Déc 02 2006
Surprise à Togoville

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Il m’aura fallut attendre le dernier jour sur le continent africain pour découvrir, ou plutôt entrevoir, le coeur de l’Afrique. Un coeur si vieux, qu’il bat depuis les premiers baobabs. Un coeur si sage, qu’il ne se gonfle qu’à valve mesurée. L’âge et la sagesse, qui sont associés si souvent dans l’inconscient collectif africain, je l’ai rencontré en la personne d’un jeune homme de 25 ans peut-être, héritier du trône de Togoville, descendant du roi Mlapa. Car comme je l’ai compris au cours de notre trop courte discussion, le fils hérite du savoir du père, le petit-fils de l’arrière-grand-père. La tradition ancestrale, transmise oralement de génération en génération… la voilà qui alimentait en sève cette jeune pousse, dépositaire de centaines, peut-être de milliers d’années d’histoire.

Transporté de joie ne décrirait que partiellement mes sentiments : le respect fût au moins aussi important sur le plateau des émotion duquel je me suis abondamment servi.

Voulant visiter un peu le Togo, c’est à bord de pirogue que je me suis dirigé vers le centre historique du pays, Togoville. Et la, nous fûmes reçus par son Altesse, qui ne se présenta aucunement en tant que tel. Il attendit qu’on jette un coup d’oeil à la minuscule pièce bardée de trophées de toutes sortes et toutes époques, avant de prendre la parole. Là, au milieu de pêle-mêle une peau de léopard, une pipe à l’effigie d’un empereur allemand, une coupure de presse jaunie par l’âge encadrée au centre d’un mur, des sceptres dorés – nouveaux – ou blancs ivoire – traditionnels -, le prince se lance sans crier gare dans un monologue qui, de prime abord, me semblât une simple récitation. Les mots sont trop savamment choisis, l’élocution un peu trop parfaite et le ton monotone. Nous voilà qui voyageons guidés par cette voix régulière dans l’histoire togolaise, commençant par la fondation de Togoville, dont le nom ne veut pas dire ville « au-delà de la rivière », mais ville « au-delà de la falaise ». Un homme haut placé, nous expliquera-t-il en refusant d’en préciser le nom – j’apprendrai néanmoins plus tard qu’il s’agissait du premier ministre actuel – ne le sait même pas : il gouverne un pays dont il ne connaît pas l’histoire, récrimine-t-il avec tact et dignité.

Notre périple historique se poursuivit aux abords de la colonisation allemande, qui établît à la fin du XIXème siècle un traité de protectorat avec le roi Mlapa. Le prince égrène les dates comme s’il s’agissait de celles de sa propre naissance, évoquant avec fierté le traité germano-togolais de 1884 qui me semblât suspecte : de ce que je connais de la colonisation allemande, c’est qu’elle fût effectuée à renforts des théories racistes des Gobineau et autres pseudo-scientifiques de tout poil. Je ne pu m’empêcher d’interrompre son monologue en le questionnant sur la raison d’un tel respect pour un Reich se croyant supérieur à l’ensemble de l’humanité. Mon intervention me permit de trouver une réponse, mais aussi de découvrir que j’avais en face de moi un homme exceptionnel.

Ce que je prenais pour une récitation, effectuée par un jeune du village n’ayant rien trouvé d’autre que de travailler dans ce minuscule musée, était réalité le fruit d’une réflexion élaborée, exprimé au moyen d’un vocabulaire de haut vol qui aurait fait pâlir de jalousie la plus grande partie des universitaires que j’ai fréquenté. C’est dans ce son monocorde que l’héritier me répondra que les Allemands ont beaucoup respectés le peuple togolais, qu’ils furent les premiers à retranscrire la langue éwé – l’ethnie majoritaire au Togo – allant même jusqu’à créer un dictionnaire de de celle-ci. Frappé d’apprendre que les Togolais pouvaient voir comme un échange juste un peu inégal la colonisation allemande – « Pour nous, et je vais peut-être vous choquer, il n’a jamais été question de colonisation, mais de traité entre puissances égales » – je suis complètement subjugué par la maîtrise d’un verbe dont il joue avec virtuosité. En toute humilité, mais avec une grande science, il entrouvre certains voiles historiques que l’homme de science ne soulève que si il a la chance de rencontrer la bonne personne.

