Bolivie

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Photos

Voici différentes pages avec une sélection de photos d’Amérique du Sud, prises pendant les divers voyages ou moment de vie passé sur ce sous-continent depuis l’année 2000.
(en cours de construction… il manque encore beaucoup de photo à  charger, mais ca vient petit à  petit; et une partie des images sont des scanners de diapo, non retouchée donc parfois tordue ou avec des bord noirs, ma patience et ma motivation dans la retouche sont limitées…)

Colombie

Amazonie

Équateur

Pérou

Bolivie

Chili

Argentine

Brésil

Méxique

Supercholita: la BD bolivienne

Supercholita et la nouvelle héroïne d’une BD bolivienne. Créé par Rolando Valdez, ce serait la première héroïne bolivienne, une super woman aussi maligne que cent politiciens réunis et plus rapide que la langue d’une commère. Et Evo Morales est un personnage clé, pourtant quand celui ci lui demande de l’aide elle répond: « désolé Evo, je ne fait pas de miracles »

On l’aura compris ça parle de politique, bien que l’auteur s’en défend et veut son personnage le normal possible… il voudrait juste demander l’unité du pays …

Bref c’était la star du festival BD à  La Paz…

Internationaliser l’Amazonie?

foret-amazonienneLa lecture d’un des post de Francis, qui m’emmena à  celui de Jean-Luc m’a fait revenir à  un vieux débat, toujours d’actualité. L’internationalisation des patrimoines de l’humanité, à  l’instar de l’antarctique on pourrait internationaliser la forêt amazonienne pour tenter de la protéger de manière plus efficace. Sans débattre sur la réelle capacité d’un système international à  être plus efficace que les actuels états chargé de la survie du poumon de la planète. Je voulais aborder la simple idée de réaliser ce petit changement.

Sujet polémique, sans aucun doute, mes amis colombiens m’ont gentiment rappelé la définition de l’impérialisme. Oui mais….

C’est après être passé pour un con que j’ai trouvé un texte, qui date un peu (2000) mais qui vaut son pesant d’or. Cristovam Buarque, ex-ministre de l’éducation brésilien, répond à  la question:

En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’internationalisation de l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre
En tant qu’humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que l’Amazonie soit internationalisée

Mais il précise et c’est là  que ça commence à  me plaire vraiment:

[…]nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.
Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité que l’Amazonie l’est pour notre avenir[…]
De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l’Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays.
Brûler l’Amazonie, c’est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l’économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Et encore:

Avant l’Amazonie, j’aimerais assister à  l’internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à  la seule France .
Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l’Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d’un seul propriétaire ou d’un seul pays.

Il conclut magnifiquement:

En tant qu’humaniste, j’accepte de défendre l’idée d’une internationalisation du monde.
Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à  nous. Et seulement à  nous!

Vivement que l’ONU nous donne des passeports « planète terre »…

Nostalgie

Salar d'Uyuni

Hier en visitant ce blog je me suis souvenu avec nostalgie de mon premier voyage dans cette immense région. Alors, en souvenir de moments exceptionnels voici une petite photo. J’écrivais à  l’époque: Mon entrée en Bolivie se fait par la grande porte, trois jours de traversée de paysages irréels, Dalinesque. Aux pieds des volcans on peut contempler des lagunes rouges sangs, vertes olives ou blanches, remplies de flamants roses et bordées de rochers taillés par le vent… majestueux!

On arrive ensuite sur le Salar d’Uyuni: le spectacle est quasi mythique, tout est recouvert d’eau, les nuages paraissent des montagne, l’horizon se perd…

Le 2e pas d’Evo Morales

Les Boliviens ont élu ce dimanche 255 membres pour rédiger une nouvelle Constitution pour leur pays. Le MAS, parti d’Evo Morales est annoncé gagnant. D’après les premiers résultats il obtiendrait la majorité, mais une alliance sera nécessaire pour assurer la votation de la constitution approuvée à  la majorité des 2 tiers.

Evo Morales avait commencé fort avec la nationalisation des hydrocarbures et les différents programmes de stabilité du travail, de redistribution des terres, d’alphabétisation et de gratuité des soins. Il peut maintenant faire un deuxième pas.

