Lula sauve le monde

Le président brésilien Lula défend la production de biocarburant devant la FAO. Via Le monde:

« Ne me dites pas, pour l’amour de Dieu, que la nourriture est chère à  cause du biodiesel. La nourriture est chère parce que le monde n’était pas préparé à  voir des millions de Chinois, d’Indiens, d’Africains, de Brésiliens et de Latino-Américains manger »
[…]
« Nous voulons en parler sans passion, de façon rationnelle et pas du point de vue européen », a poursuivi le chef de l’Etat brésilien. M. Lula répondait ainsi publiquement au rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à  l’alimentation, le Suisse Jean Ziegler, qui avait qualifié de « crime contre l’humanité » la production massive de biocarburants. Les biocarburants ne sont pas « le vilain qui menace la sécurité alimentaire » des pays pauvres, a assuré le président brésilien qui a, au contraire, mis en cause l’augmentation du prix du pétrole et les subventions des pays riches à  leurs agriculteurs. « Rares sont ceux qui mentionnent l’impact négatif de l’augmentation du pétrole sur les coûts de production et qui s’élèvent contre l’impact nocif des subventions et du protectionnisme dans le secteur agricole », a-t-il accusé. Pour lui, s’il n’y a pas de réduction des subventions agricoles en Europe, il sera difficile pour les pays pauvres d’être compétitifs.

Il a pas complètement tort, mais quand même…

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Il nous reste plus qu’à  espérer que Tonton Francis sorte ses super talents et arrive à  le raisonner…

L’art de se rendre indispensable

Il y a quelques années, on regardait depuis l’Europe l’Amérique Latine avec de grand yeux ébahis. La vague rose déferle un peu partout, la gauche gagne le pouvoir pour la première fois dans plusieurs pays. Tout le monde applaudit cette victoire, ce pas franchi vers l’indépendance face à  la baleine du nord.

Les années passent.

Le roi de l’anti-impérialisme, l’empereur Chavez à  commencé à  s’installer au pouvoir comme s’il était chez mémé. Changeant les règles au fur et à  mesure des années, mettant en place une sorte de dictature constitutionnelle, concentrant les pouvoirs, jouant avec l’institution et avec la démocratie. Le thème a été mille fois débattu autant chez l’ami Patxi ou chez Daniel, ou encore chez Jean-Luc bien qu’un peu moins radical.

En Argentine, on joue un peu plus fin, on se passe le relais sous la couette. Au Brésil ce n’est pas clair, mais les mystères ne favorisent pas l’apparition de nouveaux leaders.

Cette gauche latinoaméricaine s’est rendu indispensable, ils ont tous réussit à  se rendre irremplaçable. Leur départ produirai un retour en arrière ou un déséquilibre. Mais cette réussite est maintenant leur pire échec, à  tous. Il ont été incapable de former des politiciens, des suiveurs, des dirigeants capable de continuer leur projet. Incapable de fortifier le fonctionnement démocratique pour lequel ils se sont battu.

En Colombie il est devenu bon ton de se moquer d’un Chavez qui s’est fidélisé, de Correa qui fera sûrement la même chose, de la blague argentine… Lula est pour l’instant épargné.

Même Aznar, ancien chef d’État espagnol, actuellement à  Bogotà¡ est venu mettre de l’huile sur le feu… La démocratie serait en danger sur le continent. Ici avec la plus grande hypocrisie du monde, on applaudit. Je dis avec la plus grande hypocrisie, quitte à  m’attirer les foudres de mes lecteurs colombien, car on assiste vraiment à  une vaste blague.

Inutile de répéter qu’ici tous se prépare pour permettre à  Uribe de briguer un 3e mandat. Lundi j’écoutais les saintes paroles du président du parti de la U expliquant pourquoi il fallait permettre à  Uribe de pouvoir se représenter. Il a simplement comparé la situation actuelle de la Colombie avec la situation de l’Angleterre au début de la seconde guerre mondiale. Churchill a eu les pleins pouvoirs pendant la guerre… Il fallait oser!

Non seulement ses paroles sont totalement incohérentes, le gouvernement nie l’existence d’un conflit, la Colombie étant proie à  la menace terroriste (avec qui on ne devrait d’ailleurs pas pouvoir négocier) mais Uribe ne dit pas non. Selon lui, il « accepterait » de se représenter si venait à  se produire une hécatombe. Qu’est-ce que c’est que ça? allez savoir. Mais tout laisse à  penser que le simple fait que la gauche puisse gagner les élections serait une hécatombe.

Uribe, comme ses voisins et collègues, a peur d’un quelconque changement, comme ses voisins il n’a pas réussit à  assurer à  son projet une continuité, comme ses voisins il n’a pas réussit à  préparer de nouveaux leaders. Comme ses voisins, il échoue sur le thème principal: la démocratie.

Les années passent…

Lula de novo

Lula président du BrésilAprès un premier tour mouvementé par des scandales de corruption sortis de tous les côtés, Lula a remporté aisément le second tour. Il a réussit à  ranimer sa campagne et à  convaincre 60% des électeurs de le réélire.
Nombreux sont les déçu qui malgré les scandales de corruption ont finalement voté pour lui, se rappelant que, grâce ses politiques d’allocation mensuelle, 11,1 familles mangent.

Le dernier scandale en date est très récent, il y a à  peine un mois, deux proches du parti de Lula étaient arrêtés par la police en possession de quelque 800’000 dollars destiné à  acheter un dossier compromettant sur le candidat de l’opposition.

Lula a lui même reconnu que, lui et son gouvernement, ont fait des erreurs, mais le peuple brésilien a préféré voir toutes les réussite de Lula.
Lorsqu’il est arrivé au pouvoir l’économie du pays frôlait la catastrophe, pourtant il est parvenu à  éponger la dette du FMI, à  contrôler les dépenses publiques, les exportations ont explosée et l’inflation a été maîtrisée. Le premier pas, du contrôle économique, a été plus que réussit.

Même si cette première partie n’est pas directement une politique sociale elle permet de mettre en place de manière saine la politique d’aide aux familles.
Le programme de Lula est dans ce sens un vrai programme de développement durable.

Pourtant de nombreuses critiques ont émergé, principalement de la classe moyenne, qui s’est sentie délaissée. La réforme des retraites a laissé les fonctionnaires mécontents et les impôts n’ont pas été baissés.

Mais l’opposition n’a pas su construire une attaque, son programme s’est fait en fonction de celui de Lula voulant démontrer que le travail du gouvernement était mauvais. Or les familles pauvres peuvent manger et les enfants aller à  l’école: c’est un grand progrès dans ce pays tellement inégalitaire.

Lula promet de continuer et de promotionner la croissance pour qu’elle atteigne 5%, ce qui devrait être possible surtout si on se rappelle qu’a son arrivée, de nombreux investisseurs ont fui le pays par peur du « syndicaliste barbu ». Cette peur s’est dissipée et Lula a démontré qu’on pouvait gouverner en mélangeant une bonne gestion économique et des politiques sociales.
Il lui faut maintenant réussir à  unir le pays autour de son programme, ce qui, une nouvelle fois est une chose possible, plusieurs opposants se sont proposés pour participer à  son gouvernement.
Finalement ce deuxième tour est une aubaine, il a permis une renaissance du leader qu’est Lula: on a pu le revoir lever des foules et avoir envie de se battre pour son projet.