Cloverfield

Excellent film aux contradictions cohérentes : faire The Blair Witch Project avec 30 millions de dollars. Faire une publicité sans précédent pour un film vendu comme étant tourné caméra à l’épaule, et sans stars. Ou encore, faire un film de monstres et donner la parole non à ses preux combattants, mais à quelques obscurs et terrifiés fuyards. Filmer la guerre de Troie en se concentrant sur les galériens.

Cloverfield se nourrit admirablement de toutes ses contradictions. Après tout, à ceux qui dénoncent les mensonges sur le réalisme du film (lumière et son trop réussis pour un film amateur, balancements exagérés), son budget démesuré pour un film de ce genre, on peut objecter qu’ils ont perdu de vue ce qu’était le cinéma; un total reformatage de la réalité. Une invention. Chercher ce qui est vrai ou faux là-dedans, alors même que le cinéma ne cherche qu’à réinventer la réalité, cela n’a aucun sens.

On peut ainsi critiquer la crédibilité de telle ou telle scène (le spectateur ne s’est pas senti assez immergé pour y croire), mais certainement pas la manière, la technique ou les moyens utilisés. Tout est artificiel, au cinéma; c’est peut-être la plus grande réussite du 7ème art que de s’être créé des détracteurs l’accusant d’irréalisme dans sa phase de production.

Ainsi, personne ne vilipende Cloverfield pour son invention d’un monstre capable de résister aux bombes lâchées par des B-2, aux lance-roquettes, sa résistance aux balles, etc. L’idée du film est pourtant usée jusqu’à la corde : qu’est-ce qui se passe si un monstre débarque à New-York ? Personne ne remet en question cette invraisemblance. Par contre, on s’interroge sur la psychologie des personnages, sur leurs loyautés. En d’autres termes, on se projette en eux, se demandant qu’elles auraient été nos réactions. Personnellement, je trouve le degré d’immersion très réussi, lorsqu’on se pose de telles questions. Que les même qui disent que Cloverfield est un film irréaliste, le disent parce qu’ils « n’auraient pas réagit de la sorte », c’est plutôt bon signe.

Une fois tué ce mythe du réalisme (il vaudrait mieux s’en tenir d’ailleurs au fameux suspension of disbelief, soit le niveau jusqu’au quel un spectateur est prêt à croire l’incroyable), passons au qualités et paris du film lui-même. Car si Cloverfield est un pur produit commercial contemporain, surfant sur les nouveaux médias pour alimenter sa publicité, prenant le spectateur pour un complice (« ne dites pas à vos amis de quoi retourne le film, ils méritent leur plaisir aussi »), usant de fausses pistes (JJ Abrahams serait le réalisateur, le film s’appelerait Cheese), la promotion du film est secondé par toutes une foule de bonnes idées marketing. Mais cela en fait un simple produit. Une simple galette sortie de la machine à presser industrielle, vite consommée, vite oubliée. Et c’est là l’un de ses paradoxes : malgré l’emballage, le contenu est beaucoup moins clinquant.

La musique (et ses dérivées si lucratifs) ? Evaporés au Soleil. Les acteurs ? Lizzy Caplan, Jessica Lucas, T.J. Miller et Michael Stahl-David, aussi connus que la topographie de Vénus. Le réalisateur, Matt Reeves ? Il pourrait venir de Mars, qu’on ne serait pas moins étonné de le voir aux manettes. Il fallait une sacrée dose de courage pour investir $ 30 millions sur pareille brochette d’aliens. Les producteurs, avec JJ Abrahams à sa tête, ont dû user de toute leur crédibilité pour attirer les fonds nécessaires; sans être un budget pharaonique, on est loin des $ 35’000 de Blair Witch. C’est donc un anti-Star system qui va voir le jour, avec une façon de filmer (caméra à l’épaule) et un choix du cadrage (très peu de monstre, on n’est pas au rayon Spielberg) qui restent très osés. Car qu’est-ce qu’il est facile, une fois le film sorti et rentabilisé, d’expliquer qu’un casting d’inconnus s’imposait pour un tel film; non, mille fois non, mettre Matt Daemon dans le rôle de Rob Hawkins (le chevalier secoureur) aurait été plus facile. On attire le chaland avec des vedettes. On est dans un monde de vedettes. On est dans un système industriel où, dans Starship Troopers 2, on demande au réalisateur de mettre un personnage au yeux bridés car le marché asiatique est très porteur. Donc avoir le courage de préférer le propos à la rentabilité – non pas qu’elle soit évacuée, n’est-ce pas – c’est une anomalie qu’il faut saluer. Ce film semble venir d’une autre planète. Et c’est tant mieux.

