Bogotá en Musique

En direct depuis loin… oui oui je n’ai pas remis les pieds à  Bogotà¡ depuis quelques temps déjà , mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas ce qu’il s’y passe.
Comme vous le savez (ou en tout cas devriez le savoir) j’écris pour Colombia Travel depuis quelques temps, entre les articles et ma thèse, je visite les pages web des autres (je l’ai fait qu’une fois, mais je vais continuer c’est sûr). Tout ça pour dire que j’ai découvert le blog d’un journaliste français -Raphael Decker- qui s’est récemment installé à  Bogotà¡ et tient un blog sympathique.
J’ai découvert dans ses pages un groupe colombien -Monsieur Périné- qui m’a vraiment plu. Serait-ce leur inspiration Django Reinhardt… peut-être… à  écouter en tout cas.

Je profite d’avoir la tête dans la musique pour signaler aussi le groupe LatinLatas. Plus qu’un groupe, c’est aussi un projet, un collectif:

Le groupe Latinlatas se décrit lui même comme est un projet collectif né de l’union de points de vue individuels qui convergent vers ​​un objectif fondamental: le Ré-utilisation comme source de travail d’équipe. La notion de retour perpétuel des cycles de production (des idées, des concepts, matériaux) permet de s’aventurer à  recycler et de se réinventer, en valorisant la capacité inhérente de l’être humain de se développer. Ainsi, l’individu se voit attribuer le rôle d’innovateur de votre espace de vie.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=BmWkqX4uAYw[/youtube]

Et pour conclure avec les découvertes intéressantes, un français -Thomas- installé en Colombie (y’a foule dit donc!!) vient de créer un comparateur de voyages : escapar.com.co avec pour but de faciliter la recherche de billets d’avion et de chambres d’hôtel en Colombie. A voir aussi, la page FB qui va avec, et le blog qui peut en faire rêver plus d’un!

Tourisme philosophique

San Agustà­n est la traduction espagnole de Saint Augustin (354 – 430). Celui-ci est un très grand philosophe d’origine africaine. Il fait une carrière professionnelle à  Carthage comme professeur, puis à  Rome. C’est un sceptique qui se réfère à  Platon sur le plan métaphysique et les théories de connaissances. Après le sac de Rome en 410, qui va marquer la fin de l’Empire, le christianisme est très sévèrement critiqué, accusé d’être la cause de la chute de l’Empire. St. Augustin prend la défense du christianisme ; il critique le blasphème des païens.

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« Pequeñas voces » le film sur le conflit colombien vu part des enfants

Un magnifique projet vient de voir le jour: « Pequeà±as Voces » (petite voix). C’est un film basé sur des entretiens et des dessins fait par une génération d’enfants déplacés (8 à  13 ans) qui on grandi au milieu de la violence et du chaos colombien.
Une ou des histoires pour pleurer un peu.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ovWGE4sgPe4&feature=player_embedded[/youtube]

Un hommage

Fernando Peà±uela, acteur de théâtre (et un peu de télénovela), dramaturge, écrivain, musicien, prof … et j’en passe, est mort il y a deux jours, théâtralement. Les principaux journaux, Semana, El Espectador, El Tiempo, rendent hommage à  ce personnage de la scène artistique colombienne.
En mémoire des nombreux moments passé avec lui, voici une petite video publiée ici même il y a quelque années, lors d’une de ces nombreuses fêtes du théâtre de la Candelaria. « Camino verde »
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=49hwLpOhdqE[/youtube]

