être; mais il ne suffit pas non plus de taxer d&#8217;hypocrite &#8211; l&#8217;une des pires insultes pouvant être proférée à l&#8217;encontre d&#8217;un musulman &#8211; un individu, même si répété à l&#8217;unisson, pour qu&#8217;il le soit. Encore faut-il le démontrer.</p>
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		<title>How to add a search function to NextGen gallery wordpress plugin</title>
		<link>http://www.ikiru.ch/blog/2008/how-to-add-a-search-function-for-nextgen-gallery-wordpress-plugin</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Sep 2008 21:59:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Computering]]></category>
		<category><![CDATA[blog]]></category>
		<category><![CDATA[wordpress]]></category>
		<category><![CDATA[gallery]]></category>
		<category><![CDATA[NextGen gallery]]></category>
		<category><![CDATA[plugin]]></category>
		<category><![CDATA[search]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ikiru.ch/blog/?p=651</guid>
		<description><![CDATA[NextGen gallery is quite a nice plugin. But it lacks a function, a very obvious one&#8230; the possibility to search inside the pictures name, alternative text or description. Wouldn&#8217;t be nice if you can, with only one search query, display pictures from your gallery matching the searching terms, as well as you posts?

I&#8217;m not a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://alexrabe.boelinger.com/wordpress-plugins/nextgen-gallery/">NextGen gallery</a> is quite a nice plugin. But it lacks a function, a very obvious one&#8230; the possibility to search inside the pictures name, alternative text or description. Wouldn&#8217;t be nice if you can, with only one search query, display pictures from your gallery matching the searching terms, as well as you posts?</p>
<p style="text-align: center;">
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/wp-plugin-ngg-search.jpg" title="How the result page is for a search query running through both post and picture database" class="thickbox" rel="singlepic556" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-center" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/556__400x195_wp-plugin-ngg-search.jpg" alt="add a nextgen gallery search to wordpress" title="add a nextgen gallery search to wordpress" />
</a>
</p>
<p>I&#8217;m not a coder. Not at all. But it still works like a charm. If you know how to edit you theme, here are the modifications you have to go through:</p>
<ol>
<li>Add this <a href="/blog/wp-content/AutoIndex/?dir=&#038;file=wordpress-nggplugin-search-call.txt">code</a> in your file search.php (inside your template folder), right after<br />
<code>&lt;h2 class="pagetitle"&gt;Search Results&lt;/h2&gt;</code><br />
or somewhere (depending your template) after<br />
&lt;?php if (have_posts()) : ?&gt;,<br />
otherwise it wouldn&#8217;t find the pictures. Pay a special attention to the line<br />
<code>$nggpictures = ngg_get_search_pictures($keywords, '');</code><br />
since on the second function argument ( &#8221; ) you may indicate the number of pictures you want to display on each row result. IE, if you want to get 6 pictures displayed on each row, you have to change the line to<br />
<code>$nggpictures = ngg_get_search_pictures($keywords, '6');</code><br />
By default, 4 pictures for each row are displayed. Note that you may also split the code, and put a part before and another part after the &lt;?php while [...] ?&gt; function with the result to display pictures (if relevent) even if there is no post. That&#8217;s a bit more advanced, but people with advanced php skills won&#8217;t need any complementary explanation to achieve that.</li>
<li>Add this <a href="/blog/wp-content/AutoIndex/?dir=&#038;file=wordpress-nggplugin-search-function.txt">code</a> (or this <a href="/blog/wp-content/AutoIndex/?dir=&#038;file=wordpress-nggplugin-search-function2.7.txt">code</a> if you use NexGen 1.0) anywhere in your file functions.php (inside your template folder, create one if you don&#8217;t have any)</li>
</ol>
<p>That&#8217;s all ! Have a look to my searchbar, and see how it works. Try with &#8220;jim lobe&#8221; or <a href="/blog/index.php?s=jim+lobe">click here</a>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford</title>
		<link>http://www.ikiru.ch/blog/2008/lassassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Sep 2008 11:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Psykotik</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[andrew dominik]]></category>
		<category><![CDATA[Brad_Pitt]]></category>
