Les FARC annoncent un cessez le feu de 2 mois

L’annonce a été faite ce matin à Cuba, lors du début du deuxième round de négociations. Ivan Marquez, le chef, a affirmé que le secrétariat des FARC ordonnait la fin des opérations militaires offensives contre la force publique. La réciproque n’est pas vraie pour autant, le gouvernement colombien a clairement dit à plusieurs reprises que tant qu’un accord de paix ne serait pas signé, il n’y aurait pas de trêve.
Mais cette marque de bonne volonté des FARC est un bon départ pour ce deuxième round qui ne s’annonce pas facile, les thèmes sur la table des négociations sont tout simplement le développement agricole, la fin du conflit, ou le trafic de drogues.
Même Gontard, l’ancien émissaire suisse qui a eu quelques problèmes avec le gouvernement colombien suite à son travail de médiateur (qui termina par un non-lieu), se disait optimiste il y a quelques jours.
Rêver ne coûte toujours rien!!

Sandy, le bilan

Deux semaines sont passées depuis que Sandy a ravagé Haïti et Cuba, coupé le wifi à New York et mouillé Washington. Au moment des faits, et parce que les médias occidentaux ont fait un foin immense avec la super tempête, je me suis senti obligé d’écrire à ma famille et mes amis un petit mail pour leur raconter ce qu’il se passait sous ma fenêtre. A ce moment là je me suis dit qu’il ne valait pas la peine de le publier sur mon blog, et je me disais que tout le monde n’apprécierait pas forcément le second degré. Mais depuis de l’eau a coulé sous les ponts, alors … en direct, de Washington, ça donnait ça:

JOUR 1: 29 octobre 2012

Le début de la fin du monde approche, une petite idée de ce qu’il pourrait ce passer en décembre est en train de se dérouler sous nos yeux à Washington DC (USA). La situation est de pire en pire, le vent souffle par rafale (comme l’avion) atteignant facilement les 120 km/h (au moins, voir plus). La pluie torrentielle a déjà inondé les trottoirs, les feuilles s’envolent comme des feuilles en automne, et la pluie tombe vers le bas, le haut, de tous les cotés. Mais pour vous, cher lecteurs, nous avons été braver les soubresauts du climat en plein réchauffement ––enfin il fait plus froid que la semaine dernière, mais comme nous avons transpiré cela signifie que le climat global se réchauffe–– et nous avons chaussé nos baskets, mis nos coupe-vents (haglouf bien sûr, car eux seul peuvent fendre un ouragan) et nous sommes partis faire un footing à travers Washington DC pour avoir une idée de ce qui nous attend en décembre. Le résultat est spectaculaire, et il faudra vraiment s’accrocher en décembre – mais pas aux poubelles, car elles volent-. TOUS, je répète TOUS, les trottoirs sont mouillés, et vraiment mouillés. Les rues ont été désertées, tous les bureaux ont été fermés, personne n’est venu à DC, seules quelques voitures, de temps à autres passent, ce sont majoritairement des voitures de police ou des ambulances venues sauver les chiens ou chats mouillés perdus dans les jardins avoisinants.
BREF, la situation est désastrofique, le monde s’effondre….

Le soir venu, la situation EMPIRE, les trottoirs sont plus mouillés et les feuilles volent plus vite.

La nuit vers JOUR 2

piuuuuuuu — le courant a presque été coupé, mais on n’a pas vu, parce qu’il n’a pas été coupé chez nous. Les arbres se couchent, mais se relèvent quand la rafale est passée. Les feuilles s’envolent toujours comme en automne (c’est l’automne ça tombe bien).
Ensuite on dort, alors il y a un trou dans l’histoire.

JOUR 2

Le matin est calme, un peu de vent, et les trottoirs sont toujours mouillé. Il pleut, que vers le bas cette fois.
Le midi est calme aussi.
L’après-midi est encore calme.
On s’ennuie, on a eu la flemme d’aller courir de nouveau, alors on va au cinéma. [On a vu Argo, je vous le recommande]

BREF, un ouragan est passé, et on ne l’a même pas vu (c’était mieux en juillet, au moins les arbres avaient volé avec les feuilles), les journaux vous mentent. New York a pris l’eau, mais c’est pas trop grave selon les sources sur place, par contre à Haïti c’est la merde, et Cuba on sait même pas.
Demain tout le monde au boulot de nouveau.
Priez avec nous pour qu’Obama gagne.

Depuis Obama a gagné, et on est content, Sandy lui a peut-être donné un coup de pouce. Et ce n’est pas le seul qui a su profiter de Sandy. Les surfers se sont bien amusés… Ça donne envie, vivement que je vive au bord de la mer!

