Elle revient, toujours là pour nous surprendre. Notre chanteuse péruvienne préférée tente cette fois la version reggaeton… toujours aussi fin, à savourer donc et sans modération:

Come back de la Tigresa del Oriente
Été genevois, automne italien
La suite … la suite!! Après un année d’errance, les choses se figent. L’été sera sous la canicule de la cité Calvin. Genève, ses concerts du parc la Grange et son cinétransat sera mon QG jusqu’à fin août. Ensuite une nouvelle aventure commence, l’UE m’emmènera continuer mon travail sur la privatisation de la guerre depuis le berceau de la réflexion sur le mercenariat. Fin août on s’installe à Florence, cité où Machiavel a écrit « Le Prince », et ce pour 2 ans.
L’Amérique latine continuera d’être le centre de mon travail, les aller retour seront surement de rigueur, et bien sûr la Colombie restera mon point d’attache…
Mercenaires et compagnies militaires privées en Amérique Latine
Si j’ai pas écrit beaucoup sur les élections présidentielles ce ne pas que Mockus ne m’emballais pas (quoique) ou que Santos me paraissaient pas détestable mais c’est qu’il faut bien bosser des fois.
Alors voilà un bout de mon boulot qui est sorti: trouvable ici, surement exportable mais pas tout de suite… ça viendra.

Illustration par Vincent Partel (undergram.fr). Un grand merci à lui!
Triste réalité
Dans une dizaine de jours le second tour des élections présidentielles colombiennes aura lieu. Le gagnant autoproclamé est bien sûr Santos, ex-ministre de la défense. Il surfe sur la vague d’Uribe, de la sécurité démocratique et même s’il traîne de gros dossier bien fumeux, notamment les 3000 morts des « falsos positivos », l’utilisation des service secret (DAS) a des fin politiques et meurtrières, des liens avec les paramilitaires et j’en passe (pour pas nous faire trop de mal), il sera élu sans mal et surement avec une grande majorité de vote.
Mockus, fidèle à lui-même, n’a voulu aucune alliance politique, il veut se positionner comme un martyr de la démocratie, l’ultime défenseur de l’éthique… Malheureusement en Colombie comme ailleurs on ne se fait pas élire parce qu’on est bon et gentil. Alors il part au casse pipe, fait le beau, et n’arrive même pas à convaincre la gauche qui était prête à tout pour éviter que Santos soit élu.
On peut dire merci à Mockus, grave à lui il y a eu des nombreux débats pendant la campagne, il a fait rêver du monde. La vague verte fut belle. La démocratie peut vivre en Colombie, c’est la bonne nouvelle. Simplement ce n’est pas pour tout de suite, les majorités des colombiens préfèrent (ont-ils vraiment le choix?) encore confier leur futur à des politiciens ultra-conservateurs et proche des paramilitaires.
Les défenseurs d’une démocratie plus juste ont encore du job devant eux, et pour s’en rappeler, une petite vidéo qui vient de sortir, sur l’utilisation du DAS pour faire du trafic de drogues et d’armes avec les paramilitaires et de fraude électorale… tiens donc!
La Colombie vote
Jour J. Plusieurs candidats s’affrontent à grand coup de vote après plusieurs semaine d’une campagne ultra vivante, pleine de débats, d’idée, de vie et de prise de position politique. Un grand hommage à la cour constitutionnelle qui n’a pas autorisée un troisième mandat d’Uribe. Merci à Uribe de partir. La suite à court terme on peut presque l’assurer: un deuxième tour entre l’ancien ministre de la défense, Juan Manuel Santos et un ex-maire de Bogotá, Antanas Mockus. Après … veremos!
