Obama ne m’a pas laissé dormir

La campagne a été longue, tellement longue que ça a fait pleuré des petites filles.
Image de prévisualisation YouTube
J’avoue que ma passion pour la politique a presque trouvé ses limites. J’en ai eu presque marre de toujours devoir choisir les hamburgers et cocktails « blue » à  l’honneur d’Obama dans tous les bars et bistrots où j’ai été récemment.
Obama a gagné, on est content, on s’est couché tard, on a eu peur pour l’Ohio et la Virginie (l’état, pas la fille).
On a même fait un don de dernière minute pour cette campagne qui a coûté des billions. Et FINALEMENT Obama a gagné … piouf, c’était serré, mais finalement la victoire est assez belle, la grande majorité des états « swing » ont penché du coté démocrate, il manque encore les résultats en Floride, mais il y a de forte chance pour que Obama la gagne aussi. Du coup hier soir j’ai même bu un cocktail rouge -tout aussi fade que le blue démocrate. Obama a fait son beau discours, très nationaliste et avec dieu un peu à  toutes les sauces, mais beau quand même. Il a même mentionné le réchauffement climatique, c’est dire!
Image de prévisualisation YouTube
C’est peut être tordu de ma part, mais depuis Sandy (la tempête), j’étais redevenu confiant sur la victoire d’Obama, mais d’ici a rêver que la Floride (oui oui j’anticipe) et la Virginie allait être démocrate, wauuu. Le quartier où je vis -à  Washington, DC- a dignement fêté ça. C’est un quartier historiquement noir et DC a voté à  91% démocrate, donc les 3 républicains de la ville se sont fait tout petit hier soir.
Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, l’herbe est devenu légale dans le Colorado, le mariage se démocratise dans le Maryland, la première sénatrice ouvertement homosexuelle (représentante du Wisconsin) a été élue pour la chambre nationale.
La fin de l’année 2012 sera plus douce.

La blague du jour

Les quelques promenades que j’ai le temps de faire pendant mon séjour à  Mexico City sont vraiment géniales. Je pourrais en raconter quelques unes, ça viendra sûrement, mais là  j’avais plus envie de partager la blague du jour…
Voyez plutôt la photo:

Oui, Mexico accueille en novembre un world forum blabla. Les deux invités de marque sont simplement Lance Amstrong -cycliste, septuple vainqueur du tour de France, avéré dopé, et déchu de ses titres – et Alvaro Uribe – ex président colombien, avéré corrompu, tout son gouvernement est en prison ou en fuite.
Bref des vrais champions, j’en ai presque eu la larme à  l’oeil!

Affaire Gontard: non lieu

C’est en juillet 2008 que l’affaire Gontard a débuté. Prof. Gontard était depuis de nombreuses années médiateur auprès des FARC, négociant la libération d’otages en tout genre. Sa mission avait été autorisée par le gouvernement colombien, mais ce dernier avait, un beau jour, décidé qu’il ne voulait plus de négociateur, donc, comme il est coutume chez les extrémistes (le gouvernement d’Uribe dans ce cas là ), au lieu de remercier la mission de médiation, il a préféré attaquer Gontard et l’accuser de connivence avec les FARC. A l’époque l’ordinateur de Reyes parlait facilement, il était même très courant de lui faire dire pleins de choses intéressantes.
L’affaire est passée devant la justice, Gontard a été entendu à  plusieurs reprises, et 3 ans et demi plus tard la justice rend son verdict: Gontard est lavé de tout soupçon, il a, selon les dires de la justice colombienne, toujours agi dans un objectif éminemment humanitaire.

Plus de détails dans l’article du journal Le temps, Genève:

Au terme d’une enquête dont le détail des conclusions permet de penser qu’elle a été fouillée, la procureure adjointe de l’Unité de l’antiterrorisme colombien, Nancy Esperanza Pardo Bonilla, estime qu’en tant qu’émissaire officiant pour le compte de Berne au sein d’une mission pilotée par la Suisse, la France et l’Espagne, pour «faciliter» les négociations autour des otages de la guérilla marxiste, Jean-Pierre Gontard n’a jamais outrepassé les limites de son mandat. Mieux, la dimension humanitaire de son engagement est saluée par la justice colombienne
[…]
Jean-Pierre Gontard «a bien agi en tant qu’intermédiaire pour obtenir la libération de deux otages, de même qu’il s’est engagé pour la libération de beaucoup d’autres. Il l’a fait dans un objectif éminemment humanitaire et dans le cadre des facultés qui lui avaient été accordées comme facilitateur du processus de paix de la part du gouvernement colombien.»
[…]
Jean-Pierre Gontard, interrogé par deux fois sur le sol suisse au cours de missions rogatoires menées par la justice colombienne, n’a jamais pensé que l’affaire le conduirait jusqu’au procès. Pour lui, le dénouement n’était qu’une épreuve de «patience», traversée avec le «soutien constant du DFAE, les messages de (ses) anciens élèves, de diplomates et de Colombiens, y compris dans les premiers cercles du gouvernement». «Ce que je n’imaginais pas, précise Jean-Pierre Gontard, c’est que le non-lieu serait rendu en des termes aussi explicites et honnêtes.»