Ecrire une nouvelle constitution donne la possibilité au gouvernement de graver la réforme agraire qui permet de transférer des terres publiques aux paysans, ainsi que l’appropriation des terres mal exploitées. Le but de cette nouvelle constitution est aussi d’offrir aux mouvements civiques un droit de regard sur les dépenses gouvernementales.

Elle permet enfin, comme le rappelle le journal el Deber, de terminer avec les derniers restes de la colonisation espagnole. Les institutions boliviennes suivent encore le modèle ibérique et l’élite gouvernante du pays était, avant l’arrivée d’Evo Morales, des descendants d’espagnols.

Ce même jour les Boliviens étaient appelés à  s’exprimer sur l’autonomie des départements. L’initiative vient du département de Santa Cruz, le plus riche du pays qui veut en finir avec le centralisme pesant de La Paz.

L’idée est gênante pour Evo Morales, car il aurait perdu une partie de sa marge de manoeuvre, il a donc milité contre, tout en assurant qu’il respecterait les résultats. Mais la question ne se pose plus car le référendum a été approuvé dans seulement 4 des 9 départements boliviens, le non l’emporte au niveau national.

Evo Morales a donc obtenu ce dimanche l’appui de son peuple, qui continue à  voir en lui la réponse pour plus de justice et d’égalité.

Evo Nationalise!!!

« Nous n’allons expulser aucune compagnie, mais elles gagneront moins qu’avant »

Un décret annonce la nationalisation des hydrocarbures, les multinationales ne pourront garder que 18% de leur production. Cette annonce a produit une série d’inquiétudes les multinationales recherchent déjà  comment attaquer ce décret sous prétexte qu’il ne respecte pas les délais légaux pour les entreprises.
L’inquiétude vient aussi des autres pays d’Amérique du Sud; ceci montre une fois de plus que la gauche n’est pas la même partout. Le Brésil perd beaucoup dans cette nationalisation, avec l’Argentine, ils ne voient pas d’un très bon oeil ce geste un peu spectaculaire.

On peut voir une certaine précipitation dans l’action d’Evo, à  peine arrivé à  son centième jour de présidence et déjà  contesté par ses propres troupes. Les sondages le donnaient en baisse, il fallait choisir: suivre les pas de Chavez ou écouter Lula qui lui conseillait de ne pas rompre avec le marché ni avec les USA. Le choix d’Evo semble avoir été fait, reste à  savoir si la Bolivie va pouvoir assumer. Elle possède des réserves importantes de gaz mais elle n’a pas les moyens du Venezuela; une rupture avec le marché ou avec les USA pourrait lui être fatale. Il faut espérer que Chavez soutienne Evo et la Bolivie, ce qui est probable.

República Originaria de Bolivia

Le grand rêve d’Evo est changer les règles de son pays, il veut donner la possibilité aux indigènes de vivre dans la dignité, sans avoir l’impression pesante qu’ils se font voler.

Pour cela Evo veut que la Bolivie profite plus des exploitations de gaz, cependant il tient des propos moins radicaux que beaucoup d’autres mouvements indigènes et syndicaux. Il veut accepter la participation étrangère en collaboration avec le gouvernement.

Le fait de vouloir augmenter la participation de l’Etat dans les hydrocarbures n’a rien de très surprenant, car à  chaque fois que les prix augmentent les Etats concernés cherchent à  augmenter leur revenu. Ce n’est pas une idée propre aux pays à  tendance socialistes.

Il aborde aussi le thème de la plantation de coca d’une manière douce. Il veut défendre le droit à  la plantation sans que son pays devienne une plate-forme du narcotrafic. Pour cela il est conscient qu’il a besoin de l’aide américaine. Le résultat d’une politique tolérante de la culture peut être intéressante, on peut espérer un effet de diminution de culture illégale destinée à  la production de drogue. C’est une affaire à  suivre.

Evo admire Chavez et Castro certes, mais il a aussi de nombreux contacts avec Lula du Brésil et Tabaré Và¡squez d’Uruguay. En ajoutant la dépendance de la Bolivie aux financements nord américain on peut largement imaginer Evo suivant les pas d’un Lula, qui est aussi entré dans le monde de la politique par la grande porte, en faisant des annonces fracassantes. Cependant Lula n’a pas suivi les pas de Chavez, la volonté du Brésil d’avoir une place au Conseil de Sécurité a sûrement joué dans ce sens.

