Août 23 2011
Syrie: Vote en faveur l’établissement d’une commission d’enquête au Conseil des droits de l’homme

Au cours de la session spéciale du Conseil des Droits de l’Homme des lundi et mardi 22-23 août 2011, 33 pays se sont prononcés en faveur (4 contre et 9 abstentions) de l’établissement d’un commission d’enquête sur les violations commises par le régime de Bachar al-Assad. Il était difficile de faire plus, puisque le Conseil n’est qu’un organe subsidiaire rapportant à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Compte tenue des circonstances (plus de 2000 morts selon Navy Pillay, la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme), on ne peut que se féliciter de la relative universalité de la décision: sur 47 Etats-membres du Conseil, 70% se sont déclarés préoccupés par la situation du pays.

Les arguments des pays réfractaires à l’adoption de la résolutions ne manquent pas de piquant. Ainsi, presque tous reprochent la « politisation » du Conseil; ce dernier n’étant pas un organe juridique, mais un lieu de débat, donc éminemment politique, il reste toujours difficile à comprendre ce que cette critique reflète. Surtout que ce sont les mêmes qui ont dès le début à ôter les dents légales au Conseil (au hasard, la Chine, la Russie, Cuba) qui aujourd’hui reprochent au même Conseil de n’être que politisation. Comprenne qui pourra.

Cuba, espiègle, ne manque pas de faire remarquer que les actions étasuniennes et de l’OTAN en Afghanistan, et Irak ou en Libya n’ont pas été saisie par le Conseil. Et d’accuser le Conseil d’appliquer un double standard en matière de droits de l’homme, un pour les puissants et un pour les faibles. Bien évidemment, le fait que l’Afghanistan et la Lybie aient été autorisés par le Conseil de Sécurité, ou que l’affaire irakienne soit relative à une période bien antérieure à la création du Conseil (2006), Cuba est au courant; mais Cuba aime jouer et taquiner, qui le lui reprocherait ? Après tout, après tant de révolutions populaires contre des dictateurs, il est compréhensible que Cuba oublie rapidement l’idée de la lutte des classes : ça risquerait de mener à un renversement de ses propres dirigeants.

L’Inde, un pays dont les affaires extérieures me sont particulièrement opaques, a décidé de s’abstenir. Il semblerait que, bien que l’Inde soit préoccupée par la situation syrienne, la résolution serait trop dirigée envers le gouvernement. Je commenterais cette position avec une malice que Cuba adorerait : en Inde, on peut critiquer la corruption, pour autant qu’on ne parle jamais des corrompus. La mystérieuse inde qui reste théorique, mystique, mais qui répugne à l’action. Aucun moine local ne se sentira en porte-à-faux avec de telles position védiques.

Quant à la Chine et la Russie, que dire… si ce qu’il y a tant à faire sur le plan domestique déjà. Alors en plus intervenir à l’étranger, ça doit fatiguer.

Le mystère reste l’Equateur, qui n’a pas daigné faire de commentaires. Il faut d’urgence une commission d’enquête en Syrie, mais également en Equateur; la première pour montrer au monde ce que tout le monde sait déjà, la seconde pour débusquer un lièvre bien étrange.

Prochaine épisode : la 19ème session du Conseil, qui doit débuter mi-septembre 2011. D’ici-là, la commission pourrait déjà rendre publiques certains éléments.



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