La parole est d’or, le silence d’argent

C’est avec mes doigts que j’écris, avec mon cerveau que je réfléchis, mais la vrai révolution, elle est à chercher dans la langue. C’est avec elle que je communique avec l’autre, que je j’établis des ponts qui sont immédiatement empruntés par moi et par mes interlocuteurs. Mes doigts sont sourds. Mon cerveau est muet. Ma bouche, elle, a la chance d’être connectée avec mon oreille. C’est un travail d’équipe: action et réaction. Je comprends, et je réagis en fonction. J’adapte, je précise, je compatis. La parole révèle et crée. Le monde est non pas parce que la lumière fût, mais…

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Le chant pour celui qui désire vivre

Qu’est-ce qui rassemble le phoque, l’ours et le loup ? Tous les trois vivent dans les parties nordiques de notre planète, et tous les trois sont les seuls moyens de subsistance des Inuits, peuple présenté dans la trilogie de Jorn Riel, « le chant pour celui qui désire vivre ». Trois épisodes que 500 ans séparent chacun, partant des confins des premières migrations inuits vers le Groenland, jusqu’à notre époque mystèrophobe. Un peu à la manière du monde de Corto Maltese, d’Hugo Pratt, la modernité avec son savoir arrogant a enterré les légendes, les peurs et les exploits d’hommes dont le courage…

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Bégayement

Pourquoi entends-ton certains nous répéter les mêmes choses, notamment les personnes âgées ? Pour une raison simple : plus rien de très excitant dans leur vie. A un moment donné, pour une raison ou une autre, on ne vit plus que de ses acquis. On décide, par exemple, de ne plus prendre de risque. Dès cet instant, on devient le dépositaire vivant de sa propre mémoire. On vit pour perpétuer ses expériences, aventures, réflexions passées. Et lorsque malgré tout, un événement hors du quotidien (extra-ordinaire) survient, il est nécessaire d’en parler le plus souvent, le plus longtemps possible a autrui….

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Les invasions barbares

(message original du 16-11-2003 @ 01:48:59) En francophonie, l’accent le plus méprisé est sans conteste le québécois. C’est presque devenu un sport national que de vanner les expressions et autres accent de la Belle-Province. Pour dépasser ces a-priori somme toute assez primaires, le cinéma est un outil absolument formidable; la force que dégage de ce média, lorsqu’il est bien maîtrisé, est un défi à toute la méfiance que se construit notre espèce vis-à-vis de ce qu’elle ne connaît pas, ne comprend pas. Les invasions barbares parlent de ce qui est commun à l’être humain : la superficialité, la spiritualité, l’amitié,…

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