Polanski m’ennuie

Aujourd’hui feuilletant la fameuse version électronique du monde je tombe sur un article présentant le dernier film de Polanski: « the Ghost Writer ». Le fait est que je l’ai vu hier soir.
L’article nous présentent le film:
« Voilà  un thriller à  la mise en scène irréprochable et qui nous embarque dans un suspense parfaitement réglé, avec photos compromettantes, piste révélée par le GPS d’une voiture de location, poursuite sur un ferry, refuge dans un motel miteux. Le meilleur film que nous ait donné Roman Polanski depuis longtemps. »
J’avoue que ma première réaction, basse et méchante fut de penser que notre ministre de la culture, monsieur M, avait demandé au journaliste de faire de la pub pour ce film, histoire de soutenir ce pauvre Polanski, assigné à  résidence à  Gstaad…. dans son surement très petit chalet. Pour mémoire, un bout de l’histoire ici, la Suisse, vilaine et fourbe, l’a arrêté pour une vieille histoire de pédophilie.
Soyons franc, je partais avec un à  priori positif, j’aime bien l’idée d’aimer l’oeuvre des gens que je n’aime pas, je suis fan de Franck Miller, dessinateur exceptionnel et exceptionnellement néoconservateur de la pire espèce… La récente histoire de Polanski m’a fait sourire, la Suisse en a, une fois de plus pris pour son grade. Et moi je trouve ca drôle.
Mais bon! le film -à  part un ou deux moments absurdes ou certaines ambiances sympathiques- est un peu chiant et même si on peut faire des parrallèles avec l’actualité ou avec sa vie, je me suis franchement ennuyé, et finalement même la « novela Polanski » n’a pas suffit… du coup je suis retourné à  mes classiques, un conte de la folie ordinaire, juste un, pour me remonter le moral… Bukowski reste, lui au moins, une valeur sûre. Même mort.

Maradona mis en scène par Kusturica

J’attend(ais) avec un peu d’impatience la sortie du documentaire réalisé par Emir Kusturica sur Maradona. Surement plus pour Kusturica que pour Maradona, c’est un de mes réalisateurs préférés, et j’étais très curieux de voir comment il allait nous expliquer le phénomène Maradona… Le documentaire a été lancé à  Cannes hier, hors compétition, mais les critiques ont déjà  fait leur travail, même si j’irai quand même le voir il ne faut pas que je m’illusionne :

Maradona par Kusturica: galvanisant, décevant, ou juste barbant?

ulien: “J’ai trouvé que Kusturica se mettait beaucoup trop en avant. En fait, c’est un film sur Kusturica qui veut faire un film sur Maradona. C’est le film d’un fan sur son idole. A la limite, moi, en tant que passionné de foot, donc de Maradona, je peux comprendre sa démarche mais ce n’est pas vraiment ce que j’attendais.”

Charlotte: “Moi je n’y connais rien au foot. Mais sa manière de se mettre en scène c’est la meilleure manière de montrer la fascination exercée par Maradona. On voit dans le film Kusturica complètement “gaga” devant la star.”

Baptiste: “C’est justement ce qui me dérange. Kusturica répète que Maradona est un Dieu sans vraiment le montrer et l’expliquer. Il y a des pistes intéressantes comme l’Eglise maradonienne – un culte entièrement dédié au joueur argentin – mais elles ne sont pas creusées. On aurait aimé par exemple avoir les témoignages de ses adeptes. Je suis sorti de ce film sans être convaincu de la portée divine de Diego.

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La musique, de Manu Chao, sauve le tout parait-il, alors fermons les yeux et écoutons:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=tt4P_iAjA_A[/youtube]

Guerre de préfixe

Le préfixe para (ou par-) signifiant entre autres à  côté (exemple : parathyroïde), au-delà  de (exemple: paranormal), incorrect ou anormal (exemples: paraprotéine, paresthésie), similaire à  (exemple: fièvre paratyphoïde), subsidiaire, assistant (exemple : paramédical), isomère ou polymère (exemple: paraldéhyde). l’une des trois positions relatives possibles d’isomères sur un noyau de benzène (ceux séparés par deux atomes de carbone) (exemple: acide para-aminobenzoïque).

ou encore, l’étymologie:

Préfixe 1 : du grec παρά para (« à  côté de »).
Préfixe 2 : du latin para, impératif de parare (« parer, contrer »).
Préfixe 3 : dérivés de l’apocope de parachute.

Quant au préfixe « narco » :

  1. sert pour former des mots en rapport au sommeil, à  l’endormissement.
    Narcolepsie.
  2. Préfixe des mots en rapport avec les drogues.
    Narcotrafficant.

