Oct 10 2007
UDC, et xénophobie suisse : et si la meilleure arme était l’humour ? Compte rendu manif à Genève

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Sans dessus dessous. Voilà le constat du 8 octobre émit par le New York Times, qui explique que la Suisse, qui se targue de son consensus et son climat politique apaisé, ne correspond plus à l’image qu’elle a toujours cultivé.

Un collectif de citoyens genevois a décidé le samedi 6 octobre dernier de brandir bien haut la bannière de l’humour, pour rappeler son attachement à des valeurs très différentes de celles prônées par le premier parti politique de Suisse, l’Union démocratique du centre (UDC). Un parti politique très bien représenté au niveau législatif, exécutif, et qui pourtant dénonce un « complot » visant son charismatique leader, M. Christoph Blocher. Un parti qui refuse progressivement la séparation des pouvoirs, la remise en question de ses propres leaders, dont les idées (minarets, affiches) sont reprises par les partis extrémistes européens.

Au moyen de slogans deuxième degrés, l’idée retenue était la dénonciation des dérives actuelles de l’UDC. Des panneaux provoquant invitaient la population à réagir : « Pas de burka pour la vache Milka », « Plus de sécurité, moins d’universités », « Afrique, tu nous dois du fric », « Musulman, mets les voiles » ou le sublissime « Mouton noir, tu me rends chèvre », le ton était donné. Et il a fait mouche, puisque dès le départ du cortège, un seau d’eau a été lancé sur les manifestants. Certainement une citoyenne excédée d’entendre clamés bien fort ce que le parti agrarien ne fait que sous-entendre.

Selon l’avis du collectif du 21 octobre (organisateur de la parade), il était en effet temps de montrer sans ambages ni précautions d’usages la logique enclenchée aujourd’hui, encore sous-estimée par une partie de la population helvétique. Il est trop tard pour se cacher derrière un prétendu parti nationaliste, les masques sont tombés, le racisme et la xénophobie sont pleinement assumées par l’UDC. La Ligue suisse des droits de l’homme a déposé plainte contre le désormais légendaire Zottel-Game, un jeu consistant à écraser pêle-mêle des adversaires politiques, des représentants de la justice, le tout en évitant à des mains colorées de mettre la main sur des passeports suisses. Le parti nationaliste a franchi une série de pas inacceptables, et il faut être aveuglé pour ne pas voir la mue opérée par l’UDC vers l’extrême droite.

Pour reprendre le communiqué de presse, l’UDC défend en apparence – en apparence seulement – les intérêts de la Suisse et ses institutions démocratiques. Dans les faits, l’UDC détruit le système politique helvétique, basé sur le consensus et la concordance. Le parti agrarien attaque au coeur les traditions démocratiques suisses ; le collectif a refusé d’assister passivement à la disparition de nos spécificités, sacrifiées par les démocrates du centre pour gagner des voix.

Si le côté humoristique était privilégié, le sursaut citoyen était fortement encouragé. Distribuant des tracts qui appelaient à voter le 21 octobre prochain, certains passants étaient surpris (et parfois même repoussés) à la vue de la croix suisse trônant fièrement sur les petits papiers. Consultez le recto et le verso du document, pour comprendre pourquoi.

Seul moment véritable de tension, la rencontre du cortège avec celui organisé par les femmes socialistes; les badauds ont été choqués par des slogans improvisés par le collectif, comme « les femmes à la cuisine ». Voilà qui ne manquait pas de piquant.

En conclusion, les auteurs de la manifestation s’estiment satisfait de l’action. A la vue d’une série de personnages-clichés que l’on pourrait croire tout droit sortis d’un conte UDC (des Heidi, des skieurs, des banquiers un peu bourrus) distribuant des tracts à l’imagerie nationalistes, les potentiels électeurs ont bien souvent été outrés par un tel étalage de mauvais goût. Après explication, la plupart se sentaient rassurés, à l’image de cette femme sur la rive genevoise déclarant « ressortir d’un cauchemar ». C’en était à se demander si les électeurs UDC faisaient leurs courses le samedi, puisqu’à de rares exceptions près, les passants s’empressaient de nous rassurer (après que nous en ayant fait de même pour eux) : « Ne vous en faites pas, je ne vote pas UDC. Vous prêchez un convaincu ». Des mots que l’on souhaiterait voir traduits en actes lors du 21 octobre.