Ce qui est sûr c’est qu’Evo est le seul, actuellement, à  posséder suffisamment de légitimité face aux mouvements sociaux de 2003 pour gouverner. Mais il n’a pas beaucoup de temps pour agir; Les entreprises l’accusent de démagogie, de ne pas avoir l’expérience de l’administration. Parmi la gauche on le prévient qu’il doit réaliser les réformes voulues par la masse : c’est à  dire la nationalisation sous peine de perdre l’appui d’une partie de ses troupes. De plus les USA le considèrent comme une menace pour l’équilibre de la région.

Sa tâche va être difficile, mais s’il arrive à  mener à  bout les réformes dont il rêve on devrait pouvoir d’ici quelques années parler de la « Repàºblica Originaria de Bolivia » comme d’un pays stable … ce qui n’est pas arrivé depuis longtemps!

Source

 

 

Evo Morales


Evo Morales, premier président indigène de BolivieIl n’a été qu’une fois au ciné dans sa vie et la dernière fois qu’il a mis une cravate c’était lorsque qu’il était trompettiste, il y a plus de 20 ans. Pourtant Evo, comme il aime apparemment se faire appeler, n’est pas né de la dernière pluie. Il a été berger de lamas, cultivateur de riz puis de coca. Sa première expérience de leader c’était avec une équipe de foot de son quartier. Je ne dis rien de bien nouveau en suggérant ses origines populaires. Très populaire même, 4 de ses frères et soeurs sont morts alors qu’ils n’avaient pas 3 ans.

Il a ensuite suivi ce qu’on appelle une formation continue, a participé à  de nombreuses réunions de syndicats, de nombreux séminaires à  travers toute l’Amérique latine. Petit à  petit, à  force de former des groupes, des syndicats il a été reconnu comme un leader socialiste. Il a su ensuite s’entourer d’académiciens comme Garcà­a Linera, professeur en sciences sociales de l’Université Publique.

Son combat date au minimum du début des années 80. L’imposition du «consensus de Washington» en 1985 a marqué sa carrière politique. Ce fameux consensus du FMI appliqué à  de nombreuses économies en crise crée en Bolivie (comme dans bien d’autres pays) un appauvrissement de la population. Le petit «plus» ajouté par les USA est le financement de la lutte anti-narcotrafic. Par cela, ils entendent la destruction des cultures de coca… et donc la ruine de milliers de paysans, déjà  appauvris par les réformes économiques.

Evo fait alors partie des militants cocaleros. Le slogan des protestations «vive la coca, dehors les gringos» est encore bien connu aujourd’hui.

Les manifestations, qui ne se limitent pas à  défendre la culture de coca, durent mais les privatisations continuent (compagnies pétrolières, télécommunications, système électrique etc.).

Plusieurs violentes confrontations ont lieu, notamment en 1994, 1996 puis en 2000 où la loi martiale fini par être décrétée, mais finalement le gouvernement doit faire marche arrière.

En 2002 les élections présidentielles donnent gagnant le rival d’Evo, mais les élections, bien que très serrées, laissent un goût amer de démocratie sous tutelle: Les USA ont menacé les Boliviens que s’ils votaient pour Evo les différentes aides à  la Bolivie seraient supprimées.

Le gouvernement qui ne représentent pas le peuple et continue avec ses réformes impopulaires et injustes provoque un tel mécontentement qu’une révolution éclate. La police et les travailleurs n’arrivent juste pas à  renverser le gouvernement mais celui-ci perd toutes formes de popularité.

Presque 3 ans plus tard, de nouvelles élections amènent, enfin, un indigène au pouvoir. Fin janvier Mr Bush a, de manière très cordiale, félicité et souhaité bonne chance au nouveau Président de Bolivie. Une semaine plus tard les USA annoncent que leur aide pour la lutte contre le trafic de drogue allait diminuer de 80 millions à  67 millions de dollars.

Il est vrai qu’à  la vue de l’admiration d’Evo pour Chavez et Fidel, les USA ont quelques soucis à  se faire. Cependant si leur but est qu’Evo et son parti optent pour une gauche raisonnable à  la manière du Chili, avec Mme Bachelet, ou du Brésil, avec Lula on pourrait légitimement se demander s’ils suivent une bonne politique pour arriver à  leur fin.

Source : «Evo sin suéter», Gatopardo, Marzo 2006