Brésil: Crack en stock

Francis, écrit toujours sur le Brésil, avec une constance que j’envierai presque! Son dernier post en date est sur le crack au Brésil, et comme la drogue est un sujet qui m’intéresse depuis fort longtemps, je ne peux que recommander sa lecture:

Puis-je tout dire sur le Brésil, sur mon Brésil – insensé pari – sans parler du crack ? Hélas non. Le crack fait partie de mon Brésil au quotidien. Rares sont les jours où je ne donne pas une pièce d’un real à un flanelinha(1) décharné, les yeux injectés de sang, définitivement fatigué. Deux remarques : d’abord, ce portrait à grands traits qui tient du cliché n’est que trop vrai ; ensuite, que le lecteur ne conclue pas que tous les flanelinhas sont accrochés au crack !

[...]

Il y aurait deux millions de consommateurs à travers le Brésil. Invérifiable, évidemment, mais l’épidémie continue de se propager, personne n’en doute. « O que fazer ? », dit-on avec fatalisme. Le monde glisse doucement à sa perte, le crack est une composante de sa faillite parmi d’autres. Révolution ! Nous ne nous en sortirions et nous sortirions les damnés du crack que par une révolution. Mais qui croit encore à un possible sursaut quant tout est fait pour nous condamner à la torpeur ?

A lire en entier ici

« Pequeñas voces » le film sur le conflit colombien vu part des enfants

Un magnifique projet vient de voir le jour: « Pequeñas Voces » (petite voix). C’est un film basé sur des entretiens et des dessins fait par une génération d’enfants déplacés (8 à 13 ans) qui on grandi au milieu de la violence et du chaos colombien.
Une ou des histoires pour pleurer un peu.
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Les « indignés » de l’Institut Universitaire Européen


J’ai malheureusement peu de temps pour blogguer, mais je me devais un petit post pour raconter ce qui se passe sous ma fenêtre. La semaine dernière le président de l’Europe (celui qui est censé sauter en dernier du bateau lorsqu’il coule), Van Rompuy, est venu donner un petit discours néolibéral, vantant les bienfaits du marché et de la crise (enfin des mesures d’austérités). Il venait confiant, sûr de lui et de son public, il a du être un peu déçu, au sein même des institutions européennes il y a des gens pas content, qui demande plus de démocratie.
Le collectif prezzemolo (j’en parlais ici) a réalisé une action assez subtile à l’intérieur (un peu moins à l’extérieur) de l’institut, critiquant la construction peu démocratique de l’Europe.
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Je reproduis ici une partie du discours du collectif, trouvable en version complète ici:

Nous devrions nous assoir comme des sujets obéissants et écouter silencieusement et docilement un discours sur les défis économiques et politiques qui attendent l’Europe, prononcé par un des architectes mêmes de la crise politique, économique et sociale qui se déroule en ce moment même : l’élite politique et financière européenne.
Toutefois, la crise de la démocratie dans l’Union Européenne est bien plus insidieuse que la simple nomination d’une figure présidentielle. L’éthos antidémocratique a infiltré les structures mêmes de l’Union, comme le mépris constant pour l’expression de la volonté populaire des citoyens l’a montré à plusieurs reprises. Une volonté populaire ignorée après les référendums français et hollandais, et à deux reprises dans le cas de l’Irlande. La détérioration continue des standards démocratiques a été de nouveau récemment révélée par la réaction outrée de l’UE face à l’effort du gouvernement grec de rechercher l’assentiment populaire face à l’étau financier imposé à son pays. On ne se contente plus d’ignorer les expressions de la volonté populaire. Il devient désormais inadmissible de consulter le corps électoral européen.

Et leur clin d’œil luthérien: les 95 thèses

L’événement a été amplement couvert par la presse, voir la liste des articles ici. Et ici un que je trouve particulièrement bien.
Et la vidéo suivante est l’interview du camarade Pietro:
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Chef des FARC « Alfonso Cano » tué par l’armée colombienne

La rumeur de ces derniers jours a été confirmée, Alfonso Cano, qui a remplacé Tirofijo à la tête des FARC il y a trois ans a été abatu par l’armée colombienne. Je disais à ce moment

La nouvelle tête des FARC, Alfonso Cano, est réputée brillante et plus politique, il serait donc judicieux de penser à une proposition de négociation intéressante. Le gouvernement, qui doit de toute manière continuer son travail armé, a une opportunité probablement historique de négocier avec les FARC.