A noter que les photos prises par l’Agence télégraphique suisse ont été à disposition durant quelques jours sur le site de la Tribune de Genève. Parce qu’elles étaient mélangées avec des images de casseurs qui n’ont pas participé au cortège, le collectif leur a demandé de prendre des mesures. La solution trouvée a été plutôt radicale, puisque toutes les images (Genève et Berne, cette dernière ville ayant été le lieu des déprédations relevées par la presse internationale) ont été effacées.

Vous pouvez télécharger le communiqué de presse, ou encore voir la vidéo de la manifestation :

Le 21 octobre, à droite, à gauche, votez qui vous voulez, mais ne votez pas UDC !

Et voilà ce qu’en a dit le courrier.


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13 commentaires sur “UDC, et xénophobie suisse : et si la meilleure arme était l’humour ? Compte rendu manif à Genève”



  1. Bonjour !

    Très heureux d’apprendre qu’une telle initiative ait eu lieu à Genève. Intelligemment constructive, elle a su ridiculiser les idées de l’UDC avec efficacité. Bravo !

    Ce qui m’amuse en lisant vos commentaires écrits il y a 8 mois déjà, c’est de constater comme la violence des propos de l’UDC s’est depuis retournée contre elle-même : exclusion de Blocher de l’UDC, exhibition de son frère Gerhard sur un plateau de la SF un couteau à la main et invitant son frère Christoph à faire de même au CF, scission de l’UDC partout en Suisse, perte des dernières votations du 1er juin… Une vraie panique, une vraie débandade. Et ça ne fait que commencer.

    Avec l’extrême-droite, l’histoire se répète toujours. Elle est un vers solitaire : coupez lui la tête, le reste du corps part avec.

    Salutations.




  2. Les 100′000 signatures ont été récoltées pour l’initiative ! Dans un temps record, en plus; tu vas bientôt dire que tous les Suisses sont des fasco, peut-être ?

    Plus de 70% des Suisses ne votent pas UDC. C’est beaucoup plus que 100’000 personnes. Tu vas bientôt dire qu’ils sont tous irresponsables, peut-être ?

    L’argument des nombres ne vaut rien. Tu l’utilises uniquement lorsque ça t’arrange.

    Si la situation ne s’améliore pas, c’est que l’UDC doit composer avec des partis qui sont très différents, et de gauche.

    Oui, des partis de gauche comme le PDC, PRD, etc. ^^

    Il est clair que pour l’extrême-droite, tous les autres partis sont à gauche.

    Blocher ne peut pas mettre en action tout ce qu’il souhaiterait, et ont doit contenter une partie de la population irresponsable, qui voudrait cajôler les criminels au lieu de les renvoyer chez eux.

    On retrouve la rhétorique habituelle de l’UDC (et de l’extrême-droite en général) : si tout va mal, c’est la faute aux autres partis, c’est la faute aux étrangers, au bouc émissaire, à l’ennemi désigné. Une façon de penser qui va de paire avec la victimisation que tu emploies également : « Blocher a les mains liées, s’il avait les pleins pouvoirs tout s’arrangerait comme par magie ».

    Mais bien sûr, Blocher détient le secret qui permettra de résoudre des problèmes qui existent partout, depuis toujours, et que personne n’a jamais résolu !

    Merci de venir dénoncer la naïveté des autres partis !

    En somme, tu dis que si la situation ne s’améliore pas, c’est à cause de la diversité politique. C’est effrayant de dire des choses pareilles. Et c’est surtout très révélateur, car l’UDC semble justement incapable de composer avec la diversité. Diversité politique ? Les autres partis sont qualifiés d’ennemis. Diversité nationale ? « La Suisse est souillée par les étrangers. » Diversité religieuse ? « Interdisons les minarets ! »

    L’UDC est un parti proche du peuple en paroles, mais dans les faits il est profondément anti-démocratique. Il ne tolère pas autre chose que lui-même.

    Quant à la validité de ses propositions, outre le fait que l’expulsion des étrangers criminels est déjà prévue par la loi, qu’elle est très difficile à mettre en pratique pour des raisons liées au droit international, je rejoins Psykotik sur l’aspect largement inefficace et dramatiquement contre-productif de cette solution. Aucune sanction, même l’emprisonnement à vie ou la peine de mort, n’a jamais mis fin à la criminalité. Parce que quand quelqu’un commet un crime, soit il ne réfléchit pas aux conséquences, soit il croit qu’il y échappera, soit il s’en fout.

    La proposition de l’UDC ne fait qu’agir sur les symptômes. C’est de la poudre aux yeux. Tant que tu ne réfléchiras à pas aux causes du problème, tu ne pourras pas prétendre le résoudre.




