Les FARC annoncent un cessez le feu de 2 mois

L’annonce a été faite ce matin à Cuba, lors du début du deuxième round de négociations. Ivan Marquez, le chef, a affirmé que le secrétariat des FARC ordonnait la fin des opérations militaires offensives contre la force publique. La réciproque n’est pas vraie pour autant, le gouvernement colombien a clairement dit à plusieurs reprises que tant qu’un accord de paix ne serait pas signé, il n’y aurait pas de trêve.
Mais cette marque de bonne volonté des FARC est un bon départ pour ce deuxième round qui ne s’annonce pas facile, les thèmes sur la table des négociations sont tout simplement le développement agricole, la fin du conflit, ou le trafic de drogues.
Même Gontard, l’ancien émissaire suisse qui a eu quelques problèmes avec le gouvernement colombien suite à son travail de médiateur (qui termina par un non-lieu), se disait optimiste il y a quelques jours.
Rêver ne coûte toujours rien!!

La blague du jour

Les quelques promenades que j’ai le temps de faire pendant mon séjour à Mexico City sont vraiment géniales. Je pourrais en raconter quelques unes, ça viendra sûrement, mais là j’avais plus envie de partager la blague du jour…
Voyez plutôt la photo:

Oui, Mexico accueille en novembre un world forum blabla. Les deux invités de marque sont simplement Lance Amstrong -cycliste, septuple vainqueur du tour de France, avéré dopé, et déchu de ses titres – et Alvaro Uribe – ex président colombien, avéré corrompu, tout son gouvernement est en prison ou en fuite.
Bref des vrais champions, j’en ai presque eu la larme à l’œil!

Nabusimake: le carrefour des étoiles


Un matin comme un autre à Valledupar –une bourgade colombienne sympathique– nous avons embarqué dans un 4*4, un vieux camion, pick-up qui roule tout au plus à 20 km/h. La route débute, comme n’importe laquelle, sans charme réel. Cependant au fur et à mesure que la route devient impraticable, que les trous sont plus fréquents que les parties plates et qu’ils deviennent toujours plus grands, aussi grands que le véhicule lui-même, la route, elle, devient envoutante.
Le chemin n’arrête pas de monter, monter, il grimpe vers les sommets de la Sierra Nevada. Les points de vue n’en finissent pas de défiler à droite, à gauche, de tous les côtés. Les trois citadins que nous sommes avons du mal à gérer, entre s’accrocher aux barres du pickup et ne pas se taper la tête partout et regarder les cimes et le lever du soleil. Pendant ce temps à côté, les locaux dorment, sans broncher comme si les trous, je veux dire les cratères, ne les affectaient pas.

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Colombie: les FARC et le gouvernement négocient

Hier, 4 septembre 2012, le président Santos et le chef suprême des FARC Timochenko ont annoncé, l’un depuis Bogotá et l’autre depuis la Havane, l’ouverture de négociation de paix.
Après 6 mois de discutions ils ont établit l’agenda des négociations et les thèmes à traiter: développement rural, participation politique, fin du conflit, le narcotrafic, réintégration et droit des victimes.
Le premier est probablement le plus « tendu », bien que sur le papier il sera facile de s’entendre, tout le monde est d’accord pour que la Colombie se développe, qu’il y ait des infrastructures (écoles et autres) dans les contrées perdues, mais quel chemin suivre pour y arriver est une autre paire de manche. Il n’est pas exclus que les discussion dogmatique s’enlisent.
Ensuite, la participation politique, bien que marqué par l’échec cuisant de l’expérience de la UP (Union Patriotique) dans les années 80-90 qui a fini par le massacre de quelques milliers de politiciens de gauche, est un thème qui pourrait être plus facile. L’expérience de Gustavo Petro, maire de Bogotá et ancien membre du groupe guérillero M19, montre que la réintégration politique est possible.
La fin du conflit et la réintégration sont des questions de procédure et de droit, complexe certes, mais avec de la volonté politique et des moyens et en tirant les leçons des erreurs commises avec la démobilisations des paramilitaires, elles me semble à la portée du gouvernement, qui montre beaucoup de bonne volonté et ont fait preuve d’un certain pragmatisme.