Car, avouons que Cloverfield, avec des acteurs connus, aurait perdu de sa saveur. Ce long métrage, c’est celui des petites gens, et non des héros. On regarde la bagarre par la bande, on est dans le flou intégral (« On ne sait pas ce que c’est, mais c’est en train de gagner »), on ne peut pas se battre, on est terrifié par ce qui se passe, on mouille son pantalon. A la première morsure, « pan!, t’es mort », la cervelle humaine coule. Si la plupart veulent y voir une représentation du 11 septembre (l’inconscient collectif verrait 9/11 dans n’importe quoi, pourvu que ça se passe dans des grattes-ciel), il s’agit d’une attaque terroriste vu par le bas. Par les oubliés, les impuissants, les… victimes. Exactement en porte-à-faux avec le mythe du héros de BD construit par Hollywood, et tout son baratin sur le contrôle de soi, l’héroïsme, le sacrifice, etc. Ainsi, les amis de Hawkins le suivent non pas par grandeur d’âme, mais poussés par la trouille de rester seuls. Dans le milieu hostile qu’est devenu leur familier Manhattan, ils suivront le seul encore capable de prendre des décisions. Une voix rassurante lancée comme une corde à travers le noir. Tétanisés par l’adrénaline, ils sont comme des lapins devant les phares d’une voiture lancée à vive allure; Hawkins leur fait signe, et mécaniquement, les voilà qui suivent. Tous sauf un comportement héroïque. Exactement celui de monsieur et madame toute le monde. C’est du moins, en tant que spectateur immergé, la conclusion à laquelle on peut arriver. Mais il faut que l’immersion ait été abyssimale.

Les vingt premières minutes sont insupportables d’ennui, de platitudes; on est invité chez des jeunes qui, si ils étaient nos amis, nous feraient rire de complicité. Mais là, c’est comme devoir faire lors d’un mariage un discours pour des époux inconnus. Difficile de partager des sentiments communs. Jusqu’à ce que… le ciel tombe sur le gratte-sol de monstre. Plus une minute pour reprendre son souffle, la vie du spectateur est en danger durant une bonne heure. Tout ça, en suggérant les dangers, en esquissant les possibilités à l’intérieur d’un nuage de poussière, un montrant un bout de bras au détour d’une rue, en faisant vrombir un escalier vide. Principe aux antipodes du film de monstre; lorsqu’on ne montre rien, c’est qu’on a pas le budget.

Cloverfield est paradoxal, mais c’est là que réside tout l’intérêt. Difficile d’accepter qu’un film au marketing aussi savamment étudié (et ingénieusement, reconnaissons-le) brise les conventions du genre. Enorme mastodonte au visage indiscernable, Cloverfield est bien plus complexe qu’il n’y paraît; il est aussi une bonne occasion de se payer une bonne tranche de frayeur à bon compte, tout bonnement. Aussi innovant et fou que son idée d’alterner les scènes de bonheur et de désastre, un régal.

A propos jcv

Admin du site, égocentrique, élitiste, gauchiste et humaniste. Un peu cacatiste aussi, dit-on de moi.

8 Commentaires

  1. Oui, sauf que ce que le matraquage (si matraquage il y a, on dirait plutôt « renommée ») autour de la Chapelle Sixtine n’est pas ce qui fonde sa qualité intrinsèque (en droit tout du moins, on peut l’estimer), alors que tu semble induire que la synergie entre monde « virtuel » et ce film participe de sa qualité même. On peut estimer que si battage il y a autour de la Chapelle, c’est précisément parce que c’est un chef-d’oeuvre, et sa publicité (au sens propre, le fait qu’elle soit si publiquement renommée) découle de sa qualité intrinsèque, en gros que c’est un chef d’oeuvre avant même que d’être connu, et que s’il est connu c’en est la conséquence. On assiste ici à un phénomène inverse, où l’objet est construit comme objet de désir alors même qu’il n’est pas encore à disposition (ce qui est le propre de la publicité, au sens figuré ici, qui a pris dans la compréhension ordinaire le pas sur le sens propre). Pour le coup, je ne suis pas sûr que le parallèle entre ces deux types de publicité fonctionne parfaitement, vu que leur structure est justement inversée.
    Ensuite, effectivement, je peux comprendre que cette synergie puisse amener quelque chose d’intéressant, une intensité qui participe de l’expérience du film. Mais celle-ci me semble relativement factuelle, et c’est en ce sens que je disais que ça ne m’intéressait au final qu’assez peu, hormis d’un intérêt ponctuel, et que ce qui fait oeuvre dans l’oeuvre, c’est sa qualité intrinsèque (même s’il est évident que les conditions de réception de celle-ci participent de sa qualité, Elvis ne serait peut-être pas Elvis s’il n’était pas arrivé au moment de l’expansion de la télévision. Pour une référence un peu plus érudite, « Esse es percipi » dirait Berkeley : être c’est être perçu 😉 En tous les cas il ne me semble pas que l’intensité publicitaire en question suffise à rehausser si grandement l’intérêt du film). Du coup sans réduire cela à un simple effet marketing (même si ça me semble quand même être l’essence du teasing pre-film), il ne me semble pas que ça rajoute une si grande puissance au film. Plus encore, on peut justement se réclamer du fait qu’on nous avait fait miroiter quelque chose d’incroyable et qu’en regard du résultat, c’était un peu beaucoup de bruit pour rien. C’est à double tranchant : si on promet quelque chose, le fait que l’on ai promis accentue le désir de l’obtenir, mais il faut que l’objet soit à la hauteur du désir suscité. Qu’on fasse du bruit, pas de problème, mais que ça ne soit pas pour rien 