Hypnotiser les poulets
L’administration est un art, et bien sûr, l’administration militaire est un art dérivé du premier. Cette découverte, après tant d’années à la voir et l’avoir sous le nez, m’est apparue aujourd’hui grâce à deux documents:
Le premier à fait le tour du monde: un malheureux powerpoint de l’armée US:

Le deuxième, une franche rigolade avec les auteurs de discours de certains dirigeants suisses:
COURS DE LANGUE DE BOIS
Commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case en colonne 2, puis avec n’importe laquelle en 3, puis n’importe laquelle en 4 et revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1 pour enchaîner au hasard… Mais surtout, n’oubliez pas d’y mettre l’intonation et la force de conviction…
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1 |
2 |
3 |
4 |
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Mesdames, messieurs, |
la conjoncture actuelle |
doit s’intégrer à la finalisation globale |
d’un processus allant vers plus d’égalité. |
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Je reste fondamentalement persuadé que |
la situation d’exclusion que certains d’entre vous connaissent |
oblige à la prise en compte encore plus effective |
d’un avenir s’orientant vers plus de progrès et plus de justice. |
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Dès lors, sachez que je me battrai pour faire admettre que |
l’acuité des problèmes de la vie quotidienne |
interpelle le citoyen que je suis et nous oblige tous à aller de l’avant dans la voie |
d’une restructuration dans laquelle chacun pourra enfin retrouver sa dignité. |
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Par ailleurs, c’est en toute connaissance de cause que je peux affirmer aujourd’hui que |
la volonté farouche de sortir notre pays de la crise |
a pour conséquence obligatoire l’urgente nécessité |
d’une valorisation sans concession de nos caractères spécifiques. |
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Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort que |
l’effort prioritaire en faveur du statut précaire des exclus |
conforte mon désir incontestable d’aller dans le sens |
d’un plan correspondant véritablement aux exigences légitimes de chacun. |
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J’ai depuis longtemps (ai-je besoin de vous le rappeler ?), défendu l’idée que |
le particularisme dû à notre histoire unique |
doit nous amener au choix réellement impératif |
de solutions rapides correspondant aux grands axes sociaux prioritaires. |
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Et c’est en toute conscience que je déclare avec conviction que |
l’aspiration plus que légitime de chacun au progrès social |
doit prendre en compte les préoccupations de la population de base dans l’élaboration |
d’un programme plus humain, plus fraternel et plus juste. |
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Et ce n’est certainement pas vous, mes chers compatriotes, qui me contredirez si je vous dis que |
la nécessité de répondre à votre inquiétude journalière, que vous soyez jeunes ou âgés, |
entraîne une mission somme toute des plus exaltantes pour moi : l’élaboration |
d’un projet porteur de véritables espoirs, notamment pour les plus démunis. |
Bref tout à fait de quoi hypnotiser les poulets, pas ceux d’Evo, mais ceux des soldats.
Uribe: un lourd bilan
Uribe est arrivé au pouvoir en 2002. Les discutions de paix avec les FARC venaient d’être rompues et il était nécessaire de reprendre le contrôle du territoire cédé aux FARC. L’armée, avait commencé une grande réforme et bénéficiait déjà du soutien massif des Etats Unis. Uribe lance alors sa politique de sécurité démocratique, basée en grande partie sur l’armée et sa capacité accrue. Les réussites militaires sont nombreuses, les FARC reculent, et retrouvent petit à petit la taille d’une guérilla « normale », puissante mais pas dangereuse au point de pouvoir prendre le dessus face à une armée régulière. Les FARC perdent plusieurs têtes, et finalement se réadaptent à la nouvelle situation, elles sont actuellement à nouveau capable de prendre l’initiative dans les combats.
Un deuxième volet de la politique d’Uribe est la négociation avec les paramilitaires, qui aboutit à la mise en place de la loi de « justice et paix » et la démobilisation de la majorité des groupes paramilitaires. Plus de 30 mille déposeront de vieilles armes et tenteront de reprendre une vie civile. Mais à peine démobilisé, plusieurs groupes se reforment et continue à contrôler leur territoire. Finalement ils se réarmeront et reprendront du service, en menaçant et tuant tout leur opposant. Les dernières élections du congrès en sont un exemple, le pouvoir des « ex » paramilitaires est toujours bien en place. Et plus grave encore, on dénonce déjà la collaboration de certaine force officielle (police ou armée).
