Oct 20 2017
C’est toi qui l’a voulu

C’est au milieu des souris qui dévorrent les miettes de pain rassi que j’ai eu la mauvaise idée de laisser traîner, et quelques fourmis qui parcourent l’écran comme de mauvais pixels, qu’une vague de nostalgie me prends. Les chiens de garde aboient au dehors, seule la pluie les interrompt. Quelques cafards se rappellent à mon bon souvenir de temps à autre, et mes habits séchés au soleil sentent la lessive bon marché. Est-ce qu’il s’agit là de lignes de plaintes, que je terminerai par un @SwissConfederation ? C’est en fait tout le contraire. Mes réflexions, mes voyages, mes discussion, et mes intuitions me poussaient à le faire. Recommencer à zéro, pour plus d’humilité. Restreindre mon train de vie, qui n’avait rien d’exhubérant, mais que je ressentais malgré tout comme de l’opulance. Travailler dans un nouveau combat perdu d’avance, non parce que je pense pouvoir le gagner, mais parce que si ne mène pas la lutte de toutes mes forces, la honte recouvrera mes derniers instants de lucidités. Expérimenter enfin l’Afrique, elle qui m’a tant donné, et à qui je ne pourrai jamais rembourser ma dette.

Le monde est vaste, et notre crasse méconnaissance de son fonctionnement ne cesse de me frapper. Plus je cherche à le comprendre, plus sa paradoxalité m’effroie. Certains hommes sont capable de vendre des défense d’éléphants, sachant les risques qu’ils encourent, reconnaissant l’immoralité de leurs actes, mais vous écrivent en citant des versets bibliques et vous rappelant à l’ordre si vous n’êtes pas allé à l’église le dimanche. D’autres défendront avec passion la bible, tout en attaquant avec véhémence tout ce qu’ils identifient comme étant issu du colonialisme. Ils continueront à mettre de l’huile et du sel le crâne déterré de leurs ancêtres, avant d’aller discuter avec leur prêtre. Tout cela sans ressentir la moindre la contradiction.

Je ne suis qu’au début d’un périple consciemment choisi. Parce que la vie telle que je l’expérimente est plus intéressante lorsqu’elle se fait blessante et enthousiasmante à la fois, les plateaux ne m’ont jamais beaucoup interressés. Si l’on ne monte ni descend, on ne cherche pas à aspirer son oxygène, seule preuve que l’on est encore en vie. Chacun d’entre-nous cherche ses propres raisons d’exister, la mienne a toujours consister à respirer.

Je comble mes poumons de nutriments, actuellement.

Fév 20 2016
La parole est d’or, le silence d’argent

C’est avec mes doigts que j’écris, avec mon cerveau que je réfléchis, mais la vrai révolution, elle est à chercher dans la langue. C’est avec elle que je communique avec l’autre, que je j’établis des ponts qui sont immédiatement empruntés par moi et par mes interlocuteurs.

Mes doigts sont sourds. Mon cerveau est muet. Ma bouche, elle, a la chance d’être connectée avec mon oreille. C’est un travail d’équipe: action et réaction. Je comprends, et je réagis en fonction. J’adapte, je précise, je compatis.

La parole révèle et crée. Le monde est non pas parce que la lumière fût, mais parce que la parole fut dite. Elle fut dite à quelqu’un. Un homme, une femme, était là pour écouter. Et recevoir. Et dire merci.

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Sep 02 2015
Des géants décimés pour une poignée d’ivoire, les dessous du braconnage d’éléphants au Kenya

La Tanzanie en 6 ans a perdu 60% de ses éléphants. Si par conséquent rien n’est fait, il ne reste que 4 courtes années pour pouvoir voir des éléphants dans ce pays. La pauvreté, l’appât du gain mâtiné de corruption et l’ignorance forment le triptyque dévastateur menant à la ruine de la mégafaune en Afrique. Tous les pays africains, même les plus soucieux de préserver leur richesse naturelle, sont aujourd’hui confrontés au fléau du braconnage. Afin de mieux appréhender la réalité de la lutte pour sauvegarder ce qu’il reste de la vie sauvage en Afrique, je suis parti pour deux semaines afin de participer à un programme au Kenya de soutien aux Rangers. J’y ai rencontré des héros parfois inconscients des dangers auxquels ils font face, car pour une poignée de dollars ils risquent leur vie pour protéger les derniers géants de la savane. Une rencontre passionnée, marquée de respect pour des gens qui risquent tout sans avoir des moyens à la hauteur de leur tâche.

Les éléphants disparaissent de l’Afrique, mais pour la plupart d’entre nous cela ne reste que des chiffres qui se soustraient. Car on ne prend conscience de la valeur d’un éléphant que lorsqu’on voit le cadavre de l’un de ces mastodontes. Un immense sentiment de gâchis se mêle à l’odeur insupportable de la putréfaction. Tout ça pour ça ? 5 tonnes ou plus de viande qui ne seront pas même consommées, des mouches qui s’activent avec frénésie, et l’on remarque à peine la défense manquante de l’éléphant trépassé. Pour quelques kilos d’or blanc (environ 2’000 dollars le kilo sur le marché, mais le prix de vente peut atteindre 30 fois cette somme !), les vrais rois de la jungle se font mettre à mort. Car les braconniers, soucieux d’opérer rapidement, tuent la plupart du temps les éléphants pour une seule défense. Ce n’est que s’ils pensent ne pas avoir été repérés par les rangers qu’ils reviennent par la suite sur le lieu de leur méfait pour s’emparer de la défense restante. Les scrupules, les regrets appartiennent au monde de ceux qui observent les éléphants évoluer sans un bruit dans leur milieu naturel, émerveillés que de si grands animaux puissent se déplacer en silence. C’est cet univers, fermé aux braconniers vénaux, que les rangers du Kenya s’acharnent à préserver.