    Ensuite, sur la question de savoir si c’est un film majeur ou non, et surtout sur le bien fondé de faire une telle distinction et d’accorder son plaisir suivant qu’il s’en agisse d’un ou non, j’ai du mal m’exprimer, ce n’est pas tout à fait ce que je voulais dire. Ce n’est certes pas parce qu’il ne s’agit pas d’un film majeur qu’il faut dénigrer son plaisir (quels critères, d’ailleurs, pour savoir si un film est majeur ou non ?), mais à l’inverse, cela n’interdit pas tout jugement sur un film au prétexte qu’il ne faut pas bouder son plaisir. Précisément, dans le cas qui nous occupe, le mien était plus que mitigé (mais je l’ai vu sur un écran d’ordi, sois-je maudis pour ce blasphème) ! Et ce pour les raisons que j’ai essayé, tant bien que mal, de te faire partager. Il y a des films que j’adore en les prenant pour ce qu’ils sont. La série des Austin Powers en fait partie, tout autant que beaucoup de films des frère Farelli – il est très difficile de faire de l’humour de beauf sans que celui-ci soit lui-même bas du front, il y a là une espèce de finesse qui me fait jubiler, un peu à la manière de ce que savaient faire De Caunes et Garcia. C’est un exercice toujours tangent, où il s’agit de flirter avec la limite. Et un Bigard peut-être beaucoup plus grossier en prononçant du Molière qu’un De Caunes qui parle de sodomie. Bref, je ne veux aucunement faire preuve d’élitisme, j’adore le côté divertissant du cinéma, ce qu’il peut y avoir de consommateur dans mon comportement de spectateur ne me dérange pas non plus. Par contre, si mon plaisir n’est pas fonction de ce qui est filmé (il n’y a pas de mauvais genre, que de mauvaises réalisations), il l’est de la manière dont c’est filmé, et pour revenir sur Cloverfield, et bien je n’ai pas trop tremblé de plaisir devant lui, mon jugement est mesuré à la hauteur du plaisir que j’ai pris à son visionnage : moyen. Je ne dis pas que c’est une merde sans nom, mais je ne dis pas que c’est un chef-d’oeuvre non plus, c’est tout juste très moyen. Alors du coup, pour compenser, j’ai tendance à tirer la barre un peu de l’autre côté, et à appuyer sur ce que je ne trouve pas très bon en lui.
    Quant à De Palma, je suis à la fois d’accord et pas d’accord avec toi. En fait tout dépend des films ! Il y en a de très chiants, et d’autres absolument géniaux. Le Dahlia noir est vraiment bien mauvais, mais que dire de Phantom of the paradise (et quelle BO !) ou de L’impasse ? On a même le film à la fois très bon et très mauvais, qui arrive à mêler les qualités et les défauts des précédents : Snake eyes, et son fameux plan séquence d’1/4 d’heure, dans lequel est condensé tout le reste du film (et qui préfigure l’obsession de la multiplication des points de vue que l’on retrouvera dans Redacted). Bref, je trouve qu’il y a du moins bon, et du plutôt très bon chez lui…
    Bon, faudrait que je réponde aussi sur Romero, mais là, ça va vraiment trop empiéter sur mes heures de boulot, en plus de faire un message vraiment trop long, du coup je laisse ça à une prochaine fois… Et oui, Genève ! Crois bien que dès que j’ai un moment je viens faire un tour et être en désaccord avec toi sur Le Prestige ou Cloverfield en direct 😉

