Armée de Libération Nationale

Armée de Libération Nationale

ELN

Ce groupe, créé par des intellectuels est directement inspiré de la Révolution Cubaine. Il suit l’idéologie du marxisme-léninisme et ses principes d’organisation sont basés sur l’importance de la démocratie interne, le respect des masses, la défense de l’intérêt national et la solidarité internationale.

Selon eux, c’est la situation intolérable d’exclusion politique, l’injuste distribution des revenus, la marginalisation du peuple Colombien et la violente répression des masses qui a motivé la création du mouvement de l’ELN en 1965. Toujours selon eux, cette situation continue et c’est même aggravée avec l’apparition du narcotrafic.

Comme les FARC, L’ELN se bat pour la prise du pouvoir pour les masses populaires, elle demande aussi une réforme agraire de fond, pour en finir avec le latifundio, le minifundio et la monoculture.

Elle demande un système social de santé, une éducation publique, obligatoire et gratuite, la protection des enfants et des retraités avec un système de pension, le respect des Droits de l’Homme, un armée populaire et bien formée, une séparation de l’église et de l’état, des possibilités de crédit pour tous,… etc

En 1967, avec le conflit sino-soviétique, a surgi l’Armée populaire de libération (EPL), qui suit une idéologie maoïste, une partie se démobilise en 1991 mais seront majoritairement assassiné par les paramilitaires ou les FARC (considéré comme traître). Un groupe continue la lutte sous la bannière de l’EPL mais ne représente que quelques centaines d’hommes.

L’ELN trouve le gros de son financement dans l’impôt de guerre auquel elle assujettit les compagnies pétrolières. Son revenu dépend donc de l’étendu de territoire qu’elle maîtrise. On peut d’ailleurs voir que leur présence la plus forte se situe autour des points de pétrole.
Elle pratique aussi l’enlèvement contre rançon, mais contrairement aux FARC elle refuse la pratique du narcotrafic.

Ce refus est d’ailleurs en train de lui coûter son existence. L’ELN est entré en négociation avec le gouvernement et même si pour celui-ci c’est grâce à  sa politique de sécurité démocratique pour d’autres une des explications est l’expansion des cultures de coca dans les régions où L’ELN est présente. L’arrivée des narcotrafiquants obligerait l’ELN à  choisir entre soit rester sur place et faire payer un impôt de guerre sur les cultures pour rester maître de la région soit reculer dans les montagnes. Il existe déjà  des exemples de groupe de l’ELN qui se sont démobilisés, à  moitiés morts de faim et sans munition après avoir fait le second choix.

Les troupes de l’ELN représentent entre 4000 et 5000 hommes, et au jour d’aujourd’hui (septembre 2006) des négociations se poursuivent entre le gouvernement et les dirigeants de l’ELN à  Cuba. Les deux sont à  priori optimistes sur un résultat possible.

La légende du « prête guérillero » écrit par Thibaut Kaeser pour Le courrier (Genève)

 

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