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		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[jesse james]]></category>
		<category><![CDATA[L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford]]></category>
		<category><![CDATA[mythe]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que la dernière Frontière américaine s&#8217;est effondrée, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l&#8217;un des grands criminels de la fin du XIXe siècle, l&#8217;inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs héros. Comment un bandit et assassin accède-t-il à un tel statut ? Vu à travers les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que la dernière Frontière américaine s&#8217;est effondrée, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l&#8217;un des grands criminels de la fin du XIXe siècle, l&#8217;inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs héros. Comment un bandit et assassin accède-t-il à un tel statut ? Vu à travers les yeux de celui-là même qui mettra fin à ses jours (mais non à son mythe), une tentative d&#8217;explication d&#8217;Andrew Dominik dans <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'L&#8217;assassinat+de+Jesse+James+par+le+lâche+Robert+Ford', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=l&#8217;assassinat+de+Jesse+James+par+le+lâche+Robert+Ford' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">l&#8217;assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford</a></span>, qui signe là une oeuvre magistrale, contemplative et sensuelle. Un régal, que le jeu des acteurs, la maîtrise des images (Dominik a été régulièrement comparé à Terence Mallik, c&#8217;est dire) assaisonnent pour donner toute sa saveur à ce film hors normes. Il n&#8217;est pas dit, après ce long-métrage, qu&#8217;on puisse dépoussiérer sans crainte un tableau, ou lire sans paranoïa les titres d&#8217;un journal.</p>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/jesse_james-cropfield.jpg" title="Two murderers talking about the assassination of Jesse James" class="thickbox" rel="singlepic554" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/554__150x65_jesse_james-cropfield.jpg" alt="Jesse James crop field" title="Jesse James crop field" />
</a>
Jesse James était plus connu à son époque que le président des Etats-Unis. Sudiste convaincu &#8211; les Nordistes lui ont fait subir mille maux &#8211; il se lance dans les attaques de banques et de trains. Avec pour justification première l&#8217;idée de représailles contre le nouveau gouvernement, il ne s&#8217;embarrasse plus par la suite d&#8217;aucune justification. Un homme troublé, aux motivations vénales et au goût exacerbé pour la violence, mais un homme avant tout. Dans une ouverture lyrique, poétique sur la duplicité et la faiblesse, on découvre le hors-la-loi le plus célèbre du pays évoluant dans son milieu. Il aime ses enfants, mais leur ment. Il aime tuer, mais ne rechigne en rien à prendre du bon temps avec les commerçants de sa ville, dans laquelle il vit sous une fausse identité. Le regard dans le lointain, Jesse James (Brad Pitt) se demande pourquoi la Création l&#8217;admire tant; si sa reconnaissance était justifiée, pourquoi souffrirait-t-il autant ? Le spectateur s&#8217;interroge, avec lui, sur une Création parfois incompréhensible. Bardés d&#8217;émotions dès les premières secondes, il s&#8217;engouffre dans des temps lointains, l&#8217;époque des mythes et des légendes, un monde de gangster sur fond de plaines désertes.<br />
<span id="more-649"></span><br />

<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/jesse_james-caseyaffleckbegging.jpg" title="The murderer of Jesse James begging for a job" class="thickbox" rel="singlepic552" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-right" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/552__150x65_jesse_james-caseyaffleckbegging.jpg" alt="Jesse James Casey Affleck begging" title="Jesse James Casey Affleck begging" />
</a>
Timide et ambitieux, Robert Ford (stupéfiant Casey Affleck, nominé aux Oscars du meilleur second rôle) ne demande qu&#8217;à suivre la bande de Jesse James. Maladroit et inexpérimenté, mal assuré dans un monde où l&#8217;assurance est une seconde nature. Le spectateur s&#8217;interroge sur ce qu&#8217;il peut bien avoir en commun avec de tels assassins. Mais, poussé par un besoin de reconnaissance qu&#8217;il ne comprend pas tout à fait, Ford réussit a rejoindre le gang et devenir acolyte de celui qu&#8217;il a suivit toute son enfance dans des romans bon marché, le légendaire Jesse James. Introduit par son frère, le novice fait ses premières dents en attaquant un train; de là, il ne cessera de se rapprocher &#8211; physiquement &#8211; de son modèle, mais aussi de &#8211; spirituellement &#8211; s&#8217;en éloigner. </p>