  2. J’avais pas entendu cette histoire de cosmonautes violeurs… elle est terrible. Plus que la vodka, c’est les Russes qu’il faudrait interdire 🙂

    Une petite remarque préliminaire : je n’aimerais pas réduire, parce que tu le fais, le monde virtuel créé à un simple effet marketing. Il y a une exploration fusionnelle entre les deux médias, qui est riche de promesses pour l’avenir. Une immersion programmée en eau profonde, que Cloverfield ne fait qu’effleurer et qui, déjà, fait son petit effet. Marketing il y a, il serait difficile d’affirmer le contraire. Matraquage, même. Mais il y a tout autant de matraquage autour de la Chapelle Sixtine, ce qui ne m’empêche pas d’être subjugué par sa beauté. A mon avis, cette fusion virtuel-cinéma apporte un véritable plus à l’expérience, au-delà de l’augmentation du chiffre d’affaire.

    Pour revenir sur mon mot du demi-cinéma de Festen ou Blairwitch : il ne s’agissait pas, mais peut-être aurais-je dû l’expliciter, de parler de demi-qualité, mais plutôt de demi-art. A savoir que le cinéma contient des règles : un travail sur la lumière, le son, le cadrage, etc. Les outils sont standardisés, les lois bien connues. Et de choisir, sciemment, de ne pas utiliser les règles propres à l’art, rend cet art non pas moins intéressant, mais hybride. Pour Festen et son Dogme, c’était une expérimentation et un questionnement sur ce qu’est le cinéma, avec le rejet affiché des lois propres à l’art. Avec réussite chez Vinterberg, et catastrophe (à mon goût) chez Von Trier. Quant à Blairwitch, c’était un film sans les moyens de faire un film, mais qui par la nature même des contraintes, a réussi un espèce d’OVNI très agréable.
    Alors que dans Cloverfield, la caméra est peut-être au poing, mais, et c’est criant, l’atmosphère (lumière et son) est artificiellement travaillée, le cadrage storyboardé, les lieux de tournage construits, etc. C’est du cinéma, pour le pire comme pour le meilleur. Au contraire de Blairwitch ou de Festen, et surtout pour ce dernier, qui s’interdit explicitement de tels artifices.
    Pour finir ici sur la caméra subjective, puisque je dédaignerai poursuivre une telle discussion avec quelqu’un qui l’a vu sur un écran de PC – brûle en enfer ! – je dirais qu’au final, ce qui compte avant tout, c’est le sentiment provoqué d’immersion. Ca marche très souvent sur moi, mais j’en ai vu chez qui l’envie de vomir se fait très forte. Mais à mon avis, du moment que ça se justifie, qu’on est en histoire par point of view… les voix ne s’estompaient peut-être pas, mais j’avais l’impression d’être projeté dans la rue, courant pour sauver ma peau. Ce qui me fait dire que le choix de la caméra subjective était une bonne idée, mais c’est, je te l’accord, un sentiment tout personnel.

    Je sais qu’on ne se mettra pas d’accord sur ce film (encore un !), mais je tique un peu quand tu me sembles simplement le dénigrer parce « qu’il ne s’agit pas d’un film majeur ». Et de m’interroger sur ton rapport au cinéma… Car au final, il y a peu de de films fondamentalement majeurs, à savoir révolutionnaires. Je me dis, en te lisant, que tu dois très souvent t’ennuyer au ciné, si ton attente est aussi élevée…

    Car un film peut t’émouvoir. En raison de son scénario, de sa tournure (drôle, triste, terrifiant), de ses acteurs talentueux. Il peut te faire réfléchir, en appeler à ton intellect, affirmer/infirmer tes préconceptions, t’en amener de nouvelles. Il existe une foule d’angles sous lesquels un film peut entrer dans ta vie, et je ce que je crois lire (mais nous sommes limiter par notre mode d’expression) c’est une formidable barrière que tu dresses entre toi et cet art. J’ai depuis longtemps décider que ma barrière personnelle (mais nous sommes tous responsables de nos barrières, les Russes y inclus) s’arrêtait au films qui me prenaient sciemment pour un crétin, tels Wanted ou tous les Uwe Boll (pour parler du récent). Ensuite, qu’il me fasse peur ou me fasse réfléchir, peu me chaut, du moment qu’il me touche. Tu ne crois pas attendre un peu trop du cinéma ? N’est pas Mallick, Kubrick, Lang ou Welles qui veut; mais il existe un monde passionnant en dehors d’eux, non ? Peut-être perçois-je mal ton approche.