L’article en entier ici

Les « indignés » de l’Institut Universitaire Européen


J’ai malheureusement peu de temps pour blogguer, mais je me devais un petit post pour raconter ce qui se passe sous ma fenêtre. La semaine dernière le président de l’Europe (celui qui est censé sauter en dernier du bateau lorsqu’il coule), Van Rompuy, est venu donner un petit discours néolibéral, vantant les bienfaits du marché et de la crise (enfin des mesures d’austérités). Il venait confiant, sûr de lui et de son public, il a du être un peu déçu, au sein même des institutions européennes il y a des gens pas content, qui demande plus de démocratie.
Le collectif prezzemolo (j’en parlais ici) a réalisé une action assez subtile à  l’intérieur (un peu moins à  l’extérieur) de l’institut, critiquant la construction peu démocratique de l’Europe.
Image de prévisualisation YouTube
Je reproduis ici une partie du discours du collectif, trouvable en version complète ici:

Nous devrions nous assoir comme des sujets obéissants et écouter silencieusement et docilement un discours sur les défis économiques et politiques qui attendent l’Europe, prononcé par un des architectes mêmes de la crise politique, économique et sociale qui se déroule en ce moment même : l’élite politique et financière européenne.
Toutefois, la crise de la démocratie dans l’Union Européenne est bien plus insidieuse que la simple nomination d’une figure présidentielle. L’éthos antidémocratique a infiltré les structures mêmes de l’Union, comme le mépris constant pour l’expression de la volonté populaire des citoyens l’a montré à  plusieurs reprises. Une volonté populaire ignorée après les référendums français et hollandais, et à  deux reprises dans le cas de l’Irlande. La détérioration continue des standards démocratiques a été de nouveau récemment révélée par la réaction outrée de l’UE face à  l’effort du gouvernement grec de rechercher l’assentiment populaire face à  l’étau financier imposé à  son pays. On ne se contente plus d’ignorer les expressions de la volonté populaire. Il devient désormais inadmissible de consulter le corps électoral européen.

Et leur clin d’oeil luthérien: les 95 thèses

L’événement a été amplement couvert par la presse, voir la liste des articles ici. Et ici un que je trouve particulièrement bien.
Et la vidéo suivante est l’interview du camarade Pietro:
Image de prévisualisation YouTube

Gustavo Petro nouveau maire de Bogotá

Comme prévu Gustavo Petro gagne largement (32%) les élections municipales à  Bogotà¡. Peà±alosa (24%) perd pour la deuxième fois de suite, et les deux fois avec le soutien d’Uribe. Parody fait un petit score (16%), j’attendais un peu mieux, son alliance de dernière minute (avec Vinasco) lui a peut être joué un mauvais tour. Les résultats complet ici.
Le parti de gauche (Polo Democratico) disparait de la carte, et cela même au niveau national.
« Mon » candidat au conseil de la ville est réélu.