En Colombie se préfixe a pris un sens relativement particulier, le « para » c’est le paramilitaire, et avec tout ce qui se passe depuis presque deux ans on a commencé à  utiliser ce terme dans de nombreux contextes pour faire référence à  tout ce qui avait des rapports avec les paramilitaires, la parapolitique, la parabanane

Cela donne un « para » spécial pour (para en espagnol) une parahistoire colombienne:

Après 15 ans de paramilitarisme, les paras (AUC) ont voulu rejoindre leurs parafondateurs, qui vivaient tranquillement dans leurs parafauteuils, mais pour cela il fallait se lancer dans la parapolitique. Et pour justifier une parapaix il fallait un paraprogramme, mais il était important de pouvoir continuer les parabusiness. Ils se sont joint alors avec de nombreux parapoliticiens et ont formé un paracongrès qui soutenait un paragouvernement gouverné par paraprésident. L’idée fonctionait si bien qu’ils réussissaient même avec leur parapaix à  se libérer du préfixe narco qui fut accolé à  la guérilla… devenant elle même une narcoguérilla. Tout le monde en oublia alors la paradrogue, se concentrant sur la paravérité de la parahistoire. Le pararésultat dépassa de loin les espérances des paras eux même, et surtout de leurs parafondateurs, qui se retrouvaient accusés par les paras de paracollaboration mais de ne pas vouloir payer le paraprix de la parapaix.

C’est à  ce moment que le paragouvernement a sorti de sa poche la parasolution, la paraextradition bien sûr! le préfixe « narco » est redevenu du jour au lendemain propriété du para… bien sûr, cette fois ils devront le partager avec la guérilla, celle-ci n’est pas prête à  le lâcher. Cependant le paragouvernement a, à  nouveau, narcotiser le paras et par la même occasion la vérité, on ne parle plus de paravérité mais de narcovérité dans le sens premier du préfixe, c’est à  dire en rapport avec le sommeil, le paragouvernement a simplement sommeillisé la vérité.

Si le préfixe narco a gagné sa guerre chez les paras, mais ce n’est pas le cas dans le pays… où le peuple paralysé parle de paracolombie. Mais dans ce cas on fait référence la version 3 étymologique qui indique un rapport avec le fait de descendre dans les airs… c’est terme qui me plait vraiment car je m’imagine paravolant au dessus de la jungle, du désert de la tatacoa et admirant les statues de san agustin

Les grands travaux de Bogotá

Bogotà¡ est un monstre, énorme, gigantesque et rapide. L’évolution de cette ville est faramineuse, à  un tel point qu’il est possible de ce perdre dans son propre quartier.. les tours y poussent en 6 mois, les projets de construction s’enchainent…
En comparaison avec les capitales voisines c’est une ville assez moderne, sure (taux de mortalité 5 fois plus bas qu’à  Caracas par exemple), pour preuve: nombreux sont venu copier le système de transport massif, le transmilenio. Maintenant ces même dirigeants commencent à  venir copier le programme de Bogotà¡ sin Hambre (Bogotà¡ sans faim) mis en place par l’ancien maire, Luis Eduardo Garzon.
Les progrès de la ville ces 10 dernières années sont absolument impressionnants et les ambitions sont grandes. Le but, presque affiché, est de regagner la place de leader culturel, économique & industrielle dont bénéficiait la ville au début du 20e siècle. Bogotà¡ était un modèle de dynamisme et de culture. Le conflit, la violence et la mauvaise image ont englouti cette capacité du monstre, mais aujourd’hui on a l’impression que ça change.
La nouvelle administration s’est fait élire avec le projet fou mais nécessaire de construire un métro, et de créer un réseau de transport intégré entre le transmilenio, le train (genre de banlieue, une ligne existe mais n’est pas utilisée), les bus et le futur métro.
Au départ beaucoup était sceptique, et le candidat de droite, soutenu par le gouvernement affirmait que ce projet était impossible. La gauche a insisté et a gagné… un mois après, le gouvernement s’est rallié et a promis participer au financement du projet. La banque mondiale aussi puis la banque inter-américaine, puis d’autres privés… Finalement tout le monde veut participer à  ce superbe projet. Même un des architecte les plus connu du monde, Norman Foster, voudrait bien y mettre du sien.
Pour l’instant on en est à  la phase préparation du projet mais le maire, Samuel Moreno, a promit que les travaux commenceraient avant la fin de son mandat. J’ai assez confiance…
Et comme un projet ne vient pas tout seul, l’aéroport international de Bogotà¡ devrait être bientôt reconstruit… C’est un projet de la nation et non de la ville (la ville est très indépendante face au gouvernement, comme son nom l’indique, Bogotà¡ D.C.,c’est un district fédéral…). L’idée de départ était de l’agrandir et de le modifier. Soit disant c’était plus économique… Mais à  force de pression et des commentaires fort peu sympathique de l’ancien maire qui qualifiait de projet de « petite merde », le gouvernement national à  fini par céder et a décidé de reconstruire complètement l’aéroport, qui est actuellement une des pires crottes du continent.
Alors on peut dire maintenant que la transformation de la ville n’est pas prête de s’arrêter, sans compter le projet de rénovation du centre et de l’agrandissement du centre économique, des projets culturels (comme le centre culturel Garcia Marquez qui vient d’ouvrir) etc. etc. et le mieux de tout, tous les projets sociaux en route, et qui ont déjà  fait leurs preuves, de l’administration antérieure et actuelle.
Bogotà¡ est en chantier bruyant, mais le bruit ne vient pas des travaux sinon du monstre qui ronronne.