    Quant à Roméro, je suis curieux que tu m’expliques qu’est-ce que ses hoquets répétés de zombies ont de neuf. Le premier (allons, le second aussi) étaient dévastateurs. Mais en suite ? Je m’ennuie ferme avec Roméro, incapable de concevoir autre chose que des zombies vraiment très méchant, et des personnages très peu travaillés. Et surtout, à force, sa métaphore lasse. On pourra dire de lui qu’il a eu une bonne idée, mais pas plus. Carpenter, autre réalisateur de séries B, que je ne trouve pas particulièrement talentueux, a au moins le bon goût d’avoir mille idées novatrices à chacun de ses films. Romero a la caméra aussi morte qu’un de ses zombies.

    Et je ne parlerai même pas de De Palma, nom que j’ai hésité à censurer en le lisant, tant il m’agresse le yeux. Directeur de caméra hors pair, sans nul autre pareil, il reste néanmoins incapable de faire autre chose que des films chiants. Il n’y a que les Cahiers du Cinéma pour oser affirmer le contraire, éblouis qu’ils sont par sa technique. Attends, franchement, le Dahlia Noir, ou Mission to Mars auraient valu à n’importe quel autre réalisateur d’être éjecté sur la Lune, et sans vodka. Lui non, il continue à faire du cinéma et à être sujet de thèse à la Femis. Donc peut pas te suivre sur Redacted. Ni maintenant ni jamais, je boycotte l’un des réalisateur les plus ennuyeux avec Uwe Boll.

    Bon, je rigole je rigole, mais nos messages s’allongent… il va te falloir prendre la décision de venir un jour à Genève, que nous réglions nos comptes.

  3. (Mon dieu, j’ai écrit beaucoup trop vite, non seulement des mots manquent, mais des fautes d’orthographes indescriptibles sont présentes, je prie le comité de rédaction de bien vouloir me pardonner)

  4. p.s. : oui, des chimistes qui, pour faire la fête, ont voulu fabriquer un pétard un soir de soulerie… On ne devrait jamais laisser dans la même pièce les trois ingrédient d’un drame : des étudiants en science dure, des produits chimiques. Ceci dit c’est plutôt triste, 2 des sept ont des blessures très graves d’après les dernières infos que j’ai eu. Mais il y a peut-être eu du nouveau depuis…
    Ca me rappel quelque chose que j’ai lu je ne sais plus où, à propos d’un vol russe dans l’espace (les étudiant précédemment en question étaient russe, ce qui explique la première partie de l’association d’idée) qui été mixte. La bonne idée étant que, le vol se passant pendant les fêtes de Noël, l’état-major avait accordé l’autorisation exceptionnelle pour les astronautes de se siffler de la vodka (deuxième partie de l’explication de mon association d’idée. Ceci dit, pour faire dans le bon cliché Russe et Vodka constitue un mélange plutôt classique… Et si je me laissais aller, j’évoquerais les bouteilles de Whisky cachées par le capitaine Haddock dans « on a marché sur la lune », mais je vais cesser là ma dérive d’association d’idée…). Bref, la solitude propre à l’espace infini devant tous ces royaumes qui nous ignorent, et surtout l’alcool, ont fini par aboutir à une tentative de viol sur l’une des femmes présentes dans le vol… De puis ce jour, vol mixtes et alcool sont interdits. Ce qui vient donner un argument supplémentaire à ton interprétation sans faille des scientifiques durs (c’est le cas de le dire :p )

