La campagne pour les présidentielles s’est enflammée. Après le retrait forcé d’Uribe, le débat politique a repris en Colombie. Il est possible, depuis peu, d’imaginer des alternatives, de penser que la sécurité démocratique (labelisé mais pas encore brevetée par Uribe) soit reprise par quelqu’un d’autre que le messie tyranique.
Plusieurs candidats se veulent des héritiers naturels de se qu’on appelle l’Uribisme. Santos, ex-ministre de la défense, responsable d’une attaque contre le pays voisin, coupable d’avoir utiliser le symbole de la Croix Rouge de maniere illégale et surtout, responsable de la disparition de milliers de jeunes (les fameux falsos positos), détient pour l’instant les meilleures posibilitées de remplacer son maitre adoré. Il faut dire quand terme de violation des droits de l’homme c’est probablement celui qui s’en rapproche le plus.
L’autre candidat de l’Uribisme, la conservatrice Sanin, est déjà plus ou moins à l’ouest, elle s’est fait torpillé sa campagne par son compagnon de parti, le nain de jardin proche du grand maitre, qui lui aussi traine des casseroles pleine de pot de vin et de corruption… Arias, connu comme Uribito.
Cependant la grande nouvelle du moment ce n’est pas que les Uribistes soient des corrompus, violeur des droits de l’homme, massacreur et allié des paramilitaires, la nouvelle de la campagne c’est le phénomène Mockus.
Mockus est un ancien maire de Bogotá, ancien recteur de l’Université National…. connu pour avoir imaginer des politiques complètement folle pour éduquer les gens de Bogotá … et le pire c’est que ca a marché! Il a aussi montré son cul en public, il s’est présenté comme MONSIEUR éthique pendant pas mal de temps.
Il n’a pas de grosse machine politique qui le suive sinon une bonne série de compagnon de route, tel que Fajardo, ancien maire de Medellin, Lucho garzon, ancien maire de Bogotá, Peñalosa, ancien maire de Bogotá…. Bref un panel de gens expérimenté et intéressant, venant d’horizon différent.
Mockus tente alors de mobiliser la Colombie a travers internet, le bouche à oreille, les artistes, intellectuels etc etc… Une campagne qui ressemble dans l’idée (pas les moyens) à celle du grand pays du nord.
Bref Mockus secoue un peu le panorama politique d’une Colombie complétement hypnotisée par 8 ans de pouvoir d’un gars qui s’est pris pour dieu, mais que la loi a ramené sur terre. (rien à voir mais le pape aurait besoin de la même chose, enfin je dis ca je dis rien).
Maintenant il reste à savoir si Mockus, du parti vert mais qui n’a rien d’écolo, arrivera à créer la surprise. Il a l’énorme avantage de proposer une équipe de personalités qui se complète si elles arrivent à s’entendre. Et une équipe est bien plus intéressante qu’un dieu entouré de larbin neuneu.
Mockus: ni vert ni de gauche!
Moncayo enfin libre!
On connait le pere, il a parcouru la Colombie en long, en large et en travers pour la libération de son fils, maintenant on peut enfin voir le fils. Après plus de 12 ans détenu par les FARC, il a été libéré!

Une dose de personalité
La dose personelle de « drogue » a été interdite en Colombie… la folie répressive du gouvernement actuel. Zero prévention, 100% répression. C’est beau: on tape, on enferme etc. C’est assez généralisé comme comportement, pas forcément efficace mais bien à la mode.
On limite les libertés individuelles, que ce soit sur la thématique de l’homosexualité, de l’avortement, de la consommation de drogue… les « valeurs catholiques » sont revenue au grand galot en Colombie.
Alors pour ceux qui veulent montrer qu’on à le droit d’être soi-même et que cela n’empêchera pas les curés de prier, faite un tour le vendredi 26 mars à la 85 # 15 à 18h. Plus d’info ici.

élection: on prend les mêmes et on recommence
Le pouvoir legislatif (sénat et congrès) a été remplacé ce dimanche. Enfin ceux qui n’était pas en prison. Les résultats, même encore provisoire, ne sont pas une grande surprise.
Les deux partis qui se veulent de la lignée d’Uribe remporte facilement le plus grand nombre de sièges. Il faut cependant noter qu’aucun des deux partis n’obtient la majorité, il leur faudra donc s’allier. Uribe ne pouvant être candidat à la présidence, on peut esperer que les deux partis ne soient pas toujours d’accord et donc que le futur gouvernement en place soit, au moins de temps en temps, obliger de discuter ses politiques.
Le parti « Cambio radical » (aussi à droite) souffre d’une belle défaite, pour avoir tenté la voie « sans Uribe »… Les libéraux se mantiennent. Et le polo démocratique, alliance de gauche, n’ayant toujours pas réussit à mettre à plat ses différences internes, perd un ou deux sièges.