L’armée, boustée par un politique de prime aux guérilleros mort, se lâche et commence à tuer des jeunes pour les déguiser ensuite et les faire passer pour des guérilleros mort. Après plusieurs années de pratique la justice réussit enfin a se saisir du cas et de nombreux militaires sont arrêter et jugé. Les hauts gradés ne sont pas vraiment inquiétés et les responsables politiques se défilent. Les conséquences pour l’armée sont immenses, son image retrouve le niveau des pires époques, le moral est dans les chaussettes et la volonté au combat s’en fait ressentir grandement.
La colonne vertébrale de la politique Uribitienne est donc gravement touchée, pourtant on continue à vanter ses mérites…
Une visite du reste de la situation n’est guère plus encourageante. La situation économique est catastrophique, comme c’était prévu, dès qu’une crise allait pointer le bout de son nez les conséquences sociales seraient terrible : la crise à eu lieu, les capitaux frivoles, qu’Uribe voulait tant, sont reparti. Rien n’a été construit pendant ces 10 années de croissance incroyable. Tout est parti dans le financement d’une armée en dépression. Le fossé entre riche et pauvre s’est encore agrandi. Le taux de chômage est un des pire de l’Amérique du Sud.
La corruption, elle, est en forme. Il suffit de voir le programme « inventé » par l’ancien ministre de l’agriculture (surnommé Uribito, tellement ils se ressemblent et sont proche). Il a utilisé des fonds publics pour financer les grandes familles propriétaires colombiennes. On ne parle pas des magouilles pour modifier la constitution pour qu’Uribe fasse son deuxième mandat : les personnes qui ont vendu leur vote sont en prison, par contre celle qui ont payé n’ont jamais été inquiétée. Ni de ceux qui on fait campagne pour le 3e mandat de leur grand chef… Ceux-ci seront bientôt jugés.
Et pour finir en beauté, le scandale du DAS (service secret colombien), qui a été utilisé par le pouvoir exécutif (les preuves existent maintenant) pour attaquer l’opposition, les syndicats etc. Il fut un temps où on appelait ca le terrorisme d’Etat… maintenant c’est devenu de la lutte anti-terroristes, avec des cibles plutot surprenante.
La liste est longue, probablement sans fin, alors au lieu de m’attarder sur la concentration du pouvoir, la désinstitutionalisation, les tensions diplomatique avec les voisins et tout autres « dommages collatéraux » d’une sécurité démocratique aux résultats très passagers, je préfère penser que Mockus sera prochainement élu et trouvera la force et les soutiens nécessaire à une normalisation post-uribitiene.
Une perle musicale
On connait tous, en tout cas je l’espère, La tigresa del Oriente. La nouvelle de l’année c’est le trio, la fameuse Tigresa del Oriente accompagnée de Wendy et du Delfin!
La perle découverte par Seb (DJ MR vertigo, que je vous recommende pour de vrai) est à consommer sans modération:

Evo fait concurence à Hugo
Le grand prix de la clownerie latino est depuis plusieurs années décerné au grand maître en la matière, Hugo Chavez, président-directeur-à-vie de l’entreprise vénézuelienne. Avec le coup du souffre à l’ONU il a mis la barre assez haut. Cependant ce titre de maitre clown fait des jaloux, normal… Alors voila Evo Morales, maitre gazier et autres matières premières bolivien en a marre d’être toujours à la traîne. Lui aussi veut remporter des titres, et pas seulement celui du plus beau pull fait par sa grand mère, il devient ambitieu.
Hier, lors du sommet sur le changement climatique, il a sorti ses première armes: « les produits transgéniques sont responsables des déviations humaines ». Le poulet chargé aux hormones féminines est responsable de l’homosexualité masculine. Depuis qu’il a su ca, il demande qu’on vérifie l’origine de ses poulets. Il veut manger que des poulets vraiment macho. Et c’est pas tout, selon lui ces même poulets féminisés auraient comme conséquences d’accélérer la formation des seins chez les filles. (c’est l’église qui va le remercier, elle a trouvé une explication: les prêtres ne sont plus capable de déterminer l’âge des petites filles… ).
Cette année je vote pour EVO, Chavez ne peut pas s’éterniser au pouvoir, il faut du sang neuf dans les institutions humoristiques, sinon tout s’empêtre…