  5. Ce que je veux dire avec cette histoire de caméra dv, genre film amateur, ça permet souvent au réa de masquer les défauts de cadrage, ou le peu d’inventivité, sous le prétexte que la cémra est censée être tenue par un non-spécialiste. Et quand je dis cadrage, c’est toute la mise en scène qui est impliquée là dedans (le cadre n’étant jamais que la fenêtre par laquelle la scène nous est donnée, donc de la qualité du cadre dépend la qualité de ce que je vois à l’écran), et à ce titre c’est pour moi tout sauf anodin.
    Ceci étant dit, j’avoue que je n’ai pas grand chose à ajouter sur le marketing pré-sortie : oui, c’est malin, mais rien à ajouter de plus, ça ne sera jamais ça qui déterminera la qualité intrinsèque du film. D’ailleurs je n’ai moi-même pas été touché par celui-ci, alors que je suis plutôt bien connecté. Quoiqu’il en soit, on peut difficilement dire que ce soit là le coeur de l’intérêt qu’il y a à porter à un film.
    Ensuite, le travail sur le son, l’image, etc… Parlons-en : Outre le fait que je ne suis pas tout à fait d’accord pour dire que Festen ou Blairwitch étaient à moitié du cinéma (argument inversé pour dire que Cloverfield en est à 100%), le travail sur ces dimensions là ne m’a pas paru des plus délirant. Entendons nous, évidemment c’est un boulot de fou, évidemment que c’est ultra-storyboardé, mais quel film ne l’est pas, et surtout quel film avec un aussi gros budget? Ce que je veux dire c’est que c’est loin d’être une révolution, à part l’utilisation minimale de la caméra subjective permettant l’immersion, le concept n’est pas particulièrement poussé (j’aurais bien vu le son des voix s’estompant quand on est dehors avec le vent,La balance des couleur se barrer en c*** dès qu’on change trop violemment d’éclairage, les saturations de blanc, etc… Il suffit d’essayer de filmer avec une caméra DV pour voir que c’est loin d’être aussi net que sur le film. Attention, je ne nie pas le côté fictionnel, artificiel, inhérent au ciné, mais je veux dire que le concept aurait pu être poussé un peu plus loin, et là on aurait vraiment eu à faire à quelque chose d’intéressant).

    « Mais depuis quand un film de monstres doit-il avoir un scénario ? The Thing en a-t-il un ? Un extraterrestre se cache dans un chien, et pis il tue tout le monde. »
    Juste pour souligner que je me marre avec l’histoire du chien 😀
    Oui, bon, c’est vrai, le scénario en tant que tel n’est pas ce sur quoi fonctionne un film d’action/horreur/… Sauf que… Il en va d’un bon film pour moi comme d’un bon morceau de musique : tout est une histoire de tension et de résolution, de contraction et de relâchement ; mon oreille dans le morceau de musique comme mes yeux face au film doivent être mis en attente, surpris, positivement étonnés. Bref, il faut qu’on me raconte quelque chose qui me mette l’eau à la bouche, et ne me donne pourtant pas tout à fait ce que j’attends, mais mieux, ou différent, afin que la résolution soit digne de l’attente qu’elle a suscitée. Du coup, et je précise ma pensée en soulignant que c’est cela que je n’ai pas forcément trouvé dans ce film (plutôt que d’un scénario, le terme était mal choisi). Bon, allez, je force un peu le trait (comme à mon habitude, mais pour les besoins de la dispute 😉 ), mais l’idée est là. J’ai trouvé ça sympa, mais sans plus, et en tout cas je suis loin d’avoir eu tes ardeurs… Mais, me vient tout à coup quelque chose à l’esprit : je l’ai vu sur mon écran d’ordi, certes assez grand, mais bien loin d’égaler l’impression que l’on peut avoir de ce genre de film sur une vraie toile de ciné. Bref, je pense que tu vas pouvoir trouver là de quoi me critiquer vertement de ne pas l’avoir vu dans les conditions adéquates :p
    Pour finir, ceci n’empêche pas pour autant que je maintiens en grande part ce que j’ai dis. Pour moi, on est loin, mais bien loin d’atteindre la profondeur de Roméro. Le dernier « Diary of the dead », que j’ai vu dans les conditions équivalentes à Cloverfield, ne m’a pas du tout fait le même effet! Alors certes, on n’est pas tout à fait dans le même registre, et la différence de conditions n’a assurément pas le même impact dans l’un comme dans l’autre (indéniablement, voir Clover au ciné eût été beaucoup plus impressionnant et participé grandement à l’expérience immersive. Je me flagelle à coup d’orties pour me punir), mais si je me laissais aller, je dirais un truc bien pompeux du genre : soyons sérieux deux minutes, rien à voir quant à la profondeur de l’oeuvre entre l’un et l’autre! Quel discours on a sur le cinéma dans le dernier Roméro, quel manière de repenser -encore une fois, et pourtant sans redite!- un monde retourné à l’état de nature. Il y a un bagage théorique présent dans le « Diary.. » qui est à 10 000 lieu de ce que JJ Abrahams a fait dans Cloverfield, sûrement parce que tout simplement, il n’en a pas les moyens. Je ne crache pas sur Cloverfield, sur le côté blockbuster, pour la simple raison qu’il en est un, mais pour moi c’est incomparable avec le Roméro, qui développe un méta-discours sur le cinéma, beaucoup plus riche, beaucoup plus érudit…
    Bon, encore une fois, je tempère ce que je dis, je n’ai pas détesté Cloverfield, ni trouvé que le Roméro était le chef-d’oeuvre absolu (justement parfois un peu trop théorique), mais il reste que pour moi ils ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie… Et ce certainement parce que, on en revient toujours à cette ignoble resucée de « les goûts et les couleurs… », je n’ai tout simplement pas eu la même expérience du film que toi, ça m’a fait passer un bon moment, mais je suis loin d’avoir été transporté. Et pour moi c’est loin d’être un film majeur. Il correspond certes bien à son temps, et les obsessions qui vont avec, mais ça ne suffit pas, n’est pas assez profond pour le (ou en tout cas me) marquer plus que cela. On parlerais de « Redacted » de De Palma, ou même de « Rec », deux films traitant de sujet assez proches pour le second (film de mort vivant/caméra subjective), et utilisant la profusion et les limites de la mise en image pour le premier (multiplications des caméras subjectives/omniprésence de l’image qui masque le fond du réel etc…), je tiendrais sûrement un discours différent. Mais je ne peux me résoudre à mettre Cloverfield plus haut que ce que selon moi il mérite : un bon divertissement, bien huilé, mais loin d’être une date dans l’histoire du ciné. A l’image d’ailleurs de Jurassic Park, que tu cites très justement, et qui pour moi n’a pas du tout été une claque (et pourtant, Dieu sait que j’aime Spielberg dans ses bons moments), mais tout à fait le même genre de bon moment passé. Sans plus.