Hurricane Sandy | South Florida from Cavin Brothers on Vimeo.

Obama ne m’a pas laissé dormir

La campagne a été longue, tellement longue que ça a fait pleuré des petites filles.
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J’avoue que ma passion pour la politique a presque trouvé ses limites. J’en ai eu presque marre de toujours devoir choisir les hamburgers et cocktails « blue » à l’honneur d’Obama dans tous les bars et bistrots où j’ai été récemment.
Obama a gagné, on est content, on s’est couché tard, on a eu peur pour l’Ohio et la Virginie (l’état, pas la fille).
On a même fait un don de dernière minute pour cette campagne qui a coûté des billions. Et FINALEMENT Obama a gagné … piouf, c’était serré, mais finalement la victoire est assez belle, la grande majorité des états « swing » ont penché du coté démocrate, il manque encore les résultats en Floride, mais il y a de forte chance pour que Obama la gagne aussi. Du coup hier soir j’ai même bu un cocktail rouge -tout aussi fade que le blue démocrate. Obama a fait son beau discours, très nationaliste et avec dieu un peu à toutes les sauces, mais beau quand même. Il a même mentionné le réchauffement climatique, c’est dire!
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C’est peut être tordu de ma part, mais depuis Sandy (la tempête), j’étais redevenu confiant sur la victoire d’Obama, mais d’ici a rêver que la Floride (oui oui j’anticipe) et la Virginie allait être démocrate, wauuu. Le quartier où je vis -à Washington, DC- a dignement fêté ça. C’est un quartier historiquement noir et DC a voté à 91% démocrate, donc les 3 républicains de la ville se sont fait tout petit hier soir.
Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, l’herbe est devenu légale dans le Colorado, le mariage se démocratise dans le Maryland, la première sénatrice ouvertement homosexuelle (représentante du Wisconsin) a été élue pour la chambre nationale.
La fin de l’année 2012 sera plus douce.

Mexico city, la révolutionnaire


Le temps file, toujours ou presque, et l’énormité de Mexico DF n’aide pas. Les heures passées dans les transports réduisent encore un peu plus les journées. Pourtant, parfois, au coin de la rue, le temps change marque une pause, de manière aussi soudaine qu’inattendue.
La casa azul de Frida Khalo, les fresques murales de Diego Rivera, la tombe de Trosky … le temps n’est plus le même, il s’est arrêté, un peu nostalgique, un peu révolutionnaire.

Et bien sûr sans oublier Zapata, par Lila Downs, « Zapata se queda »
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La blague du jour

Les quelques promenades que j’ai le temps de faire pendant mon séjour à Mexico City sont vraiment géniales. Je pourrais en raconter quelques unes, ça viendra sûrement, mais là j’avais plus envie de partager la blague du jour…
Voyez plutôt la photo:

Oui, Mexico accueille en novembre un world forum blabla. Les deux invités de marque sont simplement Lance Amstrong -cycliste, septuple vainqueur du tour de France, avéré dopé, et déchu de ses titres – et Alvaro Uribe – ex président colombien, avéré corrompu, tout son gouvernement est en prison ou en fuite.
Bref des vrais champions, j’en ai presque eu la larme à l’œil!

Stand up Paddle Board

Les retours dans mes alpes sont toujours sources de quelques trucs bien drôles. A part les classiques, comme le chocolat, le fromage, la famille et le potes, il y a aussi d’autres petites surprises, comme le miel ou cette année le Stand up Paddle Board… Je tente même pas la traduction française, ça tiendrait pas debout. Le truc est une grande planche où on se pose dessus (enfin debout) et on rame. Ballade pépère ou course… c’est bien sympathique, et peut être assez physique. La cerise étant quand tu attrape gentiment l’aspiration du bateau qui passe… plus facile pour gagner les courses :)
Le grand avantage (j’avoue) est qu’un de mes ami importe les plus belles planches du marché français … Rogue, une marque ricaines. Donc, bien sûr, j’ai tout testé et fait plouf 50 fois. Après plusieurs tentatives, la version « course » m’a bien plu… mais je crois que je recommanderais quand même la verte, plus rando et plus accessible – ou en d’autres mots, moins casse-gueule.

Mexique: à l’ombre du cri de l’indépendance

Hier, sur la place Zocalo à Mexico DF, la fête nationale mexicaine n’était pas exactement la même que d’habitude (selon les dires des locaux car comme c’était la première fois que je voyais ça je n’ai aucun élément de comparaison). En image cela donne:
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Étonnamment -ou pas- la télé nationale n’a montré aucune image des manifestants, et quelques seconde après le « Viva Mexico » du président Calderon, les images de la fête ont été coupées… un joli match de boxe a occupé tout le monde jusqu’à la fin de la nuit.