<p>Une étrange quête rassemble les deux individus, une recherche qui les brûlera tels des papillons s&#8217;étant approchés trop près du feu.</p>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/jesse_james-bradpitt.jpg" title="Jesse James qui fait part de ses moments de folies, de ses angoisses, à son futur assassin" class="thickbox" rel="singlepic551" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/551__150x65_jesse_james-bradpitt.jpg" alt="Jesse James incarné par Brad Pitt" title="Jesse James incarné par Brad Pitt" />
</a>
Jesse James est un incompris. Glorifié par ses contemporains, affable avec l&#8217;entourage qui ignore tout de ses vraies activités, il dissimule en lui une bête immonde qu&#8217;il ne contrôle plus lorsqu&#8217;il mène ses affaires. N&#8217;hésitant pas à maltraiter un enfant, excité par le meurtre, capable de tuer sur simple soupçon ses acolytes, son autre moi, plus civilisé, observe et souffre de ne pas réussir à tenir en laisse cette part sombre. S&#8217;interdisant toute faiblesse, il ne parle à personne de sa maladie, il navigue a vue dans une vie où le gouvernail est grippé, avec sa paranoïa pour seul compagnon. Il s&#8217;enfonce dans la dépression, incapable de trouver une porte de sortie.</p>
<p>Robert Ford est un incompris. Frustré de ne pas être aimé par ses contemporains, cadet d&#8217;une série de cinq enfants, il peine à exister. Il s&#8217;évade ainsi dans sa prime jeunesse au moyen d&#8217;histoires de bandits de grand chemin. Il aspire à vivre la vie de James, il veut qu&#8217;on le reconnaisse, que les journaliste se battent pour une interview, que les biographes le harcèlent. Il se languit d&#8217;une maîtresse nommée gloire. Mais lorsque son mentor le dédaigne, en raillant sa naïveté, sa maladresse, sa jeunesse, il ourdit son assassinat. Tuer son modèle masculin, entrer dans l&#8217;histoire : un processus vieux comme le monde. </p>
<p>
<a href="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/lost_highway/cinema/jesse_james-caseyaffleckgun.jpg" title="The murderer of Jesse James playing with the gun offered by Jesse James" class="thickbox" rel="singlepic553" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/gallery/cache/553__150x65_jesse_james-caseyaffleckgun.jpg" alt="Jesse James Casey Affleck playing with a gun" title="Jesse James Casey Affleck playing with a gun" />
</a>
Les deux hommes aspirent à la reconnaissance de ce qu&#8217;ils sont vraiment. Parce qu&#8217;il ne peuvent crier à la face du monde quels êtres diaboliques ou magnifiques ils sont, leur insatisfaction se mue en besoin de meurtre. Jusqu&#8217;à ce que Jesse James, n&#8217;en pouvant plus, et ayant décelé l&#8217;ambition de Ford, décide d&#8217;en finir. Il a découvert dans un journal local la future trahison de ses compagnons, mais il est las d&#8217;une lutte dans laquelle il ne pourra jamais avoir le dessus, fatigué du mensonge, de la solitude, de la folie qui le tourmente; James, comme dans un rêve, pose des armes dont il ne se sépare d&#8217;habitude sous aucun prétexte, et tourne lentement le dos à Ford. Dans le reflet d&#8217;un tableau qu&#8217;il remet en place, il voit sa Faucheuse armée d&#8217;un revolver qu&#8217;il lui a lui-même offert; il lui offre maintenant sa vie, qu&#8217;il en dispose, il n&#8217;a plus la force de se battre. Ford, pétrifié, commet l&#8217;acte libérateur, et lui met une balle dans la tête : le héros est mort, vive le héros ?</p>
<p>Pas tout à fait. Tout comme la vie de hors-la-loi de James ne collait pas à ses espérances, celle de Ford se révèle rapidement décevante. Bombardé &#8220;assassin de Jesse James&#8221; pour l&#8217;Amérique entière, il devient tout aussi prestement &#8220;lâche assassin de Jesse James&#8221;. Les citoyens sont passionnés par sa trahison qu&#8217;il monte en pièce de théâtre et interprète à des centaines de reprises dans le pays. Mais ce qu&#8217;il ne tarde pas à comprendre, c&#8217;est qu&#8217;on vient rendre un dernier hommage au héros, comprendre comment un insignifiant personnage a pu les priver de son brigand bien-aimé, mais certainement pas pour admirer son &#8220;lâche assassin&#8221;. Le propre d&#8217;un mythe, c&#8217;est de survivre à sa mort; les acclamations convoitées par le jeune meurtrier ne viendront jamais, il courait derrière des chimères. Ford aurait pu saisir pourtant, lors de sa rencontre initiale avec sa victime, l&#8217;inanité des mythes et combien leur charpente ne se supporte pas son occupation par un autre résident; après tout, il clame lui-même que les légendes vont de pair avec l&#8217;usurpation. Mais il n&#8217;en a rien été, sa myopie s&#8217;est nourrie de son ambition; la roue tourne, et lui qui est resté hors d&#8217;atteinte du panthéon, se fera à son tour refroidir par un inconnu. Il ne fera l&#8217;objet d&#8217;aucun culte, jeté dans les poubelles de l&#8217;histoire.</p>