  6. Tout d’abord, content de voir que tu n’as pas été touché par la bombe qui a explosé par chez toi. Cette explosion semble confirmer tout le mal que les sociologues et politologues pensent a propos des étudiants en sciences dures : infréquentables.

    Sur le film lui-même, je ne vais pas m’attarder, pour deux raisons : la première, c’est que mis à part le cadrage, tu ne remets pas grand chose en cause dans ma présentation, et qu’il me semble donc, qu’à ce titre, il est difficile d’adopter mes arguments et, dans la foulée, parler de film pop-corn. Le marketing viral entourant le film est d’une créativité à toute épreuve, inventif, sorte de mise en abîme du film dans un autre média. J’ai trouvé ça extraordinaire, les prémices d’une interaction entre médias, comme il était déjà possible entre BD et cinéma, livre et cinéma. Ce n’est plus de simples sites en flash tout pourri pour servir d’écrin virtuel au film, mais bel et bien une extension de l’un par l’autre. Et il remplit son office à merveille, puisqu’il décuple (a décuplé) les sensations, en créant un univers de mise en bouche avant le plat résistance. Pop-corn, pour moi, reste l’aspect le plus industriel et le déni artistique le plus vilain; incompatible donc si tu acceptes la plupart de mes vues.

    La seconde, c’est que je te soupçonne de te laisser emporter par l’aspect blockbuster du film (30 mio) pour être un peu de mauvaise foi. La caméra subjective empêche tout travail de cadrage ? Depuis quand ? Dans Cloverfield, chaque plan est finement travaillé, et ça se voit à l’écran : les apparitions du monstre, en catimini d’abord, puis, allant crescendo, le voilà qui nous avale. Les scènes dans le métro sont très réussies, et l’utilisation de l’espace fait son petit effet. Il ne faut pas confondre avec Blairwitch ou Festen qui, bien qu’ils soient tous deux très bons, ne sont qu’à moitié du cinéma : pas d’éclairage, de couleur, de travail sur le son… tout le contraire de Cloverfield, même si tous trois partagent l’anomalie de ne pas avoir de BO. Le choix des angles, la suite des plans, tout suinte dans cloverfield le storyboard sévèrement travaillé; c’est tellement limpide, que par moment, on croirait à la BD ! Ta deuxième remarque, sur le fait qu’il n’y aurait pas de scénario… Mais depuis quand un film de monstres doit-il avoir un scénario ? The Thing en a-t-il un ? Un extraterrestre se cache dans un chien, et pis il tue tout le monde. Les zombies, morts-vivants en tout genre ? Pareil, une soucoupe s’écrase, des scientifiques fous et dangereux et méchants font des expériences sur des hommes, et ces protoplasmes vont vouloir tuer les hommes.
    Il va falloir que tu fasses le deuil des scénarios pour les films d’actions et d’explosions, de course-poursuite et de terreur : ils n’en ont souvent pas, en avoir n’est pas une condition. Dans ce type de film, tout l’intérêt peut résider dans la façon de manipuler l’histoire, d’amener le climax; c’est une ambiance. Certains le font bien, et d’autres pas. Certains ont un discours en toile de fond, et d’autres pas. Tout comme d’autres, Cloverfield cumule à merveille ces deux éléments. « La nuit des morts-vivants » traitait de la consommation, « 24 jours plus tard » de la xénophobie, et « Cloverfield » s’attaque lui au terrorisme et à la peur de la menace cachée; chacun reste assez superficiel dans son propos affiché (tous étant des films aux longues scènes d’actions), mais tous sont subversifs et dévastateurs dans leurs suggestions. Il est certain qu’un monstre qui détruit des grattes-ciel, ça n’a rien de nouveau; mais tant la réalisation que le monde créé autour du film sont résolument novateurs. Si tu veux t’en prendre à quelqu’un qui fait toujours le même film, Romero s’impose : des zombies depuis 40 ans maintenant, et fait du ciné comme on en faisait dans les années 60. De série B, c’est devenu Z-Gore, et pourtant les critiques s’extasient sur son sens de la formule : foutaises, c’est encore et toujours la même histoire, avec un cadre différent.

