Obama ne m’a pas laissé dormir

La campagne a été longue, tellement longue que ça a fait pleuré des petites filles.
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J’avoue que ma passion pour la politique a presque trouvé ses limites. J’en ai eu presque marre de toujours devoir choisir les hamburgers et cocktails « blue » à  l’honneur d’Obama dans tous les bars et bistrots où j’ai été récemment.
Obama a gagné, on est content, on s’est couché tard, on a eu peur pour l’Ohio et la Virginie (l’état, pas la fille).
On a même fait un don de dernière minute pour cette campagne qui a coûté des billions. Et FINALEMENT Obama a gagné … piouf, c’était serré, mais finalement la victoire est assez belle, la grande majorité des états « swing » ont penché du coté démocrate, il manque encore les résultats en Floride, mais il y a de forte chance pour que Obama la gagne aussi. Du coup hier soir j’ai même bu un cocktail rouge -tout aussi fade que le blue démocrate. Obama a fait son beau discours, très nationaliste et avec dieu un peu à  toutes les sauces, mais beau quand même. Il a même mentionné le réchauffement climatique, c’est dire!
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C’est peut être tordu de ma part, mais depuis Sandy (la tempête), j’étais redevenu confiant sur la victoire d’Obama, mais d’ici a rêver que la Floride (oui oui j’anticipe) et la Virginie allait être démocrate, wauuu. Le quartier où je vis -à  Washington, DC- a dignement fêté ça. C’est un quartier historiquement noir et DC a voté à  91% démocrate, donc les 3 républicains de la ville se sont fait tout petit hier soir.
Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, l’herbe est devenu légale dans le Colorado, le mariage se démocratise dans le Maryland, la première sénatrice ouvertement homosexuelle (représentante du Wisconsin) a été élue pour la chambre nationale.
La fin de l’année 2012 sera plus douce.

Mexico city, la révolutionnaire


Le temps file, toujours ou presque, et l’énormité de Mexico DF n’aide pas. Les heures passées dans les transports réduisent encore un peu plus les journées. Pourtant, parfois, au coin de la rue, le temps change marque une pause, de manière aussi soudaine qu’inattendue.
La casa azul de Frida Khalo, les fresques murales de Diego Rivera, la tombe de Trosky … le temps n’est plus le même, il s’est arrêté, un peu nostalgique, un peu révolutionnaire.

Et bien sûr sans oublier Zapata, par Lila Downs, « Zapata se queda »
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La blague du jour

Les quelques promenades que j’ai le temps de faire pendant mon séjour à  Mexico City sont vraiment géniales. Je pourrais en raconter quelques unes, ça viendra sûrement, mais là  j’avais plus envie de partager la blague du jour…
Voyez plutôt la photo:

Oui, Mexico accueille en novembre un world forum blabla. Les deux invités de marque sont simplement Lance Amstrong -cycliste, septuple vainqueur du tour de France, avéré dopé, et déchu de ses titres – et Alvaro Uribe – ex président colombien, avéré corrompu, tout son gouvernement est en prison ou en fuite.
Bref des vrais champions, j’en ai presque eu la larme à  l’oeil!

Les « indignés » de l’Institut Universitaire Européen


J’ai malheureusement peu de temps pour blogguer, mais je me devais un petit post pour raconter ce qui se passe sous ma fenêtre. La semaine dernière le président de l’Europe (celui qui est censé sauter en dernier du bateau lorsqu’il coule), Van Rompuy, est venu donner un petit discours néolibéral, vantant les bienfaits du marché et de la crise (enfin des mesures d’austérités). Il venait confiant, sûr de lui et de son public, il a du être un peu déçu, au sein même des institutions européennes il y a des gens pas content, qui demande plus de démocratie.
Le collectif prezzemolo (j’en parlais ici) a réalisé une action assez subtile à  l’intérieur (un peu moins à  l’extérieur) de l’institut, critiquant la construction peu démocratique de l’Europe.
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Je reproduis ici une partie du discours du collectif, trouvable en version complète ici:

Nous devrions nous assoir comme des sujets obéissants et écouter silencieusement et docilement un discours sur les défis économiques et politiques qui attendent l’Europe, prononcé par un des architectes mêmes de la crise politique, économique et sociale qui se déroule en ce moment même : l’élite politique et financière européenne.
Toutefois, la crise de la démocratie dans l’Union Européenne est bien plus insidieuse que la simple nomination d’une figure présidentielle. L’éthos antidémocratique a infiltré les structures mêmes de l’Union, comme le mépris constant pour l’expression de la volonté populaire des citoyens l’a montré à  plusieurs reprises. Une volonté populaire ignorée après les référendums français et hollandais, et à  deux reprises dans le cas de l’Irlande. La détérioration continue des standards démocratiques a été de nouveau récemment révélée par la réaction outrée de l’UE face à  l’effort du gouvernement grec de rechercher l’assentiment populaire face à  l’étau financier imposé à  son pays. On ne se contente plus d’ignorer les expressions de la volonté populaire. Il devient désormais inadmissible de consulter le corps électoral européen.

Et leur clin d’oeil luthérien: les 95 thèses

L’événement a été amplement couvert par la presse, voir la liste des articles ici. Et ici un que je trouve particulièrement bien.
Et la vidéo suivante est l’interview du camarade Pietro:
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Humala gagne au Pérou … le Chili gronde!

Humala est le nouveau président péruvien. Apparemment personne s’en réjouit vraiment, mais un retour du Fujimorisme aurait surement été bien pire. Il faut maintenant attendre la nomination du nouveau gouvernement pour voir quel chemin Humala va prendre.

Le Monde:

Son élection apparaît comme une revanche éclatante. Le candidat de gauche Ollanta Humala a affirmé, dimanche 5 juin au soir, avoir « remporté l’élection présidentielle » au Pérou, sur la base des premiers résultats partiels et des projections. Si les résultats sont officiellement confirmés, c’est une victoire pour des pans entiers du pays, les Indiens pauvres, grands oubliés des élites économiques. Le futur chef de l’Etat devra donc gérer cette immense attente sociale. Il devra aussi composer avec la méfiance des marchés.

Libération:

Humala, d’origine indienne (quechua) comme 80% des Péruviens veut rendre le pays moins dépendant du secteur minier (or, argent, cuivre) et mieux répartir la forte croissance (8,7% en 2010), notamment en faveur des provinces andines reculées où la pauvreté atteint 60%.

Ses envolées contre les «pouvoirs économiques» ou ses propositions de taxe des profits miniers ont régulièrement inquiété la Bourse de Lima, qui devrait réagir négativement lundi au résultat de l’élection.

Sa victoire consacre le grand retour de la gauche à  la tête du Pérou, 36 ans après le régime militaire du général Juan Velasco Alvarado (1968-75), un nationaliste de gauche parvenu au pouvoir et chassé par des coups d’Etat.

Le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, libéral de droite rallié au candidat de gauche par crainte du retour au pouvoir de l’entourage du père de Keiko Fujimori, a quant à  lui salué «une défaite du fascisme».

Du coup au Chili, les dents grincent… les propos nationalistes de Humala ne rassurent pas le pays voisin. Même les volcans réagissent!
Photo: Le Figaro

Florence: il Collettivo Prezzemolo

Sur un fond de contestation ambiante dans la majorité des pays du sud de l’Europe, est né il Collettivo Prezzemolo qui se présente lui même comme un réseau de contacts, expériences et connaissances, par lequel les mouvements anti-crise peuvent coordonner leurs stratégies de réalisation d’un projet transnational de résistance.
L’idée est née un soir autour d’un verre de vin où une bande de doctorants de l’Institut Universitaire Européen refaisait le monde, et faute de le refaire ils en discutent. La première étape « publique » se déroule samedi prochain (28 mai) et aura lieu au « Progetto conciatori » Via de’ Conciatori 2 à  Florence. Une bonne occasion pour connaitre les dynamiques locales et écouter quelques intello réputés comme Donatella Della Porta, Prof. de socio à  European University Institute, et finir la journée par une session théâtre ou cinématographique accompagné d’un apéro!
Le programme complet:

Santiago, dix ans après


La première fois que je mettais les pieds à  Santiago c’était en 2001, en février si je me rappelle bien. Je venais chercher mon frère à  l’aéroport pour filer en Patagonie. Je venais du nord, et après 4 mois au Pérou, le but était d’user nos semelles dans le sud, Torres del Paine, Tierra del Fuego… Santiago était donc l’étape pratique avant le froid du Sud et mes souvenirs se limitent aux retrouvailles et à  tout le chocolat que mon frère m’avait ramené plutôt qu’a la ville elle même.
Quelque temps plus tard je repasse par Santiago, et là  de nouveau c’est une courte étape, mon voyage continue très vite en direction d’Atacama et de la Bolivie.
Mon retour à  Santiago dix ans plus tard est bien différent. Je viens pour le travail, une semaine. J’ai donc troqué mon sac à  dos et mes T-shirt troué pour une valise top classe et des costards. Je continue à  parler de droit de l’homme et de justice, mais le revêtement est un peu différent. Ce retour aurait pu (du) être nostalgique, mais pas vraiment, à  part l’envie de prendre un bus et continuer vers le nord plutôt que de re-traverser l’atlantique pas grand chose m’a rappelé mon premier séjour. Même la tournée des bars le vendredi et le samedi… ça doit être l’age, je commence à  assumer que j’ai grandi. zut!
Bon y’a quand même eu un petit moment de jeunesse retourvée… comme la semaine à  Santiago était un peu agitée, quelques manifestation sont venue pimentées les cocktails au ministère. Comme l’explique Cristina L’Homme sur Rue89

des dizaines de milliers de manifestants défilent depuis plus d’une semaine dans les grandes villes du Sud du Chili, et principalement en Patagonie, où les carabiniers les ont violemment réprimés. Ils protestent contre HidroAysén, un projet de construction de cinq méga-barrages hydro-électriques.

A Santiago, vendredi dernier je suis passé, comme ça par hasard, à  travers la manifestation. La police est aussi passée avec leur mini 4*4 blindé balançant des grenades lacrymogènes à  travers les trous fait dans les portières. On en a pris 3 dans les pieds. La demi heure qui a suivi était pas franchement sympathique – pleurs, étouffement et j’en passe-… mais après coup c’est plutôt drôle!
Comme à  l’époque!! …chassez la nostalgie, elle reviendra au galop!!

Photo: André

Uribe enseigne à Metz

Oui oui … c’est bien cela… L’ancien président colombien, le même qui est responsable de « falsos postivos », de mille et une corruption, d’avoir mis en pièce un grand nombre d’institution colombienne, etc (je ne vais pas faire la liste a chaque fois!). Je me demande si ce n’est pas un coup pour éviter le justice colombienne qui se rapproche de lui à  grand pas.
En tout cas la description faite sur le site de l’Université est plutôt fofolle:

Né le 4 juillet 1952 à  Medellin, àlvaro Uribe Vélez a assuré les fonctions de Président de la République de Colombie de 2002 à  2010.
Avocat de profession, àlvaro Uribe a étudié à  l’université d’Antioquia puis a suivi une spécialisation en administration et en gestion à  l’université de Harvard, puis à  l’université d’Oxford, où il sera nommé Senior Associate Member at the Saint Antony’s College en 1998.
Successivement maire de Medellà­n, sénateur puis gouverneur de la région d’Antioquia, il est élu président de la République le 26 mai 2002, au premier tour de cette élection à  laquelle il s’est présenté en tant que candidat indépendant.
Son crédo : le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, à  travers une politique de « sécurité démocratique », présentée comme un préalable indispensable à  une solution négociée du conflit avec les FARC. Il recrute ainsi 30 000 soldats professionnels, et met en place un réseau de surveillance citoyenne d’un million de personnes. Associé aux Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, àlvaro Uribe poursuit le « plan Colombie » contre le trafic de stupéfiants, avec notamment la destruction des champs de coca, mettant à  mal les revenus des FARC, parties prenantes de ce trafic.
En 8 ans, àlvaro Uribe a fait reculer l’insécurité de manière remarquable : ses succès contre les FARC et la réduction de la criminalité ont assis la popularité du président, qui était de 78% à  la fin de son dernier mandat.
àlvaro Uribe a également inscrit le développement quantitatif et qualitatif de la formation des jeunes comme une priorité nationale afin de lutter contre la marginalisation et la pauvreté. C’est ainsi que, via l’organisme national de formation (le SENA) dirigé par Dario Montoya Mejia, àlvaro Uribe a confié à  l’ENIM la modernisation des centres de formation colombiens afin de satisfaire les besoin en compétences des bassins industriels du pays.
En Octobre 2007, à  Carthagène des Indes, àlvaro Uribe est fait ingénieur Honoris Causa de l’ENIM. En 2010, il accepte la fonction de professeur des Universités à  l’ENIM.

j’adore surtout ce bout là : « Son crédo : le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire » … ça a marché c’est sûr. On pourrait lui demander de de réformer le système universitaire français, il va mal, très mal même.

Berlusconi ne s’en va pas

On rêvait déjà  de la fin de l’aire Berlusconi, tout le monde notait les dégâts « irréparables » à  la santé, l’Université et les autres services de l’Etat, le problème des ordures de Naples qui perdure, un chômage qui atteint près de 11% et la croissance quasi nulle. Le coup fatal devait arriver à  travers du nouveau mouvement Futur et Liberté, formé autour du président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini l’été dernier. Il n’en fut rien, le double vote de censure, au sénat et à  la chambre des député n’est juste pas passé. Le gouvernement de Berlusconi se sauve de justesse, lors d’un vote entaché de dénonciation de corruption: un député réformateur passé chez les non-inscrits, Massimo Calearo, affirmait hier que le vote d’un élu d’opposition «s’achète entre 350.000 et 500.000 euros». Le parquet de Rome a tout de même ouvert une enquête pour corruption présumée… En attendant Berlusconi règne et la rue s’insurge…

Rome est mis à  sac:

L’échec de l’extrême droite en Suisse… enfin presque!

La Suisse voté hier, l’initiative d’extrême droite sur l’expulsion automatique de criminels étrangers a été acceptée. Journée triste pour
La réaction d’Amnesty International est assez « Des dispositions violant les droits humains n’ont rien à  faire dans notre Constitution. Les initiants ont une nouvelle fois abusé du droit d’initiative dans le but d’augmenter leur capital politique par des propos xénophobes »

Mais pour être franc je préfère l’analyse de mon ami JC:

Soyons cyniques : l’immigration n’est en rien stoppée. Pour des raisons structurelles et conjoncturelles, mais tel n’est pas l’objet du débat; le but avoué de l’extrême droite, c’est bel et bien de circonscrire l’immigration. L’immigration légale et illégale poursuit son bonhomme de chemin : l’extrême droite a échoué.

Soyons encore cyniques : qu’en est-il de la délinquance ? Aucun résultat, et c’est peut-être l’échec le plus visible de la politique de l’extrême droite. La délinquance progresse. Malgré le durcissement des lois pénales, les statistiques sont têtues. C’est à  se demander si faire preuve d’autant d’intransigeance était la bonne solution.

Soyons d’un cynisme sans bornes : l’Islam. L’extrême droite a-t-elle réussi à  « endiguer » le flot de croyants ? En rien. Des associations structurent les musulmans suisses et, même si aucun chiffre vérifiable sur le sujet n’existe, il est de coutume de parler de 300’000 musulmans habitant le territoire helvétique. Un petit 5%, mais qui semblerait plutôt en croissance. Issus de l’immigration, Suisses se convertissant au prophète Mahomet, il semble à  première vue que là  aussi, un échec de l’UDC se profile.

Image: © Chappatte . globecartoon.com