<p>Explorant la construction du mythe dans une époque en mal (?) de héros, Andrew Dominik cherche à désacraliser. Les hommes sont avant tout des hommes, des colosses aux pieds bien fragiles. Le propre du mythe est de ne pas s&#8217;embarrasser de vérité; les fidèles de Jesse James avaient-ils tout à fait conscience de respecter un malfrat ? Avec finesse et tendresse, sans jamais sombrer dans la complaisance vis-à-vis des criminels, Dominik s&#8217;intéresse à la fragilité et non à l&#8217;héroïsme. Les deux protagonistes se posent en lâches, misanthropes, égoïstes, mais qui rêvent d&#8217;être aimés pour ce qu&#8217;ils sont, et qui, frustrés, haïssent ceux qui se refusent à leur requête. Au final, qu&#8217;est-ce qui distingue James de Ford ? Trois fois rien, égrène Ford dans une liste de points communs qu&#8217;il partage avec James. Et pourtant, l&#8217;histoire choisira de n&#8217;en garder qu&#8217;un. La mythologie n&#8217;est pas une science exacte, et Dominik se borne ici a expliquer le comment, en nous laissant démêler le pourquoi.</p>
<p>Le thème central du film, plus encore que celui du mythe, repose sur les frêles épaules de Ford : comment trouver sa place dans un monde hostile ? A l&#8217;allure insignifiante, doté d&#8217;une voix nasillarde qu&#8217;on voudrait faire cesser, Ford n&#8217;est personne. Dans sa famille, il est le cinquième enfant, rien ne le distingue. A la ville, il est une ombre, un fantôme qu&#8217;on oublie aussi vite qu&#8217;on l&#8217;a vu. Effacé, il cherche à se redessiner, à travers des rêves d&#8217;enfants, suivant les &#8220;exploits&#8221; de Jesse James dans les romans qui le mettent en scène. Puis, parvenu à faire équipe avec le héros de son enfance, il comprend que l&#8217;histoire ne retient pas les seconds couteaux; les ricanements de James lui font l&#8217;effet d&#8217;une douche froide. Dès lors, son mentor se transforme en un obstacle dressé sur son chemin vers la postérité; faisant fi de l&#8217;amitié offerte sur un plateau de repentir, où l&#8217;idole des Américains lui fait part en toute confiance de sa difficulté à s&#8217;accepter, l&#8217;ambition et la frustration de Ford se chargent d&#8217;appuyer sur la gâchette d&#8217;une arme symbolisant le passage de témoin de héros à héros.</p>
<p>Film contemplatif et se produisant dans l&#8217;univers où les aiguilles se sont arrêtées de tourner, <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'L&#8217;assassinat+de+Jesse+James+par+le+lâche+Robert+Ford', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=l&#8217;assassinat+de+Jesse+James+par+le+lâche+Robert+Ford' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">l&#8217;assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford</a></span> fait partie de ces films qui ternissent, au nom de la vérité, l&#8217;éclat sexy du Far West. Ou plutôt, qui rappellent que derrière les histoires d&#8217;Ouest lointain, des hommes sont soumis aux affres de la condition humaine. Bien sûr, on peut se rappeler du <span class="link-imdb"><a class="highslide" onclick="return hs.htmlExpand(this, { objectType: 'iframe', width: 540, objectWidth: 540, objectHeight: 350, headingEval: 'this.a.innerHTML', headingText: 'Unforgiven', wrapperClassName: 'titlebar', src: 'http://www.ikiru.ch/blog/wp-content/plugins/imdb-link-transformer/inc/popup.php?film=Unforgiven' } );" href="#" title="open a new window with IMDb informations">Unforgiven</a></span> d&#8217;Eastwood, mettant en scène un héros vieillissant. Mais Dominik ose aller plus loin que ce dernier : Jesse James n&#8217;a jamais été un héros. Son métier consistait à piller et tuer; l&#8217;âge n&#8217;est pas la raison de sa déchéance, mais plutôt une sociopathie gage d&#8217;excellence dans sa profession. Une folie à l&#8217;origine de&#8230; sa gloire, précisément. Peut-être le premier a-t-il pavé la route au second, comme c&#8217;est souvent le cas, mais on peut, sans mauvaise foi, affirmer que le second a&#8230; assassiné son modèle. </p>
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