    Me suis retrouvé terrorisé, dans une peur d’enfant, voyant Cloverfield. Une angoisse que je n’avais plus ressentie depuis (je crois) Jurassik Park. Je regrette que le film n’ait pas eu le même effet sur toi, car crois-moi, c’était jouissif 🙂 Le début était long, beaucoup trop long, mais peut-être se justifiait-il lors du lancement du film : au centre de montagnes de supputations, le choc ne devait qu’en être plus fort. Calmer, rassurer, pour gifler plus fort le spectateur artificiellement déjoué. Je ne sais pas, j’extrapole puisque je l’ai vu 8 mois après sa sortie, sans rien savoir à son sujet, donc avec un regard très différent du spectateur qui s’est précipité les premiers jours.

  7. Bon, je m’en reviens faire un tour dans la section ciné de ton blog, encore une fois pour signer nos différences de goût ;)Il me semble que transpire de ta critique quelque chose de plutôt positif à l’égard de ce film, auquel personnellement je trouve beaucoup (trop) de choses à reprocher. Effectivement, le marketing fait partie intégrante de son aura, mais au final on a un soufflet plutôt dégonflé. Le cadrage? Comme dans tous les films dont le choix est porté sur la caméra subjective, toute tentative de cadrage est vouée au néant, impossible de construire un vrai regard, par la nature même du dispositif. On a donc là le défaut inhérent à ce genre de film : toujours en train de bouger, flou, bref, on ne peut pas vraiment construire un discours vraiment profond à partir de ça. Disons que c’est assez séduisant, mais une fois que ça a été fait (et bien fait, cf. Rec par exemple, bien que postérieur au film dont nous parlons), les fois suivantes n’ont plus tout à fait la même saveur. Surtout quand ce n’est pas fait avec particulièrement d’originalité, comme c’est le cas ici. Je trouve que ça vire même un peu à la facilité, à l’effet de manche que de sortir l’argument de la caméra subjective-pour-faire-plus-immersif et permet du même coup de masquer pas mal de défaut de la réalisation, et en particulier un manque de travail inventif et profond en ce qui concerne le cadrage.
    Bref, voilà pour la caméra subjective, qui interdit tout vrai travail de cadre. Ensuite, je l’ai vu il y a un moment, donc mes souvenirs commencent à s’estomper, mais il en va de même pour le scénario. Mise à part cette espèce d’entrée en matière tout à fait insipide, qui en devient presque paradoxalement intéressante, a posteriori, à titre de dispositif de différenciation qui rend la suite tout à fait extra-ordinaire, au regard de la fadeur volontaire de la première demi-heure ; mise à part cela que l’on peut sauver à la limite, donc, il faut bien avouer que le reste n’est pas des plus inventif. Bref, je n’ai plus tous les détails en tête, donc je ne vais pas continuer là-dessus, mais si je ne me souviens pas d’un réel ennui pendant le film, je ne peux pas dire que j’ai été incroyablement surpris ou enchanté par la qualité du film. C’est du film pop-corn qui fait raisonnablement son boulot, mais vraiment sans plus. Et à vrai dire, on a même un peu la tentation (enfin, je l’ai en tout cas :p) de le descendre au vu de tout le flan qui a été fait à son sujet avant qu’il sorte, par rapport à l’épaisseur réelle du film…

  8. un superr filme , depuis le temps que je vouléé le voir enfin ! franchement

    consseiller

    j’aii adorer 😀

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