Ubuntu party: 1 an de nouvelle vie, j’invite tout le monde à fêter l’évènement

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Voilà un an que je me suis lancé dans l’aventure ubuntu, et c’est le temps qu’il m’aura fallu pour prendre tout à fait mes aises. Utilisateur très avancé sous Windows, j’ai dû perdre de nombreux réflexes et en acquérir d’autres. Avec des moments de solitude très difficiles, où l’on ne comprend plus rien, et où l’envie de repasser à quelque chose qu’on déteste mais qu’on maîtrise mieux est très forte. Une rupture n’est jamais facile à vivre.

A certain moments, jeter le pingouin1 dans les ronces traverse l’esprit de l’aventurier. J’ai dû en maudire, des générations de programmeurs, pour ne pas avoir su trouver un logiciel qui était rigoureusement identique à celui que j’utilisais sous Windows. Me forcer à changer ma manière de faire, quelle audace ! J’ai parfois passé des semaines à comprendre comment fonctionnait certains outils sous Windows, et me voilà sommé de recommencer à nouveau ? Tout ce temps perdu, pour rien ?

Lors de certains de ces moments d’agacement, qui ont l’outrecuidance de se produire lorsqu’on est pressé, avec un rapport à rendre, une présentation à préparer – au moment idéal, donc – j’ai réalisé que sous Windows aussi, j’ai passé des heures à me former. Mais sous ce dernier, j’ai eu l’occasion d’effectuer un apprentissage progressif. De débuter alors que je n’avais pas de pression professionnelle derrière, et d’ajouter de nouvelles couches de savoir petit à petit. Alors qu’avec Ubuntu, tout est arrivé en bloc : devoir découvrir quel était le concept farfelu qui se cachait derrière les « droits » des fichiers, pourquoi toutes les préférences d’un utilisateur étaient inclues dans des fichiers textes – cela dit, l’oubli de la base de registre de Windows est d’une facilité… -, comment se connectait-on a son ordinateur depuis l’extérieur, qu’est-ce que « monter » une partition, et tout un vocabulaire barbare à ingérer.

Mentionnons toutefois que tout cela n’est pas une condition indispensable pour entrer dans le monde de Linux; mais c’est de manière naturelle que l’on découvre ces termes et concepts, et l’utilisateur non averti, qui entend le rester sous Linux, n’aura pas foncièrement à passer par un réapprentissage. L’utilisateur aguerri, cependant, pour autant qu’il veuille continuer à utiliser toutes ses fonctions dont il a l’habitude, ses logiciels soignés aux petits oignons, devra retrousser ses manches et faire un plongeon dans l’inconnu. Dans mon cas, ce fût beaucoup d’angoisse les premières semaines, mais beaucoup de bonheur à l’arrivée.

Car si Rome ne s’est pas faite en un jour, j’ai dû reconstruire le Palentin et l’Aventin chaque semaines avec Linux. Incorporer tout d’abord la logique qui est à l’oeuvre : le souffle de la liberté. Il peut donner parfois le vertige. Et l’origine de cette douce brise libertaire, qui rend l’utilisateur indépendant de développeurs et concepteurs, est difficile à situer de prime abord : est-ce le chaud Sirocco du Sud qui souffle, avec la possibilité de réellement tout faire sur sa machine, ou la froide Bise nordique, qui permet à tout utilisateur de ne rien toucher sur sa machine ?

L’affrontement imagé de ces deux flux contradictoires ne doit en aucun cas décourager. Car si, il est vrai, une installation d’Ubuntu-Linux est utilisable clé en mains, dès qu’elle trône sur votre ordinateur, la modification de l’entièreté du système est par la suite possible. Décider quel logiciel se lance à quel moment, qu’est-ce qui se lance au démarrage, si l’on veut que les disques durs USB soient affichés automatiquement lorsqu’on les branche, il n’y a aucune limite. Si, a contrario, on ne veut rien toucher, parce qu’après tout, il y a une vie bien plus passionnante que de rester le nez dans son écran, libre à l’utilisateur. C’est vous, en toute irrévérence des conventions établies dans le domaine, qui décidez du temps à consacrer pour affiner votre niveau d’utilisation. Vous décidez souverainement du courant auquel vous vous adonnerez.

