L’intervention des Etats-Unis en Amérique Latine

L’intervention des Etats-Unis en Amérique Latine

La première apparition fracassante des USA se fait en 1823, la doctrine de Monroe déclare qu’aucun Etat américain ne doit plus être considéré comme objet de colonisation par aucune des puissances européennes. Toute intervention de l’Europe dans le continent Américain sera considérée comme une attaque contre les USA.

La fin du 19e siècle est marquée par la volonté des USA d’entrer dans le monde des grands. Mahan, avec ses livres influence of sea et Power on History montre cette tendance et Roosevelt met en application ses idées.

Le corollaire Roosevelt va marqué le début de l’intervention des Etats-Unis en Amérique Latine: pouvoir de police international pour préserver la stabilité, le bon ordre et la prospérité.

La doctrine Monroe est utilisée pour justifier l’intervention américaine, c’est la politique du Big Stick : parlez doucement et portez un gros bâton, vous irez loin ou montrer sa force pour n’avoir pas à  s’en servir, et préparer la guerre pour l’éviter.

On assiste alors à  une intervention militaire directe jusqu’en 1933 (Mexique, Haïti, Nicaragua et République Dominicaine). La Good Neighbor policy est adoptée officiellement comme politique extérieure par Roosevelt en 1933 pour encourager les relations amicales et la défense mutuelle dans l’hémisphère occidental après des années d’interventionnisme militaire américain. En fait il est préoccupé par la monté en puissance des régimes fascistes en Europe, il veut lutter contre le sentiment anti-américain en Amérique Latine (AL), diminuer des dépenses (crash de 1929), et donner une satisfaction à  l’opinion publique américaine (USA critiquent violemment le Japon et sa politique interventionniste en Asie, il ne peuvent donc pas faire le même en Amérique centrale).

La fin de la guerre et le début de la guerre froide sont marqués par le but de garantir la présence de l’AL dans le camp occidental. Cependant l’AL était dehors de la zone de pénétration soviétique, donc pas une priorité stratégique.

On assiste alors entre 1948 et 1955 à  la dégradation ou disparition des régimes démocratiques, c’est la suppression des gouvernements procommunistes (c’est à  dire tous gouvernements qui proposent des réformes sociales)

Les dictatures bénéficient de la bienveillance des USA, car ce sont des championnes de la lutte contre le communisme et offraient un climat propice aux investissements nord-américains. « Its better to have a strong regime in power than a liberal government if it is indulgent and relaxed and penetrated by Communists », G. Kennan 1950.

Kennedy arrive ensuite avec une politique de prestige, l’Alliance pour le progrès est un vaste effort, sans précédent, pour satisfaire les besoins fondamentaux.

Il croit que c’est le meilleur moyen pour obtenir la stabilité et d’éviter le communiste. Mais la crise de Cuba a coupé cet élan et les USA continuent à  soutenir les dictatures les plus totalitaires. L’inquiétude a augmenté lorsque Salvador Allende a remporté les élections au Chili en 1970. La peur que ne s’étende « le mauvais exemple » a poussé les USA a soutenir le coup d’état sanguinaire de Pinochet.

En 1989 le bloc soviétique disparaît, pourtant la politique des USA ne change pas vraiment: à  travers le FMI, et parce que c’est la mode, ils arrivent à  imposer le fameux « Consensus de Washington » qui consiste à  privatiser le plus possible, à  réduire l’Etat un maximum. Les résultats se voient bien : la pauvreté augmente, les inégalités aussi.

Les interventions ne se sont pas arrêtées non plus, Panama en 1989 est un exemple, la Colombie avec quelques milliers de soldats étasuniens sur son territoire en est un autre. (Plan Colombie)

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