Le miel et les abeilles

Ceux qui me connaissent, ou suivent ce blog depuis longtemps (cf ici), savent que le miel est une de mes drogues favorites. La récente disparition autant massive qu’inexpliquée des abeilles est un sujet qui me préoccupe beaucoup, et s’il s’avérait que des êtres humain en particulier seraient derrière tout ça je n’hésiterais pas à militer pour que la Cour Pénale Internationale les poursuive en justice pour génocide et crime contre l’humanité.
Bref, j’aime les abeilles, et comme le hasard fait parfois bien les choses, je me suis retrouvé dans mes alpes au moment de la récolte du mois d’août dernier. Alors, voici quelques photos:


Nabusimake: le carrefour des étoiles


Un matin comme un autre à Valledupar –une bourgade colombienne sympathique– nous avons embarqué dans un 4*4, un vieux camion, pick-up qui roule tout au plus à 20 km/h. La route débute, comme n’importe laquelle, sans charme réel. Cependant au fur et à mesure que la route devient impraticable, que les trous sont plus fréquents que les parties plates et qu’ils deviennent toujours plus grands, aussi grands que le véhicule lui-même, la route, elle, devient envoutante.
Le chemin n’arrête pas de monter, monter, il grimpe vers les sommets de la Sierra Nevada. Les points de vue n’en finissent pas de défiler à droite, à gauche, de tous les côtés. Les trois citadins que nous sommes avons du mal à gérer, entre s’accrocher aux barres du pickup et ne pas se taper la tête partout et regarder les cimes et le lever du soleil. Pendant ce temps à côté, les locaux dorment, sans broncher comme si les trous, je veux dire les cratères, ne les affectaient pas.

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Colombie: les FARC et le gouvernement négocient

Hier, 4 septembre 2012, le président Santos et le chef suprême des FARC Timochenko ont annoncé, l’un depuis Bogotá et l’autre depuis la Havane, l’ouverture de négociation de paix.
Après 6 mois de discutions ils ont établit l’agenda des négociations et les thèmes à traiter: développement rural, participation politique, fin du conflit, le narcotrafic, réintégration et droit des victimes.
Le premier est probablement le plus « tendu », bien que sur le papier il sera facile de s’entendre, tout le monde est d’accord pour que la Colombie se développe, qu’il y ait des infrastructures (écoles et autres) dans les contrées perdues, mais quel chemin suivre pour y arriver est une autre paire de manche. Il n’est pas exclus que les discussion dogmatique s’enlisent.
Ensuite, la participation politique, bien que marqué par l’échec cuisant de l’expérience de la UP (Union Patriotique) dans les années 80-90 qui a fini par le massacre de quelques milliers de politiciens de gauche, est un thème qui pourrait être plus facile. L’expérience de Gustavo Petro, maire de Bogotá et ancien membre du groupe guérillero M19, montre que la réintégration politique est possible.
La fin du conflit et la réintégration sont des questions de procédure et de droit, complexe certes, mais avec de la volonté politique et des moyens et en tirant les leçons des erreurs commises avec la démobilisations des paramilitaires, elles me semble à la portée du gouvernement, qui montre beaucoup de bonne volonté et ont fait preuve d’un certain pragmatisme.

Un autre élément positif dans ce nouveau processus, comme le note Frederic Masse, est la présence des militaires dans l’équipe de négociations. Ce n’a pas toujours été le cas, et c’est bien connu que les militaires colombiens ne sont pas très ouvert sur la question. Leur participation donne donc une certaine crédibilité aux négociations, admettant ainsi que la voie militaire n’est pas la seule possible. Cette participation est d’autant plus remarquable que leur supériorité militaire est claire, ce qui n’était pas le cas au début des discussions de paix du Caguan (1998-2002).

Bien sûr, les critiques ne se sont pas fait attendre, comme par exemple l’ex-président Uribe, qui a bien sûr vivement critiqué l’annonce, disant que c’était « grave » et que le gouvernement ouvrait la porte aux criminels, que les FARC étaient les plus grands narcotrafiquants, alors que ce n’est pas avec eux qu’il faut résoudre le problème de drogue. [Sans commentaire].

Il est évident que ce n’est pas gagné d’avance, on peut cependant espérer, comme Santos le dit si bien « La paix ne se fait pas en un jour, il faut la semer, la stimuler ». Alors, attendons de voir, « rêver ne coûte rien ».