Rich and strange

Un homme égoïste, Fred, s’ennuie dans sa vie monotone. Heureusement pour lui, le voilà qui hérite d’un paquet d’argent, ce qui lui permettra de voir du monde.

La trame est simple, tout comme le film. Filmé sans beaucoup d’imagination, les scènes se succèdent dans une longueur habituelle chez Hitchcock; sauf que là, on trouve le temps long, on est peu intéressé par les découvertes (Paulo) cohelosques du héros. Il va jusqu’au bout du monde, se détachant progressivement de sa vie qui a aussi peu de couleurs que le film, et se rendra compte que ce qu’il cherchait était sous son nez. Il s’éloigne de sa femme, tombe amoureux d’un aventurière qu’il prend pour une princesse. Son épouse, éperdument amoureuse de lui malgré les obstacles et les prétendants, lui restera fidèle, préférant la monotonie de la vie avec lui plutôt qu’une existence plus riche avec d’autres. Seule la peur de la mort fera réaliser au couple qu’il s’aiment.

Le film est manqué, bien que les premières images laissent présager un grand plaisir; avec une inspiration à la Jacques Tati, on assiste à une dépersonnalisation de la vie moderne, bureaucratique et anonyme. On s’attend au mieux… mais on a le pire, toute l’inspiration semble avoir été insufflée dans les premières minutes, laissant vide le reste de l’oeuvre.

A la morale très discutable, très timoré, on se demande comment le Hitchcock des années 40 et plus est le même que celui qui a commis Rich and strange. « L’argent ne fait pas le bonheur », « il faut se contenter de ce que l’on a », happy end à deux sous, ce n’est définitivement pas un bon Hitch. A réserver aux curieux du maître, ou aux cinéphiles avertis.

A propos jcv

Admin du site, égocentrique, élitiste, gauchiste et humaniste. Un peu cacatiste aussi, dit-on de moi.

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