Veille d’élection

Les dés sont jetés ou presque. Apparemment c’est la première fois dans l’histoire de Bogotà¡ qu’il y a eu autant d’incertitude, moi j’ai l’impression qu’on disait la même chose il y a quatre ans, enfin si les journaux le dise, croyons le.
Les temps ont changé depuis mon dernier post, Mockus qui s’était senti trahi par Peà±alosa après son alliance avec Uribe, avait décidé de se présenter à  la mairie. C’était presque évident qu’il allait chercher une alliance avec un autre candidat et comme il n’a jamais vraiment décollé dans les sondages, stagnant autour des 12%, il fallait qu’il trouve une sortie décente. Pendant un temps il y a eu des discussions avec le camp de Petro, mais ça n’a pas abouti. Trop différents? ou trop orgueilleux? Le fait est que Mockus a fini avec Parody, ex-uribiste, mais contrairement à  ceux-ci elle a une éthique. Elle est même assez « solide » dans sa formation, ancienne sénatrice, et avec cette alliance est devenue une option possible pour la mairie. Son gros défaut est que c’est une bourgeoise qui ne connait pas vraiment les quartiers pauvres de Bogotà¡ (ce qui représente une grande partie de la ville). Elle a donc continué à  chercher des alliances et a trouvé à  la dernière minute le commentateur sportif qui avait fait la surprise il a 4 ans: William Vinasco. Il est populaire dans les classes populaires… difficile de comprendre comment Mockus a suivi, mais 3 jours avant les élections l’éthique passe après la stratégie.
Le trio de tête est donc composé de Petro, Peà±alosa et Parody. Sans chercher très loin on peut imaginer que Peà±alosa a déjà  perdu (à  moins qu’Uribe lui trouve des bus rempli de gens qui iraient voter). Le grand favori est Petro, il a réussit à  créer un mouvement, quoique un peu désorganisé, qui devrait lui garantir la victoire, mais pas la majorité au conseil. A moins que Parody crée la surprise, mais les derniers sondages la place tout même loin derrière Petro. Élue ou pas, Parody a fait sa place dans la politique de la capital, on la reverra bientôt sans aucun doute.
Demain Bogotà¡ devrait retrouver un maire (l’ancien est toujours suspendu)!

La course à la Mairie de Bogotá: c’est parti!

Quatre ans sont passés (déjà ) depuis les dernières élections. En ce temps là  je suivais la campagne du candidat au conseil municipal, Sà¡enz. Il était membre du Polo et par conséquent soutenait la candidature de Moreno. Les deux gagnèrent.
Moreno a depuis été destitué, à  cause du chantier de corruption ou de la corruption du chantier. Sà¡enz a démissionné de son poste et du parti rejoignant Petro et les dissidents du Polo. Le Polo s’est en partie décomposé à  cause de la très mauvaise gestion de l’administration de Moreno, mais aussi car ses membres n’ont jamais réussit à  s’entendre. L’aile dure (extrême gauche) s’étant approprié les postes clés du parti, les centristes sont partis. L’ex-sénateur Petro fonda alors le mouvement citoyen « progresistas » et s’est lancé à  la mairie de Bogotà¡, avec pas mal de chance de l’emporter. Le candidat du Polo aura du mal à  se faire une place, il traîne les casseroles de Moreno.
De l’autre coté, à  droite, plusieurs candidats tentent leur chance, deux font partie du peloton de tête: Peà±alosa et Mockus. Oui oui.. les deux étaient membres du fameux « partido verde » qui n’a de vert que le nom et qui fit un joli score à  la dernière élection présidentielle. Seulement voilà , ce magnifique parti qui bénéficia d’un engouement populaire l’année dernière car il représentait l’alternative à  Uribe s’est simplement associé (je dirais même vendu) au parti de l’ex-président et futur taulard Uribe. Peà±alosa, qui est prêt à  tout pour être réélu (il a déjà  été maire de Bogotà¡), s’est associé avec les ennemis de ses collègues de parti. Mockus qui continue à  se présenter comme Monsieur éthique a logiquement quitté le parti… mais son orgueil étant aussi grand que son éthique est flexible, il a donc choisit, à  la dernière minute, de se lancer à  la mairie avec un parti qui passait par là  et qui ne représente pas grand chose, et bien sûr il n’a pas de programme… à  part son orgueil débordant.
Bref la course à  mairie a commencé et les trois favoris sont Petro, Peà±alosa et Mockus. Si je pouvais voter mon vote irait à  Petro, car il aborde tous les thèmes importants pour la ville: lutte contre la pauvreté, éducation, protection de l’environnement, mobilité etc. et aussi car les deux autres ont réussit, en bien peu de temps, à  détruire toute crédibilité à  une possible opposition au pouvoir en place, montrant bien peu d’intérêt au projet citadin et national, préférant leurs nombrils!
Et comme le seul vrai défenseur de l’écologie est Roberto Saenz, mon soutien au conseil de la ville est sans faille! … et pour la première fois je vais aussi suivre la campagne au niveau des localités de Bogotà¡, ou plutôt d’une localité: Chapinero, et comme c’est un bon lieu de fête et que je défendrais toujours la prévention et non la répression mon vote irait à  Marcela Tovar… qui un de ces jours mériterait un post complet.
Il reste un peu moins de 3 mois de campagne qui s’annonce tendue et plein de rebondissements, malheureusement je ne pourrais pas les suivre de la même manière que la dernière fois, le devoir m’appelle de l’autre coté de l’océan… mais j’ai des informateurs très bien placés, donc affaire à  suivre!