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Juin 11 2015
Virunga, SOCO, complicité des banques

(English version of the letter to UBS is available here)

Le parc des Virunga est le plus ancien parc naturel d’Afrique. Il abrite les derniers gorilles des montagnes, des pêcheurs qui vaquaient en toute quiètude à leurs activités, et foule d’animaux en voie d’extinction, comme les éléphants. Je ne saurais trop conseiller le documentaire « Virunga », un documentaire qui fait figure de manifeste de combat pour une région où les convoitises de l’entreprise pétrolière « SOCO International » sèment la mort et la corruption, et augmente le braconnage des espèces animales menacées.

L’une des manières de venir en aide à cette région qui n’a franchement pas besoin d’aide extérieure pour avoir des problèmes, c’est d’écrire systématiquement à tous les actionnaires de « SOCO International ». La liste intégrale est disponible ici. Ma banque faisant partie de ces actionnaires, voici ce que je lui ai écrit ce jour. N’hésitez pas à vous en inspirer, mais ce type d’action a déjà mené l’Eglise d’Angleterre à réagir (oui, elle fait partie des actionnaires!). A vous de jouer.

UBS AG
A l’attention de M. Axel A. Weber, CEO
Bahnhofstrasse 45
Case postale
8098 Zurich

Genève, le 10 juin 2015

Monsieur Weber,

Je suis client de votre banque depuis un bon grand nombre d’années, me sentant concerné par les différents choix sociaux, écologiques et éthiques qui ont été effectués par « UBS ».

Si je me permets aujourd’hui de vous écrire, c’est parce que je viens de prendre connaissance d’une information qui me paraît difficilement compatibles avec les activités d’une grande banque moderne, qui se doit de communiquer et d’entreprendre des activités au-dessus de tout soupçon.

En effet, à la suite du scandale provoqué par les activités de l’entreprise pétrolière « SOCO International » basée à Londres, dans le plus ancien parc naturel d’Afrique, « Virunga », une campagne d’information internationale a été menée par des défenseurs de la nature, des responsables politiques et autres figures médiatiques. Les reproches effectués à « SOCO International » couvrent un large spectre d’agissements répréhensibles, allant des menaces physiques et verbales envers les protecteurs ou habitants du parc, corruption, recrutement de forces paramilitaires, soutien au groupe rebelle « M23 », le peu de précautions prises pour préserver des ressources animalières uniques au monde (les derniers gorilles des montagnes).

Aujourd’hui, des preuves documentées ont été fournies par une organisation londonienne détenant la preuve de versements de pots-de-vin à un gradé militaire de l’armée régulière congolaise. Les agissements de l’entreprise « SOCO International » vont donc bien au-delà d’un problème écologique, mais dénotent d’une activité mafieuse dans un pays où la corruption sape déjà les fondements d’un Etat peu solide. La corruption est aggravée par les activités de certaines entreprises étrangères qui sont prêtes à toutes les bassesses pour parvenir à leurs fins. « SOCO International » est l’une de ces entreprises, participant à la corruption et à l’affaiblissement du gouvernement congolais, provoquant des catastrophes humaines et écologiques dans le parc des Virunga.

« UBS » possède pour plus de 2,000,000 de dollars d’actions auprès de « SOCO International ». Je souhaiterais savoir quelle est votre position sur cette affaire, et si vous comptez revoir vos participations dans une entreprise certes lucratives, mais profondément immorale. Car une grande banque moderne se doit de communiquer et d’entreprendre des activités au-dessus de tout soupçon.

En vous remerciant d’avance pour votre réponse, veuillez agréer, Monsieur Weber, mes salutations pleines d’espoirs.

Fév 04 2015
La réponse de la Jordanie sera ferme, terrible et forte

Daech, l’Etat autoproclamé islamique, vient une fois encore de nous rappeler combien de chemin a été parcouru en Occident dans son rapport à la violence. A la suite des deux assassinats des reporters japonais, l’Etat totalitaire islamique, l’Etat totalisant islamique, a brûlé vif dans une cage un pilote jordanien capturé. Le procédé d’exécution est insoutenable, il est difficile de garder son sang-froid face à la bestialité dont fait preuve le gang à la tête de Daech. Semaines après semaines, les tweets, les messages enregistrées, des vidéos atroces mises en scène nous confortent dans le choix des sociétés basé sur l’égalité et la liberté. Nous n’avons plus le goût du spectacle de la sorcière que l’on met à mort sur un bûcher.

Seulement voilà, malgré tout ce que peuvent avoir d’odieux et d’exécrable nos barbus du Moyen Orient, il convient d’éviter de verser dans l’angélisme, ou au contraire dans la diabolisation. Point d’angélisme, car ces désaxés sont nos ennemis; ils nient toute humanité et réfutent toute différence possible pour l’humanité. Ils combattent pour un monde uniforme, soumis à des règles divines définies par une poignée de leaders à la tête du gang. Ils meurent par grappes parce que le principe même d’une universalité qui ne se plierait pas à leurs préceptes est inacceptable. Cette forme de totalitarisme ne (re)connaît pas l’autre, et lorsque l’autre est inexistant, la table des négociations n’est occupée que par une partie sur deux. La négociation n’étant plus une option, il convient de mettre fin au cancer nihiliste qui nous ronge. Daech doit disparaître, et cela physiquement. En dehors de la solution militaire, on voit mal quelle stratégie pourrait voir le jour pour remplir le cahier des charges.

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