Un autre élément positif dans ce nouveau processus, comme le note Frederic Masse, est la présence des militaires dans l’équipe de négociations. Ce n’a pas toujours été le cas, et c’est bien connu que les militaires colombiens ne sont pas très ouvert sur la question. Leur participation donne donc une certaine crédibilité aux négociations, admettant ainsi que la voie militaire n’est pas la seule possible. Cette participation est d’autant plus remarquable que leur supériorité militaire est claire, ce qui n’était pas le cas au début des discussions de paix du Caguan (1998-2002).

Bien sûr, les critiques ne se sont pas fait attendre, comme par exemple l’ex-président Uribe, qui a bien sûr vivement critiqué l’annonce, disant que c’était « grave » et que le gouvernement ouvrait la porte aux criminels, que les FARC étaient les plus grands narcotrafiquants, alors que ce n’est pas avec eux qu’il faut résoudre le problème de drogue. [Sans commentaire].

Il est évident que ce n’est pas gagné d’avance, on peut cependant espérer, comme Santos le dit si bien « La paix ne se fait pas en un jour, il faut la semer, la stimuler ». Alors, attendons de voir, « rêver ne coûte rien ».

Carthagène : la beauté dans les murs

Les murs sont toujours une limite, parfois une protection. On les construits tantôt massifs épais, tantôt élevés. Souvent hideux, mais les règles, comme il se doit, donnent lieu à des exceptions.
Les murs de Carthagène sont une sorte d’exception, ils sont différents, enfin pas complètement. Ils sont grands et ont servi de protection, ils servent encore de limite. Ils limitent, ou plutôt entourent, la vieille et magnifique ville de Carthagène. Ils clôturent la beauté de l’histoire et du charme colonial au milieu d’une autre ville, l’autre Carthagène, soit incroyablement pauvre, soit démesurément riche et laide.

La Carthagène d’entre les murs est splendide ; chaque maison est une œuvre d’art vivante et habitée. La chaleur elle -même est différente, à l’intérieur de l’enceinte elle nous pousse à siroter des jus dans des patios luxuriants, à l’extérieur elle étouffe et donne envie de rentrer.
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Tatacoa : Vallée des Tristesses?

Le désert de la Tatacoa se trouve à quelques heures de Bogotá.
Désert dites-vous ? C’est comme ça qu’il se fait appeler mais n’est pas désert qui veut … Celui- là est plutôt inhabituel. Aride et chaud, très chaud même. Pourtant les arbres poussent, des vaches s’y promènent, par petit groupe.
Le désert de la Tatacoa, d’abord nommée Vallée des Tristesses par le Conquistador Jiménez de Quesada, est étrange. C’est un labyrinthe ocre et gris. Des centaines de monticules font des concours de formes extravagantes. Le vent, l’érosion, la nature travaillent sans relâche pour renouveler quelque chose qui ressemble à une exposition d’art moderne permanente…
La promenade n’est pas complètement agréable, la chaleur épuise, mais en même temps l’envie de la faire durer est plus forte. Alors on traîne, on se protège du soleil et on boit tout ce qu’on peut. Puis, par hasard des pas, on tombe sur une piscine. Oui, une mini piscine au milieu de nulle part ou plutôt au milieu du désert… plouf !
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Le reportage de Romeo Langlois


Ceux qui suivent ce qui se passe en Colombie connaissent l’histoire de Roméo Langlois, journaliste pour France 24, retenu prisonnier par les FARC pendant un peu plus d’un mois. Il était en train de réaliser un reportage sur les forces armées colombiennes, l’unité spéciale anti-drogues, lorsque les choses ont mal tourné.