Le panorama politique reste plus ou moins identique, on peut s’attendre à retrouver 20% des nouveaux élus sous les verrous d’ici quelque temps. Sans compter ceux qui échappent à la justice…. et ils sont surement aussi nombreux. Les groupes paramilitaires détiennent toujours une grande partie du congrès. Les gagnants ne s’en plaignent pas.
La seule nouveauté, qui peut apporter une lueur de débat est l’entrée en jeu d’un nouveau parti: « partido verde » composé de figures indépendantes de la politique colombienne. Les 3 anciens maires de Bogotá (Mokus, Peñalosa et Lucho) en tête ont réussit à placer plusieurs sénateurs… Mais c’est pas encore garanti que cette équipe de caractériels soit capable de s’entendre sur le long terme!
Polanski m’ennuie
Aujourd’hui feuilletant la fameuse version électronique du monde je tombe sur un article présentant le dernier film de Polanski: « the Ghost Writer ». Le fait est que je l’ai vu hier soir.
L’article nous présentent le film:
« Voilà un thriller à la mise en scène irréprochable et qui nous embarque dans un suspense parfaitement réglé, avec photos compromettantes, piste révélée par le GPS d’une voiture de location, poursuite sur un ferry, refuge dans un motel miteux. Le meilleur film que nous ait donné Roman Polanski depuis longtemps. »
J’avoue que ma première réaction, basse et méchante fut de penser que notre ministre de la culture, monsieur M, avait demandé au journaliste de faire de la pub pour ce film, histoire de soutenir ce pauvre Polanski, assigné à résidence à Gstaad…. dans son surement très petit chalet. Pour mémoire, un bout de l’histoire ici, la Suisse, vilaine et fourbe, l’a arrêté pour une vieille histoire de pédophilie.
Soyons franc, je partais avec un à priori positif, j’aime bien l’idée d’aimer l’oeuvre des gens que je n’aime pas, je suis fan de Franck Miller, dessinateur exceptionnel et exceptionnellement néoconservateur de la pire espèce… La récente histoire de Polanski m’a fait sourire, la Suisse en a, une fois de plus pris pour son grade. Et moi je trouve ca drôle.
Mais bon! le film -à part un ou deux moments absurdes ou certaines ambiances sympathiques- est un peu chiant et même si on peut faire des parrallèles avec l’actualité ou avec sa vie, je me suis franchement ennuyé, et finalement même la « novela Polanski » n’a pas suffit… du coup je suis retourné à mes classiques, un conte de la folie ordinaire, juste un, pour me remonter le moral… Bukowski reste, lui au moins, une valeur sûre. Même mort.
Les effets très secondaires des tremblements
Haïti, puis le Chili, deux catastrophes qui ont des effets sur le reste du monde, assez peu essentiel à la survie des sinistrés certes, mais ce sont des nouvelles reprises à droite et à gauche qui ont attiré mon attention.
Tout d’abord le racoursissement des jours. Une grande nouvelle calculée par des scientifiques de la NASA….. Ils doivent être bon en calcul ceux-là.
D’autres, faute de calcul, ont de l’humour…. sacrément noir. Un journal satirique argentin titre: « Comment Haïti a sorti 150000 de citoyen de l’extrêtrme pauvreté ». Comme le remarque Dul, il « aurait tendance à faire passer le Hara Kiri de la grande époque pour un gentil groupement de dames patronnesses. »
Sinon, et ca c’est pour sauver le reste, histoire de dire que ce n’est pas que le coté débile qui m’interrese… une initiative de carte interactive pour aider les sinistrés. « Un système de carte interactive, que toute personne équipée d’un téléphone ou d’un ordinateur connecté à Internet peut alimenter pour signaler les dégâts, les violences, ou les situations critiques. Ushahidi – du swahili « témoin » – associe Google Maps et un système d’alertes en ligne ou par SMS pour générer des cartes de situation mises à jour quasiment en temps réel sur les lieux de catastrophes naturelles ou de violences. »
Crée au kenya en 2008 …. et aurait, selon je ne sais pas qui, fonctionné à Haiti, sauf que les téléphone ne marchait pas et il y avait pas d’électricité.
La court dit NON
il fut un jour où, en Colombie, un sauveur arriva. IL promit mont et merveille, richesse et paix. IL convainc la majorité, repoussant les méchants dans les contrées éloignées et inhospitalière du pays. IL profita d’une bonne conjoncture économique qui lui permit de mener à bien une guerre sans fin, mais personne, à part ses amis et sa famille ne profita vraiment de cette augmentation de capital. Ses sous-fifres se chargeront même de redistribuer les impôts des pauvres aux riches familles propriétaires.
