Mauritanie: Le coup d’Etat démocratique

A priori, on peut se demander ce que les termes “démocratique” et “coup d’Etat” peuvent bien avoir en commun. Quel sens peut-on trouver à une phrase composée de ces deux antinomies. Un coup d’Etat ne peut être démocratique, puisqu’il se solde immanquablement par un régime autocratique, voire oligarchique. C’est pourtant en pariant sur la réussite d’un coup d’Etat de transition, un “changement” comme il préfère dénommer son acte, que Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya, au pouvoir depuis plus de vingt ans en Mauritanie. Jusque-là directeur de la sécurité du pays, il profite du départ de Ould Taya…

Continuer la lecture

Le droit de la haine

L’Etat hébreux a choisi de reprendre l’attaque (mal) ciblée du Liban. Après avoir retenu son souffle dans un fol espoir sous le dernier gouvernement Sharon, la communauté internationale a été ramenée à la raison avec la lutte fratricide, peut-être prémices de guerre civile, du Hamas et Fatah, les deux principaux partis palestiniens. Il a fallu rivaliser d’ingéniosité et trouver des plans pour ne pas passer par le nouveau gouvernement palestinien, accusé de terrorisme par les Occidentaux, mais reçu les bras ouverts par les Russes. Incapable d’accepter le choix démocratique, l’Occident pourtant normalement persuadé que le “peuple a toujours raison” et…

Continuer la lecture

Les conséquences de la mort de Milosevic

Le 11 mars 2006 ne remplacera pas dans la mémoire espagnole le 11 mars 2004, date du sanglant attentat terroriste dont les Hispaniques ont été victimes : presque 200 morts, au “9/11” étasunien (désignant le 11 septembre 2001) est venu s’ajouter le “11-M” madrilène. Pourtant, le 11 mars 2006, un événement d’importance, bien que n’ayant eu qu’une déflagration sourde, avec une seule victime – pour l’instant – à son actif : Slobodan Milosevic, président de la Serbie (et plus tard de la République fédérale de Yougoslavie) de mai 1989 à septembre 2000, est mort dans une cellule qu’il occupait depuis…

Continuer la lecture

Les espoirs officiels du Conseil des droits de l’homme

Le juge international, lorsqu’il se penche sur un texte légal, peut s’inspirer du préambule d’un texte, mais aussi des déclarations officielles entourant le document. Elles permettent d’interpréter un texte en cas de doute, elles permettent de saisir l’état d’esprit lors de son adoption. Je me suis intéressé à l’état d’esprit des ambassadeurs nationaux qui avant-hier, le 16 mars 2006 à New York, ont fait part de leur compréhension parfois très personnelle de la résolution instituant le Conseil. Car si tous les membres ayant voté le texte s’accordent à lui reconnaître une moindre politisation, des réunions plus nombreuses et la fin…

Continuer la lecture

Le Conseil des droits de l’homme est né

Un nouvel organe principal a vu le jour dans le système onusien : le Conseil des droits de l’homme, organe subsidiaire qui dépendra de l’Assemblée générale. Il est destiné à remplacer la Commission des droits de l’homme, qui dépendait jusque-là de l’ECOSOC. Il gagne en indépendance, avec son nouveau processus d’admission, et sera composé de 47 membres (53 pour la Commission). Il devrait enfin gagner en image, car la Commission a fait l’objet de polémiques à répétition, comme lors de l’accession de la Libye à la présidence en 2003. Améliorer l’efficacité, élargir l’indépendance et les pouvoirs, ainsi que redorer un…

Continuer la lecture