  3. On a vraiment droit à un étalage d’idéologie. Tu voudrais, « viveudc », que le monde ressemble à un monde chimérique, fait de bonté et d’amitié. Lève la tête, ça n’existe pas bas. Baisse les yeux sur l’histoire, ça n’a jamais existé. Cesse de vouloir créer un bon vieux temps qui n’a jamais existé.

    Si la solution pour faire baisser la criminalité était le « bâton » et non la carotte, toute la période d’avant-deuxième guerre mondiale aurait été un havre de paix, puisque c’était la période la plus prodigue en emprisonnements, en peines capitales, ou (avant le combat de Voltaire) en torture. Et pourtant, il n’en est rien : assassinats politiques, vengences personnelles, vols et meurtres étaient monnaie courante.

    Si nos sociétés sont devenues plus tranquilles, c’est grâce à l’imposition de la paix sociale, qui passe à la fois par la justice équitable, et à la fois par la réinsertion. On a évacué l’arbitraire, plaidé pour la deuxième chance, revendiqué qu’un individu emprisonné ou simplement condamné devait pouvoir retrouver sa place dans la société.

    Or, cette initiative propose de réinstaurer un climat radical : est-ce vraiment le but recherché par cette initiative ? Est-ce qu’un initiative qui veut renvoyer les étrangers qui « ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale » est vraiment destinée aux criminels seuls ? Soyons un minimum de bonne foi, cette initiative est dirigée contre des étrangers, qui seraient suspectés a priori de vouloir venir voler le bon pain des Suisses.

    Je dois rappeler ici que la Suisse est l’un des pays (si ce n’est pas le pays) qui possède la plus forte exportation dans sa part de PIB. Que l’une des grandes richesses de l’Helvétie, c’est ses banques, où viennent placer des étrangers leur fortune. Que durant les 30 glorieuses, ce sont des immigrés (parfois même illégaux) espagnols, italiens ou portugais qui ont construit ce pays. Les autochtones, eux, ont laissé ces tâches peu reluisantes aux étrangers. En somme, sans étrangers, pas de Suisse !

    Cette initiative est une honte pour notre pays, un affront à l’histoire. Une raison supplémentaire de montrer du doigt à l’étranger que la Suisse n’est pas ouverte. Une raison de moins de vouloir faire des affaires ici. Les potentats du Golfe, déjà sérieusement inquiets de l’initiative sur les minarets, vont-ils continuer à garnir nos coffre-forts ? Si oui, pendant combien de temps encore ?

    Sur le plan historique, social, économique, cette initiative est un non-sens. Elle ne réduira pas la criminalité, puisque ce n’est pas en renvoyant le vendeur à la sauvette qu’on fera tomber le réseau. Elle ne dissuadera pas les violeurs ou les meurtriers qui, dans le feu de l’action, se demandent rarement quelles sont les conséquences de leurs actes. Elle peut se révéler, au contraire, incitatrice à la violence, dans une société qui se radicalise : face à la violence étatisée, la réponse du corps social est aussi la violence. Il suffit de voir avec quelle violence on répond dans notre pays aux affiches et jeux où on tourne en dérision une communauté, une appartenance politique, une religion. Enfin, cette initiative peut être un signal encourageant des départs d’entreprises. A Genève, par exemple, une grande partie du tissu économique est formé par des étrangers; quel signal est-ce qu’on leur donnerait ? Rentrez chez vous ?

    Bien sûr, cette initiative vise les criminels (et les petits fraudeurs, ne l’oublions pas). Personne ne veut de criminels chez soi. Malheureusement, le monde n’est pas né dans les choux, et il faut composer avec une partie de personnes potentiellement dangereuses. Toi, moi, nous aussi nous sommes potentiellement dangereux; ou les crimes ne serait-ils commis que par des buveurs de sang sortis des bas-fonds ? Stigmatiser les étrangers n’est pas la solution à nos problèmes, nous n’en vivront pas mieux.

    Et dans cette initiative, il est important de se poser la question de son but : va-t-elle vraiment résoudre les problèmes, ou au contraire les accentuer ?

    Ma position est claire. Mais je me demande qui est le plus naïf dans l’histoire : celui qui explique que la gauche est naïve de ne pas vouloir voir que les étrangers sont aussi des criminels, ou celui qui croit résoudre d’un coup de baguette magique les troubles sociaux avec la (re)découverte du banissement.


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