Le projet de l’aéroport:

Proverbe Muisca

 

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La Laguna Guatavita, lieu de culte Muisca.

Éduquer dans la vérité est un devoir qui va plus loin que le simple fait d’alimenter. De la même manière que le corps nécessite des aliments, l’esprit a besoin d’orientation et la nouvelle génération doit grandir orgueilleuse de ce qu’elle est et de ce qu’elle a. àŠtre fier d’être l’enfant de la mère terre perpétue notre savoir aux nouvelles générations.

Ma nouvelle passion: les Telenovelas

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L’acculturation (selon wikipédia) est un ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de l’un ou des deux groupes.

Je dois dire, pour que ce qui suit ait vraiment du sens, que j’ai été élevé selon un critère post 68 par des hippies qui se sont sauvés à  la campagne pour élever des poules. La télé n’était en aucun cas la copine de ma maman et du coup j’ai eu à  peine le droit de voir l’agence tout risque ou Macgyver. J’ai eu droit au cours de musique, de dessin, de botanique, de petits oiseaux, comment faire une salade avec du gazon etc. etc. mais la télé quasi que dal.

Quand je suis parti vivre seul à  mes 18 ou 19 ans (me rappelle plus) la télé est restée le cadet de mes soucis. La vie a continué et j’ai débarqué en Colombie. Alors là  je me suis dit qu’une partie de mon apprentissage et compréhension de la culture latino dépendait des télénovelas. J’ai donc essayé une, puis deux puis trois etc. à€ chaque fois au bout d’une semaine ou deux je craquais. Je trouvais ça trop chiant, débile, superficiel, ça ne me faisait même pas rire. Le flop était total. Et à  chaque nouvelle télénovela qui sortait j’essayais à  nouveau et jamais rien, j’étais un incapable, ignorant.

Mais voilà  en septembre passé RCN (la télé horrible) lançait une super méga production qui réunissait plusieurs acteurs colombiens pas trop mauvais (voir même bon): Pura Sangre. L’histoire de fond est une histoire d’amour entre un pauvre et une riche qui sont séparés et qui se retrouvent à  la fin. Le pur cliché, aucun doute possible… mais j’ai réussi à  la regarder en entier… bien sûr j’ai raté quelques chapitres mais finalement assez peu et j’ai assez bien aimé sauf la fin qui est nulle à  chier mais qu’importe j’ai réussi! alors je le dis bien haut:

J’AI VU UNE TÉLÉNOVELA EN ENTIER!!!! HUIT MOIS COMPLETS!!!!!

La classe, la grande classe… une vrai preuve d’intégration, voir même d’acculturation (hahaha).

Bon ... bin maintenant on a installé le câble... je vais pouvoir regarder des bons films.