Jaime Garzón: 12 ans d’impunité

Православни икони
Le 13 août prochain la Colombie célébrera le triste anniversaire de la mort du célèbre humoriste Jaime Garzà³n. 12 ans de faux témoignage et d’enquête fantôme. La famille et l’avocat chargé du cas ont cette année décidé d’attaquer l’État colombien devant la Cour Inter-américaine des droits de l’homme pour ne pas protéger la vie, ni empêcher le crime, ni enquêter les faits efficacement. Après la condamnation de l’État colombien par la Cour Inter-américaine des droits de l’homme pour le même genre de charge dans le cas Cepeda, on peut donc s’attendre à  une nouvelle condamnation de la Colombie…
Un excellent documentaire sur l’assassinat de Garzà³n et l’enquête a été réalisé par « Contravia », et mérite d’être vu… en espagnol:
Image de prévisualisation YouTube
Image de prévisualisation YouTube
Image de prévisualisation YouTube

Le chantier de Bogotá


C’est le grand sujet à  la mode, Bogotà¡ est en déconstruction… reconstruction. Le transmilenio d’un coté, des ponts de l’autre, du coup ça bouchonne, comme jamais. L’analyse est simple tout est de la faute du Maire, Samuel Moreno.
Même si l’analyse est un peu facile il y a pas mal de vrai, les travaux devraient approcher leur fin, et tout devrait rentrer dans le désordre normal. Mais le petit détail est que pendant à  peu près une année les travaux se sont arrêté… les ouvriers n’étant plus payé, personne ne travaillait. (normal). Moins normal est que l’argent continuait de diminuer, les caisses se vidant petit à  petit. Un an plus tard, ooooh scandale, tout l’argent était parti et rien n’était fini… les poches d’une série de $&§@$£ se sont bien remplie, et comme d’hab les citoyens trinquent. Un système très simple d’entreprises fictives a permis de détourner l’argent dédié au système de transport.
Raison pour laquelle le Maire a été destitué et une partie de ses amis ont un petit procès en cours. Une partie de l’argent sera peut être récupéré… mais faut pas trop y croire. Par contre les travaux ont repris, vite, même très vite, et ça avance, de l’argent c’est pas vraiment ce qui manque, c’est assez surprenant même, on en vient à  penser tout ce qu’il pourrait être fait avec tout cet argent volé.
Cela étant dit, les bouchons bogotien ne s’explique pas qu’avec les travaux. Un petit détail échappe souvent aux commentateurs râleurs, ces 4 dernière années le nombre de voitures particulières a presque doublé, atteignant 1 million 500 mille voitures. La croissance économique aidant, de plus en plus de monde s’achète 1 voire 2 voitures… et ça le maire n’y pouvait pas grand chose.

Humala gagne au Pérou … le Chili gronde!

Humala est le nouveau président péruvien. Apparemment personne s’en réjouit vraiment, mais un retour du Fujimorisme aurait surement été bien pire. Il faut maintenant attendre la nomination du nouveau gouvernement pour voir quel chemin Humala va prendre.

Le Monde:

Son élection apparaît comme une revanche éclatante. Le candidat de gauche Ollanta Humala a affirmé, dimanche 5 juin au soir, avoir « remporté l’élection présidentielle » au Pérou, sur la base des premiers résultats partiels et des projections. Si les résultats sont officiellement confirmés, c’est une victoire pour des pans entiers du pays, les Indiens pauvres, grands oubliés des élites économiques. Le futur chef de l’Etat devra donc gérer cette immense attente sociale. Il devra aussi composer avec la méfiance des marchés.

Libération:

Humala, d’origine indienne (quechua) comme 80% des Péruviens veut rendre le pays moins dépendant du secteur minier (or, argent, cuivre) et mieux répartir la forte croissance (8,7% en 2010), notamment en faveur des provinces andines reculées où la pauvreté atteint 60%.

Ses envolées contre les «pouvoirs économiques» ou ses propositions de taxe des profits miniers ont régulièrement inquiété la Bourse de Lima, qui devrait réagir négativement lundi au résultat de l’élection.

Sa victoire consacre le grand retour de la gauche à  la tête du Pérou, 36 ans après le régime militaire du général Juan Velasco Alvarado (1968-75), un nationaliste de gauche parvenu au pouvoir et chassé par des coups d’Etat.

Le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, libéral de droite rallié au candidat de gauche par crainte du retour au pouvoir de l’entourage du père de Keiko Fujimori, a quant à  lui salué «une défaite du fascisme».

Du coup au Chili, les dents grincent… les propos nationalistes de Humala ne rassurent pas le pays voisin. Même les volcans réagissent!
Photo: Le Figaro