Je réalise ainsi que cette homme, qui s’exprime d’une voix quelque peu rébarbative, est un puits de connaissances : puis-je faire autre chose que m’y abreuver de tout mon soûl ? Ce n’est qu’au fil de mes questions que je finirai par comprendre qu’il est le fils du roi de Togoland, car un prince n’est pas intronisé sans condition : il faut que « Dieu le veuille », avant d’avoir le titre, et le gardien de musée veillait à rester aussi modeste que possible. Prince en devenir, roi potentiel, je n’ai jamais trouvé autant de majesté réunie en un seul homme, porteur de tant d’humilité qu’on ne peut que vénérer ce jeune homme. On loue son humanité, et non ses possessions ou le nombre de ses sujets – paraît-il 8’000 âmes. Individu effacé, instruit au-delà du prévisible, digne.

La tradition africaine qui se perd, un regret des temps passés, le conservatisme d’un minuscule village qui rêve d’autres jours plus glorieux où son importance était connue et reconnue par tous, seront abondamment discutés.On est loin, très loin des habituels discours conservateurs entendus sous des latitudes plus fraîches. Peut-être fût-ce le calme de mon interlocuteur, ou son érudition; mais ces discours qui d’habitude me hérissent le poils, m’enthousiasmèrent ce jour-là. Trop de qualités étaient réunies dans cette homme – le premier qu’il m’ait été donné de rencontrer à réfléchir avant de parler – pour que toute la tradition africaine ne s’impose pas à mes certitudes occidentales. A peine le bac en poche, bien plus jeune que moi, j’ai appris ce jour là comme un jouvenceau à l’école.

« Tout ce que je sais, je le tiens de mon père », m’a lancé son altesse. Une éducation qui serait un remède à bien des maux, de par chez nous.



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6 commentaires sur “Surprise à Togoville”



  1. JE SUIS LANWADAN TOURE TIMOTHEE.JE SUIS DE TOGOVILLE .J AI UN MESSAGE A LENDROIT DE TOUS LES JEUNES ORIGINAIRE DE TOGOVILLE .
    NOUS DEVONS NOUS UNIR POUR CONSTRUIRE ET DEVELLOPER NOTRE VILLAGE .POUR CELA NOUS AVONS CREER UNE ASSOCIATION BASEE A ABIDJAN DU NOM DE RETROUVAILLE TOGOVILLE .NOUS VOULONS PARE CETTE ASSOCIATION REGROUPER UNE INTELLIGENCIA JEUNE POUR ENSEMBLE VOIR DANS KELS MESURES NOUPOURRONS AIDER NOTRE VILLAGE
    retrouvailletogoville2003@yahoo.fr
    togovilleensemble@yahoo.fr je suis timothee 00225 08732013




  2. salut a tous ceux qui aiment TOGOVILLE je suis LANWADAN TOURE TIMOTHEE je vous salue et vous dis ke je serai heureux que l’on me contacte au 00225 08732013




  3. Appel à tous les Togovilliens : Timothée vous attend ! A vous de tester la fiabilité de Togocell 😎




  4. c’est TOMOTHEE mon mail est volivoli2000@yahoo.fr et mon pkone est 00225 08732013




  5. salut a tous ceux qui liront ceci je suis LANWADAN TOURE je suis de togoville et j’ai cree l’association RETROUVAILLE TOGOVILLE pour unir et rassembler tous les jeunes orginaire de togoville ensemble.
    nous pourons ainsi aider a construire notre village


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