Mushishi

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Une poésie aussi vieille que le monde Qu’est-ce qu’un Mushishi ? La raison dirait “c’est un expert en Mushi”. Mais la poésie, qui s’éloigne du rationnel pour rejoindre l’âme, expliquerait que “c’est un maître qui fait tomber des cornes qui poussent à causes de mots d’oreilles”. A cheval entre les deux mondes, entre le logique et l’impensable, l’expérimental et l’imaginaire, l’explicatif et le contemplatif, Mushishi est un anime – aussi nommé “japanime”, pour film d’animation japonais – qui vogue d’une rive à l’autre sur le Nil de la vie. Au coeur de Mushishi on trouve l’essence de l’existence, propulsée par…

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L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

jesse james brad pitt

Alors que la dernière Frontière américaine s’est effondrée, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l’un des grands criminels de la fin du XIXe siècle, l’inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs héros. Comment un bandit et assassin accède-t-il à un tel statut ? Vu à travers les yeux de celui-là même qui mettra fin à ses jours (mais non à son mythe), une tentative d’explication d’Andrew Dominik dans l’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, qui signe là une oeuvre magistrale, contemplative et sensuelle. Un régal, que le jeu des…

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Cloverfield, easter eggs et histoire complète

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Après m’être extasié sur le bijou venu des profondeurs Cloverfield, quelques bonus. Le film a été décortiqué, analysé, théorisé dans tous ses replis. Voici quelques bonus cachés (easter eggs), images et interview qui me paraissent indispensables pour compléter le film. Ne seront pas recensées les nombreuses fausses pistes, dessins, tags dans la rue, faux sites web qui ont été lâchés en pâture au fil des mois. La mythologie du film 0. L’attaque Tout commence avec l’attaque d’un station off-shore dans l’Atlantique. La station Chuai de la holding agro-alimentaro-médico-spaciale Tagruato a été attaquée par les éco-terroristes de Tidowave. Ces fous furieux,…

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Requiem for a dream

Hallucinant. C’est le meilleur terme pour définir le deuxième long-métrage de Darren Aronofsky, réalisateur de Pi et The fountain. Un film laboratoire, où toute une palette d’effets de raccords, d’esthétiques visuelles, de mises en scènes sont expérimentées. On aurait pu avoir du Godard, mais au final on a du Lynch. Aussi torturé, fantasmagorique et artistique que ce dernier : un régal pour les sens, mis à mal par un simple film. Si Requiem for a dream est aussi réussi, c’est parce que son assemblage combine le meilleur du monde onirico-cinématographique. Une musique prenante, une scénario haletant, un montage ravagé, des…

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Rich and strange

Un homme égoïste, Fred, s’ennuie dans sa vie monotone. Heureusement pour lui, le voilà qui hérite d’un paquet d’argent, ce qui lui permettra de voir du monde. La trame est simple, tout comme le film. Filmé sans beaucoup d’imagination, les scènes se succèdent dans une longueur habituelle chez Hitchcock; sauf que là, on trouve le temps long, on est peu intéressé par les découvertes (Paulo) cohelosques du héros. Il va jusqu’au bout du monde, se détachant progressivement de sa vie qui a aussi peu de couleurs que le film, et se rendra compte que ce qu’il cherchait était sous son…

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Spellbound

Une maison de fou pour présenter la psychiatrie; Hitchcock, qui s’intéresse comme un damné à cette discipline encore relativement peu connue du grand public à cette époque, et construit le film brique après brique telle une séance sur le divan. La symbolique est une merveille : de la femme débauchée (la sublissime Rhonda Fleming), jouant aux jeux de cartes et nymphomane, il passe à la psychorigide (Ingrid Bergmann), incapable d’aimer, qui est la psychiatre. L’une et l’autre sont opposées dès les premières images du film, mais Hitch ne suivra que la seconde, puisqu’après tout elle a réussi sa vie. Les…

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Big Fish

Dans tout mensonge, il existe une part de vérité. Jouons franc jeu : il m’est totalement impossible d’être calme, objectif ou dans un état mental serein requis pour l’écriture d’un commentaire cinématographique qui se voudrait neutre sur Tim Burton. Complètement déjanté, il fait partie de cette clique de réalisateurs qui, depuis Eisenstein, n’ont cessés de développer le vocabulaire et la grammaire du 7ème art. Il a compris, aux côté des Fritz Lang, Kubrick ou Welles, que le cinéma n’est pas simplement un montage de photographies superposées les unes sur les autres. Il existe un cadrage, oui, mais les interstices calés…

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Idiocracy

Colisée de Rome

Lorsque le réalisateur de Beavis & Butt-head – série animée culte de MTV – se lance dans la réalisation de son deuxième film (après Office Space), on se demande si ce diable de Mike Judge va enfin s’affranchir définitivement du format court. On s’interroge sur les capacités à dépasser le pipi-caca du cinéaste. Le résultat est plutôt mitigé, à l’image de sa série phare qui, raillant la stupidité humaine et médiatique, n’en passait pas moins sur la chaîne teenager MTV. Inconsistant, emplit de contradiction, Idiocracy n’en colle pourtant pas moins de manière stupéfiante à l’évolution des moeurs et des médias,…

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