Le Satyricon : discours d’Eros pour parler de Thanatos

Il vaut mieux être armé d’un volumineux dictionnaire pour lire la traduction française de Laurent Tailhade du Satyricon. Français vieillit, argot désuet, l’exercice peut s’avérer par moment ingrat, fastidieux, voire décourageant. Ce serait toutefois se priver d’un des rares romans polisson de la Rome antique – le seul ? -, passer à côté d’un trésor d’anecdotes, d’espoirs, de coutumes de cette époque. Car la confrontation d’Eros et de Thanatos, véritables héros du roman, y est poussée à son paroxysme. Il ne fait aucun doute que les pérégrinations d’Encolpe et de son jeune amant Giton, ne sont qu’un prétexte à conter…

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Le chant pour celui qui désire vivre

Qu’est-ce qui rassemble le phoque, l’ours et le loup ? Tous les trois vivent dans les parties nordiques de notre planète, et tous les trois sont les seuls moyens de subsistance des Inuits, peuple présenté dans la trilogie de Jorn Riel, “le chant pour celui qui désire vivre”. Trois épisodes que 500 ans séparent chacun, partant des confins des premières migrations inuits vers le Groenland, jusqu’à notre époque mystèrophobe. Un peu à la manière du monde de Corto Maltese, d’Hugo Pratt, la modernité avec son savoir arrogant a enterré les légendes, les peurs et les exploits d’hommes dont le courage…

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Christian Jacq – Les mystères d’Osiris

Une série consacrée au pharaon Sésostris Grand amateur des séries de Christian Jacq (le juge d’Egypte et surtout Ramsès), c’est avec délectation que j’ai pu découvrir que le bougre en avait commis une nouvelle. Très mystique cette fois-ci, elle a pour décor comme à son accoutumée l’Egypte antique. Et nouveauté de taille, le 11 septembre est passé par là : l’écrivain partage son amour de l’Egypte, mais également sa terreur de l’extrémisme musulman. La poussé de mysticisme, qui bien que déjà présente dans la série de Ramsès, atteint dans “les mystère d’Osiris” des sommets : les rites égyptiens sont décrits…

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La Lune de Corto Maltese

corto maltese préface

Une fois, dans l’histoire intitulée Tango, j’ai dessiné deux lunes avec lesquelles Corto discutait. C’est arrivé par hasard : j’avais déjà dessiné une lune, puis, sans m’en rendre compte, parce qu’elle était cachée par une feuillle, j’en ai dessiné une autre. J’aurais dû en effacer une, mais j’ai vu qu’elle allaient bien ensemble, qu’elles suggéraient quelque chose, et alors je me suis inventé une petite histoire pour justifier leurs deux présences. C’est l’une des quelques – rares – phrases recueillies par Vincenzo Mollica (journaliste à la RAI) pour un hommage à Hugo Pratt : La Lune. L’astre, indissociable de l’univers…

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