Son reportage, présenté cette semaine sur France 24, montre comment une opération de routine de l’armée tourne mal. 4 soldats sont tués, dont 2 devant la caméra, et le journaliste lui-même est blessé. Si les images sont des images « courante » de guerre (sans diminuer le travail réalisé, ce n’est pas la première fois qu’on peut en voir), elles sont très intéressantes car elles montrent plusieurs aspect du conflit et de la situation colombienne. Tout d’abord les lieux où est produite la coca et la collaboration obligée des paysans avec la guérilla – forcée par les armes ou par la nécessité économique de produire quelque chose de rentable. Ensuite, comment sont reçu les soldats, qui débarquent du ciel, brûlent les labos et puis s’en vont. Il est évidemment que les paysans ne vont pas collaborer avec eux, sachant que 30 minutes plus tard la guérilla sera de retour.
Il est aussi intéressant de noter que les guérilleros sont bien plus mobile et à l’aise que les soldats sur les territoires où a lieu le combat. Les FARC sont chez eux, les soldats viennent d’ailleurs… (d’une autre partie du pays).
Comme le relève Jorge, ont peut aussi critiquer l’absence de protocole de l’armée colombienne concernant la présence de journaliste dans des missions critiques.
Finalement, un tour d’horizon des origines sociales de tout ceux qui apparaissent lors du reportage est aussi intéressant. Il est facile d’imaginer que les paysans, les membres de la guérilla et les soldat présents sont tous d’origine populaire, mais c’est presque choquant de voir à quel point c’est vrai…

Bogotá en Musique

En direct depuis loin… oui oui je n’ai pas remis les pieds à Bogotá depuis quelques temps déjà, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas ce qu’il s’y passe.
Comme vous le savez (ou en tout cas devriez le savoir) j’écris pour Colombia Travel depuis quelques temps, entre les articles et ma thèse, je visite les pages web des autres (je l’ai fait qu’une fois, mais je vais continuer c’est sûr). Tout ça pour dire que j’ai découvert le blog d’un journaliste français -Raphael Decker- qui s’est récemment installé à Bogotá et tient un blog sympathique.
J’ai découvert dans ses pages un groupe colombien -Monsieur Périné- qui m’a vraiment plu. Serait-ce leur inspiration Django Reinhardt… peut-être… à écouter en tout cas.

Je profite d’avoir la tête dans la musique pour signaler aussi le groupe LatinLatas. Plus qu’un groupe, c’est aussi un projet, un collectif:

Le groupe Latinlatas se décrit lui même comme est un projet collectif né de l’union de points de vue individuels qui convergent vers ​​un objectif fondamental: le Ré-utilisation comme source de travail d’équipe. La notion de retour perpétuel des cycles de production (des idées, des concepts, matériaux) permet de s’aventurer à recycler et de se réinventer, en valorisant la capacité inhérente de l’être humain de se développer. Ainsi, l’individu se voit attribuer le rôle d’innovateur de votre espace de vie.

Image de prévisualisation YouTube

Et pour conclure avec les découvertes intéressantes, un français -Thomas- installé en Colombie (y’a foule dit donc!!) vient de créer un comparateur de voyages : escapar.com.co avec pour but de faciliter la recherche de billets d’avion et de chambres d’hôtel en Colombie. A voir aussi, la page FB qui va avec, et le blog qui peut en faire rêver plus d’un!

Tourisme philosophique

San Agustín est la traduction espagnole de Saint Augustin (354 – 430). Celui-ci est un très grand philosophe d’origine africaine. Il fait une carrière professionnelle à Carthage comme professeur, puis à Rome. C’est un sceptique qui se réfère à Platon sur le plan métaphysique et les théories de connaissances. Après le sac de Rome en 410, qui va marquer la fin de l’Empire, le christianisme est très sévèrement critiqué, accusé d’être la cause de la chute de l’Empire. St. Augustin prend la défense du christianisme ; il critique le blasphème des païens.

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Providencia: L’île aux trésors


Au milieu des Caraïbes, l’île de Providencia vit dans un autre temps. Le rythme est donné par le reggae, les horaires par le soleil. Ici rien ne bouge inutilement, pas de bruit de voiture, pas de pollution… Les mangues tombent des arbres, les poissons pullulent, on mange des langoustes en regardant la mer et en se rappelant les exploits de Sir Henry Morgan. Le très fameux pirate se fit connaître grâce à son coup d’éclat contre la ville de Panama en 1671, d’où il repartit avec 175 mules chargées d’or et de pierres précieuses. La légende raconte qu’il est venu cacher son trésor dans la grotte « Morgan » à San Andrès. Mais il possédait aussi un fort à Providencia, protégé par de nombreux canons encore présents sur l’île, à peine rouillés.

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