L’investissement en temps est toutefois bien réel; mais il est moindre que sous Windows, car toutes les fonctions sont documentées (très généralement ou très particulièrement) et les forums d’entraide sont une source inépuisable d’informations. Il n’y a pas besoin de trouver des développeur experts pour pouvoir vous faire expliquer les choses, sous Linux; la plupart des utilisateurs qui se sont posés les mêmes questions que vous, et parce qu’ils ont eu accès aux documentations, ils sauront vous aider.

Un an après ma migration définitive sous Ubuntu, je retire un plaisir sans fin de ma décision. Une certaine fierté, tout d’abord, pour avoir su aller jusqu’au bout de mes idées. Condamner le système Windows Vista, qui est potentiellement un énorme cheval de Troie à lui tout seul ainsi qu’une atteinte dramatique aux libertés individuelles, ne suffit pas. C’est donc une savoureuse satisfaction que de ne pas avoir laissé la paresse et la peur m’embarquer dans un système d’exploitation qui, aujourd’hui, est aux antipodes de ce que je considère comme le progrès technologique au service de l’humain.

Autre raison de réjouissance, je ne sors plus un sous. Avouons-le, je n’étais pas le plus fidèle payeur de redevances logicielles sous Windows; voilà au moins un domaine dans lequel je n’ai pas eu à changer mes habitudes, mon porte-monnaie continuant à rester obstinément fermé à mes supplications. Mais aujourd’hui, plus aucune crainte, même latente, à avoir. Et fierté, là encore, de ne pas avoir le sentiment de faire le contraire de ce que je promeus.

De plus, il est aussi très agréable de pouvoir faire confiance à son ordinateur. Si avec Windows XP, le dernier que j’aie utilisé de la famille, mes crashes de système étaient peu fréquents, sous Ubuntu la stabilité déteint sur ses applications : lorsque quelque chose tombe en panne, il est toujours possible (moyennement une recherche) d’en trouver la raison. Ce qui est inimaginable sous Windows, où l’utilisateur lambda est condamné à chercher un autre logiciel, si le sien lui pose de sporadiques problèmes. De manière générale, sous Ubuntu, une logiciel fonctionne ou ne fonctionne pas; on ne découvre pas, quelques temps après des installations hardies, que le système refuse de répondre, ou qu’un logiciel refuse soudainement de démarrer. Cette stabilité est un bonheur pour la production, et doit certainement l’être aussi pour le technicien réseau.

Enfin, le coeur des systèmes linux, qui bat au rythme de la liberté, a pour conséquence d’avoir engendré une pléiade de logiciels, libres eux aussi. Ils coulent dans les circuits de linux (qu’on appelle pour le coup GNU/Linux, « GNU » étant la licence certifiant que le logiciel est libre) comme autant de globules rouges transportant le sang dans les valves. Ces globules, ils sont parfois sans oxygène : le logiciel est à moitié terminé, peu ergonomique, avec des options dont on se demande à quoi ou à qui elles peuvent servir. Il est cependant bien plus courant d’observer un dosage d’oxygène suffisant, avec un logiciel solide comme un roc, bien qu’il pêche très souvent dans ses finitions. Ce qui amène parfois certains à dire que linux n’est pas beau; pourtant, moyennant quelques astuces (qui prochainement seront automatisées), Ubuntu-linux peut renvoyer les designers de windows à leurs dessins.

En somme, le plus grand avantage d’Ubuntu-Linux, ce n’est pas sa fiabilité, sa modularité, son (absence de) prix, sa stabilité, ou son graphisme très soigné. Non, c’est sa philosophie même : tout le monde peut y participer. Chacun d’entre nous, à notre manière, et pour autant que nous le souhaitions, pouvons apporter quelques électrons à l’édifice numérique. C’est une *possibilité*, et non une obligation. Cette possibilité, sous Windows, était très restreinte, du moins en dehors des techniciens et programmeurs; la licence GNU GPL permet à tout un chacun de faire un petit quelque chose, que ce soit un test de logiciel, une création graphiste ou une traduction, puisque tout est accessible, modifiable et discutable et documenté.

Une année après avoir tenté l’aventure Ubuntu, j’en ressors convaincu. Rien ne pourra me faire revenir sous un système Windows, je perdrais trop d’acquis. Le plaisir d’expliquer à un interlocuteur qui, les yeux écarquillés, vous demande ce qu’est « Minux », la joie de ne plus avoir de problème de fiabilité du système, ne plus avoir à installer des logiciels en me disant qu’un bon garçon les paierait, tout cela n’a pas de prix.

Venez nombreux à ma fête d’anniversaire, l’entrée est… libre.

  1. Animal-totem du monde de Linux []

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A propos jcv

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