Santos a souvent dit que la porte de la négociation n’était pas fermée, mais que c’était la guérilla qui devait montrer de la bonne volonté. Après la mort de Tirofijo, Reyes, Ivan Rios, Mono Jojoy et maintenant Alfonso Cano, c’est presque tout le secrétariat général historique des FARC qui disparait. La cohérence et la structure de la guérilla prend un sacré coup, il ne serait d’ailleurs pas étonnant de voir quelques disputes internes pour le pouvoir. Cependant, même si on peut prévoir un certain nombre de démobilisation faisant suite à cet événement, la guérilla est extrêmement bien organisée et ne va pas disparaitre pour autant. Les nouveaux leaders sont moins connus -ils n’ont pas participé aux diverses négociations sur-médiatisée – ce qui est un avantage pour eux.
Le président parle bien sûr d’un coup historique, qui tombe à pic pour le gouvernement qui est sous le feu des critiques de la part des Uribistes pour son manque de fermeté envers les FARC.
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Anonymous défie los Zetas

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Anonymous, le célèbre « mouvement » de hackers se lance dans un nouveau type d’action, il s’attaque au non moins célèbre « Zetas », un gang/cartel mexicains sanguinaires:

Big Browser :

Dans ce message, un homme masqué, qui dit appartenir aux Anonymous « de Veracruz, au Mexique, et dans le monde », déclare être « fatigué du groupe criminel les Zetas, dédié aux enlèvements, au vol, à l’extorsion ». Il prétend connaître les noms d’officiers de police, de journalistes, de chauffeurs de taxis travaillant avec les Zetas et menace de les révéler samedi si un membre du groupe de hackers, kidnappé dans la ville côtière de Veracruz n’est pas relâché. « Vous avez fait une grave erreur en prenant l’un des nôtres. Libérez-le », dit le message.

Intéressant de noter que n’importe qui peut devenir « membre » des Anonymous, en le déclarant. J’avoue que le possible résultat ce cette action m’intrigue pas mal. Affaire à suivre.

Gustavo Petro nouveau maire de Bogotá

Comme prévu Gustavo Petro gagne largement (32%) les élections municipales à Bogotá. Peñalosa (24%) perd pour la deuxième fois de suite, et les deux fois avec le soutien d’Uribe. Parody fait un petit score (16%), j’attendais un peu mieux, son alliance de dernière minute (avec Vinasco) lui a peut être joué un mauvais tour. Les résultats complet ici.
Le parti de gauche (Polo Democratico) disparait de la carte, et cela même au niveau national.
« Mon » candidat au conseil de la ville est réélu.

Veille d’élection

Les dés sont jetés ou presque. Apparemment c’est la première fois dans l’histoire de Bogotá qu’il y a eu autant d’incertitude, moi j’ai l’impression qu’on disait la même chose il y a quatre ans, enfin si les journaux le dise, croyons le.
Les temps ont changé depuis mon dernier post, Mockus qui s’était senti trahi par Peñalosa après son alliance avec Uribe, avait décidé de se présenter à la mairie. C’était presque évident qu’il allait chercher une alliance avec un autre candidat et comme il n’a jamais vraiment décollé dans les sondages, stagnant autour des 12%, il fallait qu’il trouve une sortie décente. Pendant un temps il y a eu des discussions avec le camp de Petro, mais ça n’a pas abouti. Trop différents? ou trop orgueilleux? Le fait est que Mockus a fini avec Parody, ex-uribiste, mais contrairement à ceux-ci elle a une éthique. Elle est même assez « solide » dans sa formation, ancienne sénatrice, et avec cette alliance est devenue une option possible pour la mairie. Son gros défaut est que c’est une bourgeoise qui ne connait pas vraiment les quartiers pauvres de Bogotá (ce qui représente une grande partie de la ville). Elle a donc continué à chercher des alliances et a trouvé à la dernière minute le commentateur sportif qui avait fait la surprise il a 4 ans: William Vinasco. Il est populaire dans les classes populaires… difficile de comprendre comment Mockus a suivi, mais 3 jours avant les élections l’éthique passe après la stratégie.
Le trio de tête est donc composé de Petro, Peñalosa et Parody. Sans chercher très loin on peut imaginer que Peñalosa a déjà perdu (à moins qu’Uribe lui trouve des bus rempli de gens qui iraient voter). Le grand favori est Petro, il a réussit à créer un mouvement, quoique un peu désorganisé, qui devrait lui garantir la victoire, mais pas la majorité au conseil. A moins que Parody crée la surprise, mais les derniers sondages la place tout même loin derrière Petro. Élue ou pas, Parody a fait sa place dans la politique de la capital, on la reverra bientôt sans aucun doute.
Demain Bogotá devrait retrouver un maire (l’ancien est toujours suspendu)!

Un hommage

Fernando Peñuela, acteur de théâtre (et un peu de télénovela), dramaturge, écrivain, musicien, prof … et j’en passe, est mort il y a deux jours, théâtralement. Les principaux journaux, Semana, El Espectador, El Tiempo, rendent hommage à ce personnage de la scène artistique colombienne.
En mémoire des nombreux moments passé avec lui, voici une petite video publiée ici même il y a quelque années, lors d’une de ces nombreuses fêtes du théâtre de la Candelaria. « Camino verde »
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