Ses soldats, poussés par les primes qu’IL leur promirent, tueront sauvagement des milliers de jeunes innocent, les faisant passer pour des membres de la force du mal. Ses généraux violeur de droit de l’homme et alliés du narcotrafic furent promut aux postes d’ambassadeurs.
IL continua sa croisée, modifiant la constitution écrite par ses ancêtres, et réduit a néant le système de santé, limita la liberté de la presse, mis sur écoute tous ses opposants. IL, toujours omniprésent, réussit a s’approprier tous les pouvoirs, ou presque. L’exécutif et le législatif sont totalement sous son contrôle. Les différentes institutions sécuritaire, économique, sociale, etc dépendent de sa parole. Une partie de la justice est aussi à sa botte, mais heureusement pas toute.
La court constitutionnelle lui a dit non. IL voulait rester, encore et encore, peut être même pour toujours, ses amis avaient organisé une campagne pour récolter des millions de signatures pour organiser un référendum. Cette campagne entachée de corruption en tout genre a fini sa course dans les mains de la justice.
Comme IL l’a admis lui même, l’Etat de Droit est au dessus de la l’Etat d’opinion, la majorité n’est pas au-dessus des lois.
Uribe ne pourra pas faire de 3e mandat, une nouvelle vie politique commence. Il reste 3 mois avant les élections, trois mois pour débattre, trois mois pour convaincre de la vivacité démocratique d’un pays. Uribe laissera des traces. Le pays est en crise économique, crise diplomatique, crise social, son système de santé est au bord de l’explosion, les paramilitaires se sont réarmés, les FARC sont toujours là, la violence a repris de plus belle dans les campagnes. Les Etats Unis diminuent leur aide.
Uribe est passé, j’espère qu’il ne reviendra pas.
Rencontre blogueuse
Le temps court, si vite qu’après mon voyage d’homme pressé il était temps de le prendre, le temps, pour voir si plus loin il faisait le même temps. Plus loin ce fut d’abord la jungle amazonienne, les bercements d’un bateau, puis les plages brésiliennes, puis encore les plages, et toujours les plages, les pieds dans l’eau, la tête au soleil, une caipirinha à la main… mais ce sont d’autres histoires, d’amour et d’eau fraîche.
Nous retrouvons le froid à Curitiba, il fait à peine 20 degrés, on sort les doudounes… Ipanema est loin, mais une autre surprise nous attends. Nous sommes accueillis par le célèbre Maikon, blogueur ici, là ou encore là. Le week-end est partagé entre des visites d’une ville hallucinament organisée et des fêtes où les bombes brésiliennes se trémoussent. On partage deux trois bonnes bouffes et des longues discussions: Maikon prépare son tour du monde, avec son ami Camilo, à suivre ici.
Pour finir le week-end en beauté, avant de partir pour Iguazu, je prends la patée de ma vie en jouant à Fifa sur playstation 2, 9:0 ca ne laisse pas indifférent, je m’entraine grave depuis.
Le temps passe et la route, enfin le bus, nous amène jusqu’à Buenos Aires!!
J’avais quelques craintes en arrivant à BA, je devais rencontrer toutes une comunauté, une mafia, en décrépitude certes, mais quand même. Les temps des délires guerreux n’étais pas si loin, les rencontres diplomatiques non plus…
Mais rien d’aggressif, au contraire, une première rencontre avec papa Dul, qui refusa très sechement mon invitation au Mc Do (jajaja j’en ris encore en pensant à sa tête, se demandant si j’étais sérieux)…. Ensuite un apéro qui dure avec Guillaume, puis Clément, Dul… Et finalment le repas, dimanche, jour du seigneur, chez le parrain, Patrick.
Des grands moments d’émotion, sans rire, c’est vachement drôle de rencontrer des gens qu’on connait un peu mais sans jamais s’être vu. La magie du blog. La magie du voyage. La magie des rencontres surprenantes et inattendues qui m’ont fait voir des facettes très différentes d’une ville qui m’avait presque parue sans surprise: belle et mélancolique, vivante et festive, énorme, latine. Elle fut aussi blogueuse… merci à eux!
On est mal
Uribe aujourd’hui: « je lutterai depuis n’importe quelles tranchées jusqu’au dernier jour de ma vie »
J’ai envie de dire que Chavez dirait pas mieux, Castro non plus. Mais Uribe est de droite alors, on peut pas le critiquer de la même manière. Depuis la gauche on appelle les dictateurs de droite des facho, et depuis la droite des cocos. Uribe est de droite, c’est donc un facho… enfin depuis la gauche sinon c’est un messie. Du coup mon gros problème c’est que je ne sais pas comment on peut définir ces dictateurs en herbe depuis le centre. Ceci est, bien sûr, une pure reflexion scientifique…

